Ici, on cause chantiers!

En chantier. Locution adverbiale. L’expression en chantier est souvent associée au verbe « mettre ». Mettre en chantier, c’est commencer la construction d’un navire – à l’origine – d’un bâtiment et par extension, d’un projet intellectuel ou artistique.

L’Abeille & la Blette n’a rien d’un chantier naval – peut-être qu’un jour on construira un radeau pour voguer sur le Doux – mais au fond, c’est bien à la construction d’un projet qu’on s’est attaqué.

En chantier. Locution adverbiale reflétant (très) souvent nos réalités.

Si on ne va pas vous faire croire que chaque jour est un chantier – quoique le débat reste ouvert –  ces derniers temps, chaque semaine a eu son (lot de) chantier. Plus ou moins important, plus ou moins bien organisé, plus ou moins prévu.

Quoi ? Mais enfin, un chantier, ça se prévoit, ça s’anticipe !
Si cette pensée vous a traversé l’esprit, venez donc passer quelques temps par ici, vous aurez la preuve que non, tous les chantiers ne se prévoient pas.
Ça y est, ils nous refont le coup des imprévus…
Manque cruel d’originalité ou simple réalité, il faut effectivement gérer les imprévus. Ces chantiers de dernière minute sont souvent ceux qui demandent le plus de vivacité d’esprit puisqu’il faut réagir fissa ! On les trouve généralement usants – notamment intellectuellement – stressants – ah la prise de décision dans l’urgence – et parfois peu satisfaisants …  Bon, et quoi de mieux que des exemples concrets pour étayer nos propos et illustrer notre digression sur les catégories de chantier?
Olé, tour d’horizon des chantiers du mois. Cherchez pas, c’est nous qui régalons!

Le gros chantier bien planifié: démonter une serre.

Allez disons-le, n’ayons pas peur des mots, c’était LE chantier du mois de mars. Un chantier prévu depuis déjà quelques temps – on en parlait déjà – un chantier anticipé donc. Évidemment, vous me direz qu’on se retrouve rarement du jour au lendemain à démonter une serre aux mensurations généreuses – 8m de large pour 34 m de long – et je suis bien d’accord. Quoique là encore, il faut être plutôt très réactif quand paraît la petite annonce. Enfin, trève de digression, on a dit qu’on causait chantier!

Qui dit serre à démonter, dit chantier hors-les-murs. Oui, on ne s’amuse pas à démonter Dame Richel. C’est d’ailleurs cet aspect « hors-les-murs » qui a fait qu’on y a BEAUCOUP réfléchi à ce chantier. Il a fallu trouver une date qui convenait aussi bien aux maraîchères qui vendaient pas moins de 3 serres – planning des différents démontages, impératifs administratifs – qu’à nous. Étant donné que la serre se dressait fièrement à Saint-Joseph, dans la Loire, il fallait aussi prévoir qu’en une journée, le travail serait plié. Pas question de multiplier les aller-retour. Et puis, une serre de ce genre, évidemment, ça ne rentre pas dans le Jumpy. On est plutôt adeptes des Jumpy bien remplis, des remorques blindées, des portes ouvertes, des étincelles sur le bitume et des tendeurs dans tous les sens mais quand même, on a des limites. Vous l’aurez deviné, on a du louer un mignon petit camion benne. Il fallait aussi prévoir les bons outils – notamment les bonnes clés – histoire de ne pas se retrouver coincés comme des c*** devant une bande d’écrous bien serrés… Bref, on a réfléchi aux impondérables, fait des listes, réfléchi à ce qu’on pouvait avoir oublié, refait des listes. Et puis la veille du jour-J, on s’est attaqué au ravitaillement. C’est pas le tout d’appeler les copains à la rescousse, il faut assurer leur confort, les chouchouter et éviter de leur laisser un trop mauvais souvenir!

Le jour-J, les astres étaient sacrément bien alignés: un grand soleil, pas un brin de vent, de la bonne humeur et une pu**** de belle énergie! Quand on est contents, parfois on devient vulgaires, faut nous excuser. On est rentrés tous bien cuits – enfin on suppose – mais nous, on était tout ragaillardis et complètement reboostés. Mettre un chantier derrière, retrouver des copains de tous horizons, c’est quand même le pied…
Et comme il faut rendre à César ce qui appartient à César, il est temps pour nous de faire une OVATION pour:

  • Lisa et Brice qui ont répondu présents malgré 4,5 km de pioche dans les bras et 40 km de motoculteur. Morlanche forever!
  • Marion et Antoine qui sont de tous nos chantiers et qui, comme toujours, mettent du cœur et du corps à l’ouvrage.
  • Adrien qui a réussi à trouver un créneau dans son emploi du temps de célèbre ambassadeur de la Transition.
  • Sylvain qui, outre sa b*** et son couteau, n’avait pas oublié d’emmener sa célèbre mauvaise foi qu’on aime tant!
  • PY aka l’Homme à la fourche-bèche qui, s’il n’a pas vraiment changé depuis nos années dijonnaises, est de ceux qui pensent désormais à faire charger les batteries de leur visseuse avant un chantier!

Vraiment MERCI, vous avez assuré! En exclusivité, les photos qui vont bien!

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Le chantier qui revient chaque année: planter les pommes de terre.

Il y a des chantiers qui, qu’on les aime ou qu’on les déteste, reviennent chaque année. A la même période, plus ou moins inchangés. C’est le cas, par exemple, de la plantation des pommes de terre. Cette année, nous avons choisi la date en fonction du calendrier lunaire. Jour dit ‘racines’, option 3 étoiles. Rien que ça Madame!
Ce genre de chantier qui revient chaque année se bonifie (ou pas) avec le temps. Les plâtres essuyés au fil des saisons permettent – normalement – d’améliorer l’organisation, de se faciliter le boulot. Évidemment, on se doute bien qu’on est pas à l’abri d’un couac, d’un imprévu ou d’un battement d’ailes de papillon au Japon. Cette année, on est plutôt satisfaits. Belle journée, organisation plutôt efficace et pistes d’amélioration pour l’an prochain. Après, si le chantier s’est bien déroulé, les pommes de terre, plantées en bien plus grand nombre que l’an dernier, sont loin d’être récoltées… Il nous faut encore trembler pour les gelées tardives, nous préparer à passer des heures à noyer des doryphores, penser (ou pas) aux buttages. Bref, il faut surtout espérer qu’un chantier réussi soit synonyme d’une récolte généreuse et pas amaigrie!

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Dans notre collection ‘chantier refrain, chantier qui revient’, notons que nous avons aussi eu les semis à gogo(dets) de légumes d’été: courges, courgettes, tomates, poivrons, piments, concombres….

Le chantier pas prévu du tout: installer des tunnels nantais.

Ah enfin le voilà! Le chantier qui empêche de tourner en rond. Celui qui débarque sans avoir été invité, celui qui retourne le cerveau, celui qu’on ne prépare pas. Le chantier qui fait c**** mais qu’il faut gérer. Et vite!
Vous l’aurez compris, non, nous n’avions pas prévu d’installer des tunnels nantais. Ni dans le plan d’entreprise, ni dans le planning, ni dans nos têtes. Mais, le climat changeant, les températures ayant été (bien) trop douces en février, il a fallu se rendre à l’évidence: tous nos petits plants avaient une bonne quinzaine de jours d’avance et commençaient à avoir chaud dans notre pépinière… Les repiquer dans la serre nous direz-vous? Si seulement nous avions de la place! Nous avons compté et recompté les mètres de planche disponibles, vérifié et revérifié le planning et le constat était clair: nous ne pouvions pas repiquer sous serre!
Branle-bas de combat dans nos cerveaux, devis, réflexions, devis, délais de livraison et nous voilà un samedi en fin de matinée, avec 150 arceaux, 200 mètres de film plastique et 10 km de ficelle. Quelques heures plus tard, nous voilà satisfaits, les 3 tunnels ont fière allure, les plants sont protégés. Vas-y qu’on se félicite, tope-la et compagnie.

Parfois, le ‘chantier pas prévu’ peut devenir ‘le chantier pas prévu qui revient très (trop) vite’. C’est le cas de l’installation de nos tunnels nantais. Prenez d’énormes bourrasques de vent dans la nuit – du genre à couper l’électricité pendant quelques heures – et revenez le lendemain. Tiens donc, les tunnels font un drôle d’angle et ne sont plus à leur place! Tiens donc, le plastique est déchiré, les arceaux dans tous les sens! Et pour que  ce soit encore plus drôle, imaginez que tout ça se passe durant la nuit du lundi au mardi, en ayant en tête que la pose avait eu lieu le samedi. Vous vous gaussez non? Nous, on a ri jaune, vu notre beau moral s’écrouler et puis François s’est re-attaqué au chantier. Bilan des courses, la seconde pose aura permis certaines améliorations. Comme quoi…

Le chantier de presque loisir: construire sa propre Campagnole.

La dernière fois, je vous disais que François s’était découvert une passion pour la soudure. Ce n’était pas une passade! Ayant investi dans un poste à souder, il s’est lancé dans ses premiers travaux avec la construction de notre Campagnole. Souvenez-vous, c’est l’outil qu’on avait pu tester en décembre (on en causait par là). Convaincus par cet outil fantastique, on a décidé d’investir dans la version ‘en kit’, c’est-à-dire à souder soi-même.
Voilà bien un chantier qui s’apparente presque à un loisir.
Et le résultat me direz-vous? Une Campagnole plus grunge que celle vendue déjà montée car chez nous, pas de peinture sur les dents et les montants. Du brut! Enfin, l’essentiel reste que nous puissions travailler correctement avec et … c’est le cas!

La soudure nous ouvre donc de belles perspectives pour adapter nos outils à des besoins bien précis, construire des portails solides pour les diverses clôtures, bricoler à tout va.

Le chantier récurrent: ranger et aménager.

Petit à petit l’oiseau fait son nid. Si on ne fait pas notre nid dans le bâtiment – ouf ! – petit à petit, on l’aménage, on améliore, on réinvente. Dernièrement, on a repensé l’espace de lavage des légumes. Rien d’exceptionnel en somme puisque nous avons simplement déplacé l’évier et les tables de travail mais, croyez-moi, ça change la vie! Ce qui change encore plus la vie? L’installation, juste à côté du dit évier, d’un vulgaire robinet pour remplir les arrosoirs et sur lequel on peut brancher un jet. Le pied quand il faut remplir d’eau la grosse bassine pour laver les radis!

On a également trié et rangé nos montagnes de cagettes. Les moches et plus vieilles pour les futures récoltes de patates, les petites pour les colis d’abricots (au moment où on a rangé, il n’y avait pas encore eu cette douce nuit de gelée…), les plateaux bas pour les tomates cet été… Bref, c’est tout net, bien empilé et bien plus accessible.

Dans la série ‘chantier d’aménagement’, François nous a créé une jolie petite terrasse devant le bâtiment. Il prévoit ensuite de tester un système de construction ‘à la tronçonneuse’ pour abriter le tout. Il fait déjà bon y prendre le café quand le soleil est de sortie alors j’imagine qu’une fois à l’abri, ce sera vraiment sympa…

Le chantier bonus: préparer le week-end « De Ferme en Ferme ».

Le chantier bonus, le chantier en plus. C’est celui qui s’ajoute aux autres, qui arrive comme une fleur au moment pas forcément opportun. C’est celui qui fait dire « mais bordel, qu’est-ce qui nous a pris? ».
Ici, le chantier bonus c’est la préparation du week-end « De Ferme en Ferme ». Eh oui, le 27 et le 28 avril, dans le cadre du célèbre week-end organisé par le Civam, l’Abeille et la Blette vous ouvre ses portes, de 9h à 19h! Trop chouette! Trop chouette en effet mais, pour vous accueillir correctement, il faut quand même anticiper un minimum…!
François a participé aux diverses formations pour les novices, histoire d’être préparé au baptême du feu. Nous avons déjà réfléchi au circuit de visite, imaginé divers scénarios – catastrophes ou non – fait des liste et recruté des volontaires pour nous aider. D’ailleurs si vous avez envie de participer à l’aventure en nous donnant un coup de main, n’hésitez pas, plus on est de fous, plus on rit!
Et puis, on a aussi profité de la visite de Chloé – graphiste à qui l’on doit notre logo – et Franky pour mettre sur pieds notre épouvantail, célèbre emblème pour ce week-end!

Chantier bonus donc et souvent cette question « qu’est-ce qui nous a pris de dire oui? ». Peut-être parce que nous étions début décembre et que ça nous paraissait loin et fastoche? Peut-être parce que Jonathan – voisin et participant – a su être convaincant? Peut-être parce qu’on aime toujours partager cette nouvelle vie avec d’autres? Peut-être parce qu’on aime les (petits) défis? Quelle qu’en soit la raison, quel que soit le chantier, n’hésitez pas à venir faire un tour chez nous!

Et puis tous les autres chantiers…

Et puis tous les autres. Les petits, les rapides, les qui-traînent-en-longueur, les minis, les chiants, les redondants, les joyeux, les moins drôles. Le quotidien en somme. Prenant, usant, parfois ingrat. Le quotidien en somme. Fait de mille et une réflexions, de mille et une décisions. Créer, imaginer, mettre en œuvre et en branle.

Au fond, quand on y réfléchit bien, c’est toute notre vie qui est devenue un vaste chantier!

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La serre-tunnel: on en a vu le bout!

La dernière fois que je vous donnais des nouvelles, la serre était montée et nous attendions, fébrilement, les demi-lunes pour enfin voir le bout de ce satané tunnel. Pour mémoire, les demi-lunes qu’on nous avait conseillé de monter, avaient été déchiquetées par une nuit de grand vent. On nous avait annoncé un délai de 48 heures pour recevoir les nouvelles. Au bout de 3 jours, aucun livreur n’ayant pointé son nez, François a eu la surprise d’apprendre que notre commercial préféré était parti pour quinze jours de congé. Très franchement, nous étions déjà assez remontés et nous avons pris cette cachotterie, un peu de travers. Quoi qu’il en soit, au fond, ce qui nous importait alors ce n’était pas les vacances de celui que j’avais déjà rayé de la liste des gens avec qui travailler, mais plutôt nos fameuses demi-lunes. « J’ai eu Richel, elles arrivent ». « Elles arrivent ». Par deux fois, à force de harcèlement téléphonique, un autre commercial nous a assuré que tout était en ordre, qu’on serait bien livré directement. Alors, on a continué à attendre. Mais, il fallait se rendre à l’évidence, aucun signe de vie de nos morceaux de plastique renforcé… Les prévisions météos, surveillées comme le lait sur le feu, annonçaient une belle fenêtre pour le bâchage mais, sans demi-lunes, pas de bâchage possible. François a rappelé une énième fois le commercial, nous étions un vendredi, il était 16 heures. « Ah, en fait, je viens d’avoir Richel. Ils ne les avaient pas en stock. Elles sont donc en fabrication, ils les recevront semaine 17, vous pourrez les avoir semaine 18 ».

Passée la minute d’effondrement – la semaine 18 c’est la première semaine de mai et nous étions le 13 avril! – la colère s’est alors installée bien confortablement dans nos têtes. Les « elles arrivent » résonnaient comme la preuve d’avoir bel et bien été pris pour des pigeons. Si nous n’avons foncièrement rien contre ces volatiles, il faut bien se le dire, ça ne nous a pas fait  plaisir. Pas plaisir du tout. Si la colère n’est pas un moteur qui nous plaît, force est de constater qu’elle fait quand même réagir. J’ai donc eu le reflex d’appeler ma Maman – et oui à bientôt 30 ans – qui a très immédiatement fait jouer son réseau – une histoire de directeur régional, de groupe et de dépôts. Une demi-heure plus tard, nous avions le numéro de téléphone du directeur des deux commerciaux et François pouvait enfin demander des explications. « Je vais essayer de comprendre… » Soit, ça n’arrangeait pas nos histoires de demi-lunes. C’est finalement durant le week-end, en discutant avec Jean-Claude, qu’on a décidé que le plan B serait de bricoler des demi-lunes avec du plastique  classique. Nous étions déjà bien assez en retard pour prendre encore 2 semaines dans la vue. Le lundi, tout début de journée, François appelait déjà le fameux directeur pour exiger du plastique, le mardi soir le bonhomme était à Pojot avec le dit-plastique. « Oh bah dans 15 jours vous pourrez les monter vos demi-lunes ». Mais bien-sûr! Quand on sait que pour cela il faut démonter puis remonter les pignons, les portes et déclipser la bâche principale, nous on espère que ça tienne au moins la saison… Rien que de l’écrire, ça m’énerve! Enfin, il faut savoir être résilient et s’adapter aux situations problématiques.

Vous allez me dire, et cette bâche alors? Elle est posée! Alléluiah! Allez je vous raconte, qu’on en voit le bout de ce tunnel!

Revenons au lundi, en fin d’après-midi François étant sûr de recevoir de quoi bricoler des demi-lunes le mardi, il fallait prévoir donc notre chantier de bâchage . Les conditions annoncées pour le mercredi matin étaient optimales: soleil et pas un brin de vent! Jean-Claude était disponible pour nous aider, c’était donc LA matinée. Bon à trois paires de bras, il ne faut pas se leurrer, c’est bien trop optimiste alors François a joué du téléphone. Lundi soir, nous étions plein d’une belle énergie, trois autres personnes étaient de la partie: Alain, notre voisin éleveur de vaches allaitantes, Médéric l’associé d’Anthony, un autre voisin éleveur caprin avec qui nous avons un arrangement « du fumier pour des terres » et Elodie, apicultrice du côté de Pailharès. Nous avions presque envie d’envoyer un message à notre conseillère de la chambre d’agriculture qui nous a très souvent répété que nous partions avec le handicap d’être isolés! Ma foi, on se sent plutôt bien accueillis et épaulés pour deux âmes esseulées à Saint-Félicien. Mardi soir, après une session pâtisserie – il faut bien offrir un peu de douceur pour ceux qui retroussent leurs manches – rendez-vous était donc pris pour le mercredi matin, à 8 heures.

C’est donc sous un beau soleil, sans un brin de vent que nous avons pu enfin habiller Dame Richel. François s’était creusé la tête pour trouver le meilleur moyen de dérouler, à près de 4 mètres de haut, le plastique – un seul morceau de 45 mètres – et ça a payé: à 10 heures, les gâteaux avaient pris une claque, le café aussi et la bâche était posée et sécurisée! Bonne humeur et énergie, un cocktail qui a fait ses preuves!

Une fois la bâche déroulée, il faut…la déplier!

Après ça, nous en avons eu encore pour deux bonnes journées de travail pour en finir avec la serre. Finir de poser les clés des clips permettant de fixer la bâche et le filet brise-vent, enterrer les bavettes et ce filet, monter les deux enroulements latéraux et finir par les portes.

Les derniers écrou-freins sont pour les portes…

On a finalement vu le bout du tunnel et il était temps! Pour l’anecdote, à l’heure où j’écris, nous n’avons pas encore reçu les demi-lunes et on se dit qu’on a bien fait de ne pas les attendre…

Sûrement, un des premiers visiteurs…

 

 

Monter une serre, c’est loin d’être une sinécure!

Après la pépinière, celle qu’on attendait avec plus que de l’impatience, c’était la serre. Dame Richel, la fameuse. Semaine 10, puis semaine 11, finalement, elle s’est faite désirer jusqu’au début de la semaine 12. Elle est arrivée jusqu’à Pojot, en vrac. Une sorte d’énorme Kinder Surprise mais sans le chocolat. Et des surprises, elle nous en a réservées. On espère d’ailleurs qu’il n’y en aura plus d’ici la pose des plastiques…

La première petite blague a été la livraison sans la notice de montage. Autant vous dire qu’à part regarder le contenu de chaque petit carton et présumer de l’utilité des pièces découvertes, le premier jour, nous n’avons pas pu faire grand chose… Le livret reçu – un beau pavé qui s’avère en réalité fort mal fichu – nous avons pu nous attaquer dans un premier temps à l’implantation. Cordeaux, piquets et double décamètre ont été nos meilleurs alliés pendant cette étape. Une fois l’implantation réalisée, nous avons retroussé nos manches, enfoncé nos bonnets sur nos oreilles – il faisait évidemment un froid de canard sinon ce n’est pas drôle – et commencé à trimballer les pièces sur le terrain. Il va sans dire que le but était de disposer de façon logique et intelligente les pièces afin de se faciliter la tâche lors du montage.

L’ensemble des pièces est disposé in-situ afin de limiter au maximum les déplacements lors du montage.

Après l’implantation et la manutention, il était temps de rentrer dans le vif du sujet et de s’attaquer au montage à proprement parler. Tout commence par la mise en place au sol des entretoises et des supports dans lesquels viennent se ficher les arceaux. Évidemment, c’est plus encombrant que la surprise d’un Kinder ou qu’une boîte de Lego, mais le principe reste assez similaire et ludique. Enfin jusqu’à l’amarrage!

Une croix, une entretoise, une croix, une entretoise et toujours 9,30 m de largeur attention!

Le système d’ancrage est basé sur des amarres à percussion. Au total, pour fixer au sol la structure, il aura fallu à François planté pas moins de 71 amarres. La soixante-douzième a fait de la résistance et a eu raison de l’obstination de François. Bon, c’est loin de se planter tout seul et il y a eu des moments où, malgré mes blagues toujours très drôles pour détendre l’atmosphère, François en a eu ras la casquette, enfin le bonnet. Quoi qu’il en soit, on s’en est pas trop mal tiré, François tapant, frappant comme un forcené sur le mandrin et moi, fixant les dites amarres à la structure avec les cavaliers qui vont bien.

 

La structure amarrée, nous avons entrepris de lever les arceaux. C’est la partie qui reste sûrement la plus impressionnante – la hauteur de l’arceau est de 3,95 mètres – et gratifiante du travail. Oui, ça se voit! Pour fixer les entretoises, nous avons du rapidement faire face à l’absence cruelle d’un outil de taille: l’échafaudage! Oui, c’est pas si facile de fixer les entretoises à près de 4 mètres de hauteur, perché sur un escabeau. François a donc fait un aller-retour express dans la vallée – ça y est, on parle comme les locaux – et nous avons monté en deux temps trois mouvements le fameux échafaudage.

Quand la journée se termine avec le soleil et deux arceaux levés, ça donne ça: la fatigue et la banane!

Nous avons continué à lever les arceaux et le vendredi soir, les 18 étaient debout. C’est alors que les renforts sont arrivés et ça, ça fait du bien!!! Aux bras et au moral. Parce que si visuellement, il semble qu’une grosse part du boulot est torchée quand les arceaux sont levés, il faut se rendre compte que c’est loin d’être fini. Il reste les supports de cultures, les renforts, les rails pour les aérations, les pignons… Bref, du pain sur la planche! Alors avoir du soutien, des paires de bras en plus, c’est loin, bien loin, d’être négligeable. Et puis ça permet d’avancer sur d’autres menus détails. Pendant qu’Antoine et François fixaient les renforts pour les extrémités, avec Marion, on papotait en retournant les 5 tonnes de fumier qui compostent sur le fond de la parcelle. Une paille! Pendant qu’Antoine, mon Papa et François, s’attaquaient aux supports de culture et aux renforts latéraux, Marion, ma Maman et moi, on chargeait le bois de taille du verger sur la remorque de Jean-Claude afin de les évacuer – dans un futur plus ou moins proche, il est prévu qu’on brûle tout ça. Une autre paille!

  Les travaux avec la famille et les copains, c’est toujours la fatigue et la banane!

C’est pendant ce week-end plein d’entrain que nous avons eu droit à une première surprise: il manquait l’ensemble des cavaliers pour finaliser la fixation des supports de culture. Quoi? Vous n’avez pas vérifié les colis à la livraison? Eh bien figurez-vous que nous n’avons pas eu de liste complète du matériel, nous n’avons donc pas pu vérifier… Une surprise qui coupe un peu l’entrain. Vérification faite, effectivement, c’était bien un oubli. Le technico-commercial s’est donc offert une petite ballade à Saint-Félicien pour nous amener les fameux cavaliers. François en a d’ailleurs profité pour évoquer les incohérences de la notice de montage, notamment sur une sombre histoire de hauteur d’ouverture latérale. Effectivement, vous avez raison, c’est pas logique! Bon, soit, il en faut plus pour nous décourager!

La surprise suivante est arrivée deux jours plus tard. Encore une? Oui, cette fois-ci, c’est de vis dont nous manquions… et que nous avons du racheter pour ne pas prendre trop de retard. A ce stade-là, pour ma part, j’en avais déjà ras la crêpe de Dame Richel et qu’une seule hâte, qu’elle soit bâchée, fonctionnelle et qu’on puisse repiquer. François était plus motivé, il faut dire qu’il devait l’être pour deux. Il s’est attaqué au perçage-vissage, non content d’avoir reçu sa nouvelle meilleure amie – la visseuse Festool – car les vis autoforantes c’est du costaud. Sa motivation en a pris un coup quand il s’est rendu compte que pour fixer les rails dans lesquels se clipse le plastique, il fallait un embout carré, non standard. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Heureusement que l’atelier de Louis – le propriétaire de notre maison – est une caverne d’Ali Baba! Il a pu nous dépanner. Enfin, Jean-Claude s’était déjà proposé pour en acheter un en sortant du travail, ce qui nous aurait évité un aller-retour dans la vallée…On est bien entourés et ça fait plaisir!

A ce stade-là, nous avions déjà monté les pignons. Petite particularité, il fallait déjà y fixer une demi-lune de bâche plastique. Pas de souci, ça craint rien. Il suffit de les attacher. Le technico-commercial ayant donné à François le feu vert, nous avions donc pris le parti d’avancer. Dernière surprise en date? Pas plus tard qu’il y a une semaine, mardi matin dernier, quand après une nuit bien ventée, nous avons eu la joie, que dis-je, la très grande joie de découvrir nos fameuses demi-lunes…complètement déchirées! C’est donc avec ravissement que nous avons du démonter les pignons et recommander des demi-lunes de bâche. Vous imaginez notre humeur et le baromètre de notre moral… Je me suis offert le luxe de me manger une des pièces du pignon en pleine tête et j’arbore donc une superbe bosse sur le front. Le pompon en somme!

En conclusion, c’est acté, on en a ras la crêpe du montage de cette serre qui prend des airs de cauchemar… A l’heure actuelle, tout est vissé, les tranchées pour enterrer les bavettes sont faites, les rails pour clipser les plastiques posés. Bref, on attend donc les demi-lunes et la fameuse « fenêtre de beau temps » qui nous permettra de poser les plastiques et plus globalement d’oublier toutes les surprises que nous aura réservées Dame Richel…

Une chose est sûre, on ne compte pas se reconvertir dans le montage de serres!