Et août s’en est allé….

La canicule a tiré sa révérence et août a fait de même. Le temps passe à toujours aussi vive allure et semble souffrir de distorsions. Distorsions ? Oui, tout nous semble à la fois loin et proche! On se dit Quoi ? Déjà fin la fin août ? La rentrée? Et en même temps, l’épopée des abricots nous paraît de l’histoire sacrément ancienne… alors que, loin d’avoir eu lieu à la fin du Crétacé, ça n’était que la mi-juillet ! Bref, on a l’impression que le temps se pavane devant un miroir déformant ! D’ailleurs, nous qui nous plaisons à dire « on verra ça quand on aura le temps à l’automne, on fera ça à l’automne, on y réfléchira plus tard, à l’automne », on risque finalement de ne pas le voir arriver et encore moins passer, cet automne !

En attendant d’avoir du temps à l’automne – espoir caressé mais nullement assuré – l’aventure a continué. Et ça continue encore et encore, c’est que le début d’accord, d’accord. On nous pose désormais souvent la question « alors ces montagnes russes ? Vous vous situez où ? ». Et bien ça continue de monter et de descendre ! A croire qu’on est bons pour attraper le pompon et gagner un tour gratis. La fatigue aide bien, à faire des tours gratuits. et à citer un peu de Francis Cabrel, ni vu ni connu ! Au fond, soyons honnêtes, nous savons que les montagnes russes vont être notre lot pour encore un bon bout de temps…

La seconde question qu’on nous pose le plus souvent, on vous le donne en mille c’est « Et les criquets ? » Ah les criquets ! Ils sont encore là mais – on touche du bois – il nous semble en voir moins ! On en retrouve beaucoup morts, accrochés dans les herbes. Enfin, on ne se fait pas d’illusions, c’est simplement une question de cycles de vie et le problème est loin d’être réglé puisque les œufs peuvent passer l’hiver au chaud… dans le sol ! Par précaution, on a fini par recommander du filet. Chat échaudé craint l’eau froide comme on dit. On joue donc la carte de la sécurité et on protège l’ensemble de nos repiquages. C’est toujours aussi fastidieux mais après avoir passé près de 3 semaines sans salade sur le marché, à expliquer nos histoires de criquets, on se dit qu’il faut les protéger ces petits plants bien innocents. On a également vu s’installer bon nombre d’épeires frelons ou encore appelées argiopes frelons. Ce sont des araignées de belle taille, rayées de noir et de jaune. Ces charmantes dames ont l’art et la manière d’embobiner fissa fissa les criquets dans leurs filets et ça, on adore ! On a donc pris le pli de bien faire attention à leur toile quand on ramasse les haricots ou les tomates de plein champ. Les mantes religieuses ont également débarqué en renfort. Mine de rien, ces renforts, ça fait du bien au moral dans ce combat devenu presque ordinaire.

Depuis la dernière fois, les visites des amis ont continué. Un calendrier bien rempli et un planning calculé au millimètre près. Histoire de pouvoir changer les draps du futon ! C’était certes chargé mais ça fait toujours chaud au cœur de voir arriver les copains avec leurs sourires, leur curiosité et l’envie de mettre la main à la pâte! Antoine et Marion ont pris la place de Camilo. La main à la pâte, ils connaissent. Ils étaient déjà là pour le montage de la serre – oui oui, souvenez-vous c’était au Jurassique supérieur euh en avril – et Marion m’avait aidé à planter les poireaux. Leur visite a été l’occasion de continuer la mise en place du système de récupération d’eau de pluie des toitures du bâtiment. Plus de surface de toiture équipée, c’est plus d’eau dans le réservoir tampon et lors d’un épisode orageux, ça peut aller vite ! On en a aussi profité pour ramener le bois coupé dans le verger et ranger le bois débité depuis déjà quelques semaines… Il y a aussi eu des visites plus ponctuelles qui permettent, le temps d’une soirée ou d’un repas, de se vider un peu la tête. Emilie, ma binôme durant la plus grande partie de mes études d’agronomie, est également revenue passer quelques jours à Saint-Félicien. Cette fois-ci, pas de nouvel an à célébrer ni de châtaignes grillées mais des chantiers de récolte : les pommes de terre – celles qui se faisaient désirer – et les oignons. Il y a aussi eu les prunes et les récoltes pour le marché. Emilie, comme Adrien quelques semaines plus tôt, m’a accompagnée à Annonay. L’occasion pour les clients de me faire remarquer que j’étais régulièrement en bonne compagnie pour le marché. Eh oui, c’est ça d’avoir des copains !

Avec le départ d’Emilie, nous avons initié une période d’accalmie d’amis. C’est nécessaire quand on veut faire le bilan de ce premier été à Saint-Félicien, réfléchir à nos priorités automnales et se préserver pour pouvoir tenir encore jusqu’à la fin de l’année…

Et puis, il y a aussi eu la première fauche de notre parcelle de prairie – anciennement des cerisiers – où j’ai pu m’entraîner pour obtenir mon badge « girobroyeur », la deuxième coupe du sorgho en plein champs et la 4ème en serre – rappelez-vous c’est l’engrais vert implanté pour apporter de la biomasse à notre sol – les premiers potimarrons, la floraison des tournesols, la reprise des semis de radis, le début de la cueillette des physalis, les cueillettes de figues et les tartes qui vont avec, le premier Perrier tranche en tête à tête avec une copine – ô joie ! – l’escapade de François pendant près de 48 heures – ça nous a fait un bien fou à tous les 2, j’attends mon tour ! – les premières compotes… Et toujours beaucoup de fous rires, nerveux ou pas, de satisfaction, de doutes, de fatigue, d’envies, d’idées !

En attendant d’avoir du temps pour nous, nous espérons vous retrouver, à vos agendas :

  • à la Fête de l’Agriculture Paysanne, à Sécheras, le samedi 8 septembre. Le programme prévu est beaucoup plus beau que la météo annoncée. Organisée par la Confédération Paysanne de l’Ardèche et plus particulièrement les paysans du Nord Ardèche, cette fête est une façon de fêter et soutenir l’agriculture paysanne en passant un (fort) bon moment !
  • à Terroir au Village, à Pailharès, le 21, 22 et 23 septembre. Le programme mettra en valeur le travail de passionnés qui ont fait le choix du terroir, du beau et du bon. A noter qu’une escale est prévue chez nous dans un des circuits de visites proposés le samedi !

Vous l’aurez compris, nous n’aurons pas (encore) le temps de nous ennuyer en septembre et c’est sûr, le temps va encore filer trop vite !

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