Alors que Mars pointe son nez…

On s’était dit qu’on donnerait des nouvelles régulièrement, qu’un article hebdomadaire c’était ambitieux mais qu’un article toutes les deux semaines, c’était jouable. Un regard au calendrier et la voilà, la mention ratée ! Comme vous l’aurez compris, on ne voit pas les jours ni les semaines filer. On se répète très souvent que les journées sont trop courtes. Alors, quand au coin d’une conversation, certains se réjouissent de voir la nuit tomber de plus en plus tard, on hoche la tête avec conviction. Si vous saviez !

Si on ne voit pas le temps passer, alors que Février s’en est allé, il est temps de faire le bilan… C’est bien parfois de se poser, de faire le point. On va donc le faire avec vous !

Apprendre à manœuvrer un tank ou les joies de l’administratif.

Un tank, c’est gros. Et puis c’est lourd aussi, massif. Il y a plus avenant comme engin, vous en conviendrez. Nous, on trouve que les démarches administratives sont assez similaires à un tank. Un gros engin qui peut se révéler écrasant. Que tout le monde se rassure, nous sommes entiers et en bonne forme.

Fin janvier, nous avons dégainé notre stylo carotte pour signer le bail à ferme des terres et du bâtiment – François est officiellement fermier, hip, hip, hip hourraaaa !!!! – et les bulletins de mutation parcellaire. Ces documents n’ont de valeur que pour la MSA mais permettent d’accéder au graal que nous convoitons depuis déjà plus d’un mois : l’attestation MSA sur laquelle figurent les 5,43 hectares exploités. Pourquoi le Graal ? Parce que c’est LE justificatif qui assure que François est exploitant agricole et de ce fait, c’est LE justificatif phare de tous les dossiers que nous avons à monter. Depuis le 2 février, date à laquelle les documents ont été réceptionnés, notre dossier, considéré comme urgent, est en cours de traitement. « Oui, une demande urgente a bel et bien été enregistrée pour votre dossier, rappelez donc en fin de semaine prochaine ». C’est devenu un petit rituel pour François, l’appel à la MSA. Jusqu’à présent, on attend…

Pour la petite histoire, François a déjà reçu une attestation mais sur laquelle est indiquée « surface exploitée 0,00 ha ». Une attestation pas remise à jour depuis la résiliation du bail à métayage de Lansargues et qui laisse supposer que François fait du maraîchage avec… rien. Puisque la position attentiste n’est pas notre fort, que le temps file et que le service agricole de la DDT sait se montrer compréhensif, nous avons déjà pu déposer notre dossier d’aide à la certification AB en joignant une copie du bail et des bulletins de mutation à l’attestation vide. Le dossier ayant été réceptionné et validé, nous avons pu engager les démarches avec l’Agence Bio et le bureau de contrôle. Prochaine étape : le contrôle initial prévu pour le 7 mars.

Nous avons procédé de la même façon pour le dossier d’aide « Investissements individuels pour la valorisation agricole de l’eau ». Ce dossier concerne les investissements en lien avec la maîtrise de l’irrigation et la gestion durable de la ressource en eau. Une partie de notre projet s’y inscrit parfaitement. C’est donc évidemment très intéressant, mais pour engager les dépenses, le dossier doit être reçu et validé. En clair, il faut que nous attendions de recevoir l’accusé de réception de la DDT pour pouvoir passer commande auprès de nos fournisseurs. Prenant en compte les délais de livraison, les couacs… ça commençait à être dur d’attendre un signe de vie de la MSA. La semaine dernière, nous avons donc envoyé notre dossier – bien ficelé avec sa ribambelle de devis et l’attestation de l’agence bio reçue juste à temps pour justifier que nous sommes engagés en bio – il n’y a plus qu’à attendre le feu vert pour engager les dépenses.

Pour la Demande Préalable, demande obligatoire pour le montage de Dame Richel (la serre), même combat. Tous nouveaux tous neufs dans la région, il faut justifier de l’activité agricole de François auprès de la Communauté de communes. Oui, parce que monter une serre de près de 400 m2 sans être maraîcher, ça peut faire désordre… Or, le temps de traitement administratif étant estimé à 1 mois, nous ne pouvions pas attendre le fameux Graal MSA, au risque de recevoir l’autorisation en mai ou plus tard ! La demande a donc été envoyée il y a une dizaine de jours… On a tenté le coup !

En parallèle, nous continuons à ficeler le dossier DJA – on vous racontera ça à l’occasion – et à affiner les chiffres du plan d’entreprise… Depuis quelques temps, les banques sont entrées dans la danse puisqu’il faut un avis bancaire favorable pour pouvoir déposer le dossier,  le 23 mars prochain.

Voilà pourquoi, on a parfois l’impression d’être au volant d’une énorme machine, pas forcément très maniable, avec laquelle on veut éviter, au maximum, les mauvaises manœuvres… Enfin, pour le moment, nous avons toujours l’avantage de ne pas souffrir de phobie administrative !

Sur le terrain, place au tracto’ !

Sur le terrain, évidemment, pas de tank mais… un beau tractopelle ! Oui, nous sommes toujours décidés à faire un travail du sol le plus limité possible, à éviter le passage d’engins lourds. Non, nous ne souffrons pas de dédoublement de personnalité. Il s’agit simplement de préparer une belle plateforme pour la serre et une autre pour le réservoir souple d’eau – il faut imaginer une grosse bâche de 40 m3 qui servira de réservoir tampon entre le lac et le système d’irrigation. Et comme on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs… François a donc dû se résigner à voir ces gros engins passer sur une partie de la parcelle. « Tu aurais vu ça, quand le tracto est passé, les vibrations faisaient remonter les vers de terre ! C’est quand même terrible… »

Du côté de la parcelle voisine, les cerisiers ont également été dessouchés. Et de deux tractopelles. Durant deux jours, tout ça ressemblait plus à un chantier de travaux publics qu’à une future ferme maraîchère… Enfin, les engins sont partis et nous pouvons attendre sereinement Dame Richel.

Au premier plan, la plateforme sablée pour le réservoir tampon, au fond, celle de la serre. Et au milieu, notre fidèle destrier.

Ces travaux ont aussi été l’occasion de récupérer du gore. Pour ma part, jusque-là le gore se résumait à des images d’horreur avec du sang et des tripes à l’air, je sais désormais que c’est ce mélange de sable et de roches granitiques décomposées. Et pourquoi le gore ? Pour retaper le sol du bâtiment évidemment ! Il n’y a que la travée centrale qui est bétonnée, le reste est en terre battue. Lors de la signature du bail, notre propriétaire s’était engagé à ce que le sol soit arrangé, les trous bouchés. C’est chose faite depuis le weekend dernier. Un chantier rondement mené, avec lui aux commandes du tracteur. Il ne reste qu’à passer la petite dameuse. De quoi rappeler des souvenirs de stage à François.

Et voilà le travail. On dirait peut-être pas mais ça a beaucoup changé!

Au verger, l’heure de la taille a sonné !

On voulait du concret, le verger nous l’a apporté sur un plateau : la taille ! 207 arbres à bichonner avant le printemps. Vaste programme. D’autant plus vaste que nous n’avions, ni l’un ni l’autre déjà taillé des abricotiers auparavant. On dit qu’il existe autant de façon de tailler que d’arboriculteurs, de notre côté, nous avons fait confiance à Jean-Claude – notre propriétaire – qui a eu la gentillesse de prendre le temps de nous y initier. Gourmands, bouquets de mai, bourgeons à fleurs, bourgeons à bois, charpentières. Effiler, alléger, faire le triangle, bien conserver les bouquets de mai… Du vocabulaire et des gestes à s’approprier.

Au début, nous avions l’impression de faire 4 fois le tour de l’arbre avant d’oser couper quoi que ce soit. Et puis, les arbres passant, le coup d’œil devient plus sûr et les gestes moins hésitants. Tout est une question de choix. Jolie branche mais qui pousse vers l’intérieur. Ici, une branche avec quelques beaux bourgeons floraux mais qui file à la verticale et sera très probablement inaccessible. Là, beaucoup de monde, les branches sont belles mais se gênent, les fruits risquent d’être marqués.  Je coupe ici ? ou plutôt là ? Et celle-là ? La mooort ! Nous avons, la grande majorité du temps, taillé à deux. Ça rassure et ça aide. Pour certains arbres, qui n’avaient pas été taillés l’an dernier voire l’année précédente, la taille a pris des airs de mise à nu. Le genre d’arbre, tout emmêlé, qui dépite quand vous êtes déjà bien gelé.

 

Bien désinfecter les outils entre chaque arbre, aiguiser les sécateurs, couper à ras et puis parfois, faire rugir la tronçonneuse pour dire adieu à ceux qui étaient déjà bien secs. Il y a aussi les arbres qui présentent des symptômes d’enroulement chlorotique, les parias qu’on repère mais qu’on ne touche pas. Ils seront certainement à couper d’ici peu…

Et puis quand c’est fini ? Et bien, il faut ramasser le bois de taille, comme les coiffeurs balaient les cheveux après une coupe. On a déjà bien avancé. Etant donné que j’ai une tendance à avoir les doigts – et les pieds – gelés bien avant François, quand ce n’était plus tenable et qu’il fallait que je m’active pour ne pas perdre mes extrémités, j’ai ramassé, fait des tas de tous ces branchages. Il nous restera à les évacuer puis les brûler…

  Et quand c’est fini? François fait du ski sur la réserve collinaire!

Et c’est tout ?

Nous avons déjà presque fait le tour de ce mois de février. Quoi d’autre à ajouter ? Nous avons reçu les semences, les plants sont en préparation chez le pépiniériste, le Sem’tout – notre semoir maraîcher – attend patiemment de prendre du service, les piquets pour les futures clôtures sont prêts, le bois de la réserve collinaire a été rapatrié à la maison – on garde ça pour les Chauvin, fans de bois – le bois pour la construction de la petite pépinière a été traité – merci Léo pour la session traitement/potins – le four à bois a été nettoyé et utilisé pour brûler l’extrémité des poteaux… On oublie quoi ? Les 5 tonnes de fumier que le voisin nous a apportées et que nous allons devoir retourner sous peu !

Le Sem’tout! On garde  la vraie photo pour sa première sortie!

Finalement, quand on prend le temps de faire le point, on se dit qu’on n’a pas reculé et ça, ça fait plaisir !