Le temps d’un automne…

Tiens donc, ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu de nouvelles sur votre site ?  Y’a pas eu de publication depuis un moment, non?
Bon, inutile d’essayer d’arguer le contraire. Un, vous seriez assez malin pour aller regarder les dates de publication. Deux, effectivement, il faut bien reconnaître que j’ai laissé l’écriture de côté depuis début septembre. La faute à qui? Au temps qui file vite, qu’on essaie d’attraper ou plutôt de rattraper par n’importe quel bout, aux projets aussi divers que variés à suivre, poursuivre et réaliser, aux priorités, revues et corrigées… Bref, nous sommes le 22 novembre, il est bientôt 17 heures et je reprends le clavier. Accrochez-vous, ça va commencer!

On s’était quitté début septembre, il faisait encore chaud et sec et je pouvais lacer mes chaussures sans trop de difficultés. Les patates, les oignons étaient à l’abri. Les abricots, eux, étaient en pots et en bouteilles. On attendait que l’été tire sa révérence et que, par la même occasion, les criquets fassent de même… On lorgnait aussi avec anxiété du côté de ciel et de la météo, espérant une pluie salvatrice qui n’arrivait pas.

C’est dans ce contexte que François et mon papa, fraîchement retraité, se sont attaqués au montage des nouvelles serres. Souvenez-vous, fin Mars, avec de valeureux copains, nous avions démonté une serre dans la Loire (pour les oublieux, c’est là). L’idée était de faire de cette belle serre – 34 mètres de long pour 8 de large –  deux petites serres. Pour ceux qui seraient passionnés de calcul mental – ou qui auraient toujours adoré le concours Kangourou des Mathématiques – et qui se diraient, ben ils vont avoir deux serres de 17 mètres de long du coup, on vous le donne en mille, c’est faux! Sombre histoire d’entre-toise, nous avions dans l’idée d’obtenir deux serres de 16 mètres de long sur 8 de large. Bref, 17 ou 16 mètres, il fallait surtout s’attaquer au montage. C’est dans ces moments-là qu’on est bien contents d’avoir pris des photos le jour du démontage, d’avoir pris le temps de soigneusement tout bien ranger dans le bâtiment et d’avoir une remorque pour trimballer toute cette ferraille!

Une fois les pièces sur place, sans se mentir, on en vient à la phase la plus gratifiante du montage puisque qu’en une après-midi à peine une serre peut sortir de terre. Hop! Mieux  que les rosés des prés ou les mousserons après la pluie! La première serre étant montée, n’ayant pas eu de difficultés particulières, nous étions plutôt sereins pour la suite du chantier. Mais comme toujours, il y a un « mais ». Ce « mais » est arrivé dans la boîte aux lettres, sous la forme d’une réponse à notre, très officielle, déclaration préalable de montage. Outre qu’on nous demandait de décrire avec précision l’aspect extérieur des façades – là on a envie de lâcher un LOL de circonstance – on nous indiquait aussi que la dite construction devait se situer à un minimum de 10 mètres d’un chemin si celui-ci était un chemin rural… Nous avions prévu de monter la serre sur la partie haute de la parcelle de maraîchage, en bordure du petit chemin qui mène… à rien. Nous avions choisi cette zone car c’est la plus plate et donc la plus propice pour, ensuite, convertir ces serres en serres mobiles. Ben pourquoi avoir commencé le  montage si vous n’aviez pas reçu l’autorisation? Parce que bien souvent, les délais administratifs se coordonnent assez mal avec les réalités du terrain et que nous avions décidé de prendre les devants…et surtout parce qu’on n’imaginait pas un instant que ce petit chemin, que nous sommes presque les seuls à utiliser, était un chemin rural et non un simple chemin d’exploitation menant à la parcelle du voisin. On s’est couché un peu en rogne mais moins bête!

Prenant le temps de la réflexion sur la position des serres – être ou non dans les clous – la fin septembre arrivant doucement, nous avons mis en bouteille nos premiers essais de vin de noix, fait des confitures de poires, testé la confiture de gigérine et enchaîné les sessions de conserves – tomates, coulis, ratatouille, l’hiver peut arriver! Avec Anna, une amie allemande venue pour quelques jours, nous avons déménagé la roulotte des poulettes. Roule ma poule, direction le bas de la parcelle de maraîchage! Ce premier essai fut un peu épique et plein d’enseignements pour la prochaine migration. Nous avions décidé de faire ça le soir: les poules rentrant d’elles-mêmes, hop, il suffisait de déclencher la fermeture de la porte et de rouler. Dans la pratique, ça a bien fonctionné mais, on avait pas vraiment anticipé le temps qu’il fallait pour démonter et déménager les parcs mobiles. A la seule lueur de nos portables, nous nous sommes donc retrouvés tous les 3  à réinstaller, de nuit, le parc! Conclusion, la prochaine fois, on fera ça au petit matin… Que tout le monde se rassure, dans l’opération, aucune poule n’a été blessée ni même traumatisée: le lendemain, les œufs étaient, comme à l’habitude, au rendez-vous!
Qui dit fin septembre, dit temps des vendanges. Histoire de changer un peu d’air, nous avons pris une journée off et le chemin d’un charmant petit domaine viticole du côté d’Arlebosc. C’est là que nos copains, Lisa et Brice, s’échinent à cultiver et replanter de la vigne et faire, le plus naturellement possible, du vin. Une bien belle journée de vendange sous le soleil de la fin septembre qui s’est terminée à fouler aux pieds les grappes avant d’encuver! De retour par chez nous, les anciens annonçant de grosses pluies, nous nous sommes dépêchés de rentrer à l’abri nos courges. S’il s’agissait d’une fausse alerte – un pipi de chat en guise de vraie pluie – les courges étaient elles récoltées et c’était tant mieux…

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Bons élèves et surtout, notre terrain le permettant, nous avons finalement décidé de monter la seconde serre en respectant la distance vis-à-vis du chemin et de déplacer la première déjà montée. Pour cela, nous avons fait appel aux bras et à la bonne volonté de notre jeune retraité préféré – merci Papa – mais aussi pour le déplacement, des copains d’Empu’ – merci Flafla et Aurel – et de Bernard. Et hop, deux serres montées, deux!
Après, il faut bien avouer que c’est la partie la moins marrante: on peut bosser une journée et les avancées sont bien moins impressionnantes visuellement. Planter les amarres, visser, serrer, poser et tendre les fils, visser… autant d’étapes nécessaires mais qu’on peut avoir du mal à voir!

Vous l’avez peut-être compris, nous avions prévu de convertir ces serres en serres mobiles grâce au système du « monokit » de l’Atelier Paysan (les infos sont là). François s’était d’ailleurs déjà formé avec l’Atelier Paysan en février, chez Adeline, du Potager de Chautagne. Qui dit conversion, dit quelques transformations à prévoir, notamment pour la fixation des bâches plastiques qui ne sont pas enterrées – c’est mieux s’il faut que ça roule. François a donc planché sur les listes de matériel à prévoir, les devis. Il a couru à droite et à gauche.  Ici pour récupérer des rails de fixation et des cavaliers, ici pour des chaînes et des tendeurs, là pour des sacs à remplir de gravier…

Et puis Octobre est arrivé, on a ralenti un petit peu le rythme. Dans la seconde moitié du mois, les grosses pluies ont débarqué. Enfin. De vraies pluies – environ 200 mm en 3 jours –  pas des pipis de chats ni de moineaux. Des pluies salvatrices qui ont rendu à notre lac collinaire une véritable allure!
Des pluies qui, du côté de Piégros-la-Clastre, ont fait tombé les noix. Comme l’an dernier, nous avons délocalisé le temps d’une journée l’Abeille & la Blette de l’autre côté du Rhône, dans la Drôme, pour ramasser les noix chez ma grand-mère. Nous pensions profité d’une fenêtre « sèche » – sans pluie quoi! – et après à peine deux heures, la pluie a commencé à dévider ses pelotes d’eau bien froide. François, mon père – que voulez-vous quand on a un retraité volontaire sous la main, on en profite – et ma mamie ont râlé. Dans ton état, va pas attraper la crève! File te mettre à l’abri! Si j’ai abdiqué sous la pression, l’équipe masculine n’a pas chômé et les noix se sont retrouvées en caisses.  Vite fait, bien fait! De retour à Pojot, on s’est attaqué au tri et au lavage et il faut reconnaître aux fortes pluies le mérite de nous avoir bien mâché le travail…

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Les épisodes pluvieux passés, on s’est échappé pendant plus de 24 heures au Chambon-sur-Lignon avec des copains. Belle bouffée d’air et jolies cueillettes de champignons. De retour, nous avons recommencé à lorgner le ciel. Cette fois, nous n’attendions pas la pluie mais plutôt la demi-journée de beau temps, sans vent qui nous permettrait de bâcher la première serre. Devinez sur qui nous pouvions compter pour nous prêter main forte? Mon père, évidemment. Le plastique venant en lés et non d’un seul tenant comme pour Dame Richel, ce serait plus simple. François était confiant, se disant que même à 2 paires de bras, ça pourrait le faire… Il avait parié sur un mercredi après-midi, nous attendions donc la fameuse fenêtre.
Marine, t’en pense quoi si on bâche cet après-midi? J’ai levé la tête de ma récolte de radis d’hiver, demandé l’heure. Il était 10h30, on était mardi. Appelle mon père pour savoir s’il est disponible… Je pense que dans la demi-heure qui a suivi, il a pris la route. De notre côté, nous avons fini les récoltes pour le marché d’Annonay et eu le temps de recruter Arthur, un voisin opportunément disponible et motivé. A 17 heures, la serre était bâchée et rendez-vous était pris avec Arthur pour le lendemain après-midi pour finir le bâchage des portes. Autant vous dire que le mercredi soir, nous avions un sacré poids en moins sur les épaules! En avions-nous pour autant fini avec la serre? Bien sûr que non puisqu’il était toujours prévu que nous accueillions sur la ferme la formation de l’Atelier Paysan pour convertir nos serres… Mais pour l’heure, il était temps de prendre 6 jours de vacances et de filer faire les ermites en Franche-Comté, bien au chaud, dans le chalet des parents de François.

Alors que nous finalisions les préparatifs pour l’accueil de la formation – trouver un logement pour les participants, ranger le bâtiment, installer une prise triphasée, prévoir l’intendance – elle a débarqué et s’est imposée. Lourde et grasse. Pesante. Elle, c’est la neige de la mi-novembre. Celle qui a fait craqué les arbres, ployé les lignes électriques, qui a plongé bon nombre de foyers et de fermes dans le noir. Celle qui a rappelé à beaucoup notre dépendance à la fée électricité. Du côté de la ferme, aucun dégât sur les serres, quelques abricotiers abîmés au verger mais rien de terrible ni de comparable à ce qu’ont pu subir certains. On s’estime chanceux!

Bon, elle a quand même ajouté un petit peu de stress à la charge mentale des préparatifs: la formation pourrait-elle avoir lieu? Les inscrits allaient-ils bravé la neige pour rejoindre Saint-Félicien? Quid de l’accès au gîte? Et le camion de l’Atelier Paysan – et sa cargaison de postes à souder et de métal – pourrait-il arriver jusqu’au bâtiment? Bref, on était pas sereins sereins…
Le dimanche, après une journée à pâtisser et faire la cuisine pour moi – on s’adapte à son état ma bonne dame – un marché bien frais, la fin d’après-midi est arrivée. Le concert des AgriCulturelles à Longue Vie était maintenu, il fallait juste prévoir sa bougie ou son lampion puisque l’électricité n’était pas revenue – y’a qu’en Ardèche qu’on peut vivre des expériences pareilles – et nous pouvions proposer l’expérience aux 3 stagiaires qui devaient arriver. Ah la jolie fin d’histoire! Un super concert, de la bonne bière – du délicieux sirop de fraise – des stagiaires arrivés sains et saufs, on s’est couché rassurés…
Pas de coupures d’électricité intempestives, une chouette ambiance, de belles rencontres, une Oka ravie d’avoir encore plus de câlins qu’à l’habitude, de la théorie, beaucoup de pratique. Des soudures, des soudures et des soudures. Encore et encore. Et à la nuit tombée, mardi, pour la première fois, ça a roulé. La serre a roulé! Grâce à l’ingéniosité du système « Monokit », à l’engagement de l’Atelier Paysan pour le développement d’outils visant à l’autonomie des paysans, aux connaissances et au savoir-faire de Grégoire, le formateur, à la motivation des autres stagiaires, Marion, Sandrine, Alexandre et Benjamin.  Il restera à bâcher la seconde serre mais, ça attendra (probablement) le 1er trimestre 2020…

Comme nous étions dans l’élan « mettons nos chantiers 2019 derrière nous », nous nous sommes attelés à la plantation d’une nouvelle session d’arbres fruitiers. On a un peu anticipé la brave Sainte Catherine et son dicton bien connu. Parfois, Catherine, on fait comme on peut! Les arbres que nous avions commandés et récupérés attendaient sagement à la cave depuis le samedi – le marché aux arbres de Pailharès, touçatouça – François voulait s’éviter de creuser une tranchée pour les mettre en jauge, la météo annonçait des pluies pour vendredi… Au pied levé, nous avons trouvé des paires de bras supplémentaires pour épauler François. Inutile de vous préciser qu’à bientôt 7 mois de grossesse, creuser des trous, ça me semblait un peu « hors de portée » et que c’est quand même bien là le nerf de la plantation!  Arthur – toujours le même, toujours motivé – a encore répondu présent. Camille est également venue nous prêter main forte. Vous entendrez encore parler de Camille, vous la rencontrerez aussi peut-être car c’est elle qui va me remplacer à partir de la mi-janvier.
Le temps de se roder, le rythme était pris: marquer les emplacements, creuser, mettre une bonne pelletée de compost, praliner les racines, positionner, boucher, tasser, boucher, tasser encore… A la mi-journée, notre parcelle agro-forestière en devenir comptait une quarantaine d’arbres supplémentaires: poiriers, pêchers, abricotiers, nashis, amandiers…. Du côté de la parcelle dédiée au maraîchage, nous avons mis en place quelques actinidiers, amandiers, cormiers.  Sans oublier, la première petite plantation de fraisiers – une centaine – pour qu’au printemps, on puisse se régaler et proposer quelques barquettes bien parfumées!

L’automne touchera à sa fin d’ici un mois, l’année aussi.  En regardant un peu dans le rétroviseur de 2019, on se dit que, bon an mal an, on a réussi à atteindre les objectifs qu’on s’était fixé pour cette deuxième année: création du petit atelier de poules pondeuses en roulotte et plantation d’arbres fruitiers sur notre parcelle dédiée à l’agro-foresterie, installation et conversion de 2 nouvelles serres, mise en place de cultures pérennes, 1ère expérience De Ferme en Ferme… Évidemment, il y a encore mille choses à mettre en place, à améliorer, à créer. Évidemment, on a encore des idées plein la tête, des projets, des envies pour cette ferme qui fêtera bientôt ses 2 ans et qui ne demande qu’à se consolider. Et s’épanouir encore. Mais, pour l’instant, on a décidé de mettre le focus un peu plus sur notre vie personnelle, de regarder à l’horizon fin janvier et de nous préparer à accueillir, le plus sereinement possible, ce qui sera un sacré bouleversement…

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Il n’y a pas que la serre dans la vie!

A force de raconter par le menu nos histoires – déboires – de serre, on aurait presque l’impression que rien d’autre de notable ne s’est passé depuis le début du montage. Comme si tout tournait autour de Dame Richel. Objection! Même si c’est un outil essentiel pour développer notre activité, il ne faut pas oublier qu’il s’est passé, en parallèle de ce gros chantier, une myriade de petites choses…

Du côté du verger, nous nous sommes régalés de l’évolution des bourgeons. Nous avons craint le gel mais finalement, il s’est invité un peu tôt, épargnant ce moment clé qu’est la floraison. Nous avons tremblé en pensant aux fleurs quand, un mardi de temps fou, la grêle elle n’a pas hésité à nous saluer. Plus de peur que de mal puisque sa visite éclair n’a eu comme seule conséquence que la chute, un peu aidée, des pétales. Les averses répétées ne nous ont pas facilité la tâche en ce qui concerne la lutte contre le monilia. Trouver une fenêtre de traitement a été un peu un casse-tête mais c’est le jeu ma pauvre Lucette! Nous continuons à observer et surveiller le développement des fruits, à espérer que le climat ne nous réserve pas de surprises et que la deuxième quinzaine de juillet rime avec récolte. Il suffit de pas grand chose pour qu’une récolte soit réduite à néant et ça, nous l’avons bien compris! Enfin, les abricotiers partagent désormais leur territoire avec des abeilles. Louis et Elodie, apiculteurs bio à Pailharès, ont installé une petite dizaine de leurs ruches au verger.

 

A chaque visite, le verger offre un nouveau visage…

En plein champ, sur la parcelle destinée au maraîchage, les choses ont aussi bien évolué. Nous avons délimité nos sections de culture. Chaque section de culture a une surface de 350 m² (35 m x 10 m) et se divise en 8 planches de culture, de 80 cm de large. Il a  fallu travailler le sol et éliminer la prairie. C’est à ce moment-là que le motoculteur a choisi de rendre l’âme. Une bobine d’allumage qui a décidé de ne plus rien allumer du tout. Heureusement, c’est dans les moments de galère qu’on se rend compte qu’on est entourés par de très chouettes êtres humains. Jean, notre réparateur préféré, qui a prêté à François un autre motoculteur pour qu’on ne reste pas coincés le temps d’investir dans un nouveau compagnon. Louis, le propriétaire de notre maison aux Gaillards rapidement devenu un nouveau grand-père, qui nous a prêté main forte en venant passer le rotavator. Pour l’anecdote, aux deux-tiers de la parcelle, le rotavator a lâché. La poisse je vous dis, la poisse! Enfin, les deux-tiers travaillés étant ceux qui nous intéressent pour cette année, on se dit que l’essentiel a été fait. Pour le reste, nous avons décidé de faire un test d’occultation. Nous avons donc posé une bâche noire – de la bâche à ensilage – sur une section complète. Nous allons laissé le temps et l’absence de lumière œuvrer pour détruire les végétaux bien à l’abri sous la dite-bâche. Si l’essai est concluant, cela nous permettrait de limiter le travail du sol…

Essai d’occultation en cours. Affaire à suivre!

Les sections délimitées, François a ensuite dressé les planches de culture et ainsi défini les passe-pieds. Nous avons ensuite continué à travailler à la motobineuse uniquement les planches de cultures. J’ai apprivoisé la bête qu’on appelle toujours le P’tit Der, en souvenir de Francis. Le sol affiné et amendé, ce sont les oignons qui ont été les premiers en terre. Ensuite, nous avons préparé la section des pommes de terre. Déjà bien germées, il était temps de les planter. C’est le moment de dire merci à ma Maman pour son sacré coup de main! On n’oublie pas cette phrase prononcée avec entrain « moi j’aime bien planter les patates, je veux bien le refaire l’an prochain ».

Après le chantier serre, il a fallu se pencher très sérieusement sur le chantier du système d’irrigation. Oui parce que sans eau, on ne va pas bien loin en maraîchage! Nous y avons longuement réfléchi cet hiver. Nous l’avons imaginé, pensé puis ré-imaginé, repensé. Nous l’avons voulu modulable et adaptable aux évolutions prévues dans le temps. Par exemple, chaque année, les sections mises en culture seront différentes et nous voulons pouvoir passer de l’aspersion au goutte-à-goutte facilement. L’entreprise avec laquelle nous travaillons est particulièrement professionnelle et ça nous change la vie après nos histoires de serre…

Dans un premier temps, nous avons installé le réservoir souple. Rempli via le réseau gravitaire qui chemine depuis la réserve collinaire, il nous permet de stocker 40 m3.

Le réservoir souple a enfin pris place sur la plateforme qui lui était réservée….

Ensuite, il a bien fallu qu’on rentre dans le vif du sujet: pompe, ballon, filtres, tuyaux, raccords, téflon et compagnie! Nous avons profité de 4 mains supplémentaires – merci Papa et Maman, encore! – pour le montage de l’ensemble des asperseurs. François s’est chargé de la partie électrique pendant que j’étais préposée aux colliers de prise en charge pour le goutte-à-goutte.

Préposée au téflon.

Montage des asperseurs de la serre et bonjour les ampoules!

 Montage des asperseurs de plein-champ et pose des colliers pour le goutte-à-goutte.

Puis est venu le moment fatidique, le moment où on a mis la pompe en marche. Ça peut paraître anodin, c’est un bouton noir sur un petit boîtier tout bête mais on a retenu notre respiration. Allez savoir ce qui peut arriver hein! Globalement, tout fonctionne, ouf. Il y a quand même des petits ajustements à prévoir parce qu’on a beau y réfléchir beaucoup, la réalité est toujours bonne conseillère. Il faut resserrer à quelques endroits, poser une vanne là et puis un collier de prise en charge ici, déplacer le filtre qui arrive au réservoir. Nous, on veut du pratique et si on peut s’économiser quelques minutes ou simplement s’éviter des tâches qui deviendraient réellement ennuyantes – comme nettoyer le filtre à bout de bras – et bien, on est partants pour quelques petites modifications!

Et…ça fonctionne!

Qui dit serre et système d’irrigation opérationnels, dit possibilités de cultiver! Go, go, go pour les légumes, on est déjà bien assez en retard! Après avoir amendé les planches de culture, il était temps de mettre les mains dans la terre. Enfin! Nous sommes donc allés récupérer notre première commande de plants chez le pépiniériste, du côté de Chateauneuf-sur-Isère. Youpi! Et puis, nous avions aussi à repiquer les plants que j’avais semés dans notre jolie pépinière aux Gaillards. Enfin, du maraîchage!

Il commençait à y avoir du monde…

  Roquette, feuille de chêne, physalis, oeillet d’Inde, betterave rouge, basilic, tomates…

Nous avons également repiqué quelques plants en plein champ. Les oignons commençaient à trouver le temps long tout seuls!

Du côté des oignons, on attend les copains!

François a aussi fabriqué des cloches avec des fûts en plastique, récupérés dans une petite brasserie artisanale pas loin d’ici. Elles nous servent déjà à protéger les physalis plantés en plein champ. On a aussi aménagé le bâtiment, ramené du gravier, installé Bianca, notre fidèle caravane. On se sent un peu plus chez nous et c’est bien agréable.  Et puis depuis un mois, nous avons une nouvelle assistante. Elle s’appelle Oka et elle fait du bien au moral quand les couacs s’accumulent. Il lui reste à apprendre à ne pas marcher sur les planches de culture mais ça, c’est une autre histoire!

 Nouveau terrain de jeu et d’expérimentation!

La serre est presque derrière nous – il y a toujours des menus travaux à faire pour dormir plus sereinement en cas de grand vent – et les premiers légumes sont en terre. On espère que la plus chouette partie de l’aventure est devant nous et quand on regarde par dessus notre épaule, on se dit qu’on a déjà bien avancé!

Réussir à prendre le temps de se poser et de souffler…

Et pour finir, le sourire d’Oka ou l’enthousiasme à toute épreuve!