50 nuances d’abricot et puis des kilos de patates!

La mi-août est passée, alléluia! On a même atteint le mois de septembre , alléluia! Joie de voir l’été bien entamé, de savoir que bientôt, cette belle saison va tirer sa révérence et céder sa place à l’automne. Pour ne pas faire concurrence  au fameux 15 août, par ici, c’est le 16 que nous avons fêté le fait d’avoir mis derrière nous nos chantiers de récolte de l’été. Oignons, échalotes, ails et, les plus perspicaces d’entre vous l’auront déjà deviné – Bravo, vous avez gagné votre badge Sherlock! – abricots et pommes de terre!

Tout a commencé avec la récolte des échalotes. Nous ne l’avions pas prévu si tôt mais les criquets aidant – toujours les mêmes qui s’incrustent! – et ayant déjà complètement dévoré les deux tiers des feuillages, nous avons dû ajuster notre planning. Nous avions choisi 2 variétés différentes afin d’échelonner la récolte mais finalement, pas d’échelonnement possible. Pour l’une des variétés, on était dans les clous, pour l’autre, il aurait fallu attendre une bonne quinzaine de jours pour espérer obtenir un meilleur rendement… Enfin, à la vitesse où ces maudits orthoptères dévastent nos jardins, on s’est dit qu’il valait mieux prendre les devants et les mettre à l’abri, nos fameuses échalotes… Allez, je vous laisse cocher la case échalotes.

L’an dernier, la récolte des abricots nous avait pris de cours. Parce que plus précoce que ce à quoi nous nous attendions, parce que finalement assez courte – une petite dizaine de jours et c’était une affaire classée – et, évidemment, parce que nous essuyions les plâtres. Forts de cette première expérience, cette année, on avait un peu plus – mieux?- anticipé la chose: surveillance du verger plus assidue, pré-réservation pour les créneaux de transformation à l’atelier Nectardéchois, prévision des renforts familiaux, achat de nouveaux harnais pour les paniers de récolte… Bref, les abricots, on les attendait. Vous me voyez venir avec mes gros sabots et mon suspens à trois francs six sous? Vous la voyez la grosse ficelle narrative, le célèbre « évènement perturbateur »? Évidemment, rien ne s’est passé comme prévu! La canicule a finement joué sa partition, soutenue en fin de parcours par les chutes de température, notamment la nuit, créant des amplitudes thermiques assez fofolles. En deux mots, pour la maturation des fruits, c’était loin d’être la panacée!

Peu après le 14 juillet, les parents de François sont arrivés pour 3 jours. Le fameux renfort familial! Le premier créneau de transformation annulé – quand on vous dit qu’on était prévoyants! –  il restait celui du 19 juillet et ça tombait donc pile poil. Pile poil au détail près que les abricots étaient loin d’être assez mûrs pour finir en nectar. Parce qu’il faut savoir faire preuve de réactivité, nous avons donc aussi annulé ce créneau et finalement, en guise de récolte d’abricots, Pascale et Jean-Paul ont eu droit… à la récolte des pommes de terre Monalisa et à celles des oignons rouges! Si un jour vous avez à promettre des chantiers de récolte, mieux vaut ne pas préciser quel type… Conseil offert par l’Abeille & la Blette, ça nous fait plaisir! Nous avons donc sorti Goldi de sa torpeur estivale. Les araignées qui s’étaient installé entre les dents de l’arrache-patates ont été délogées – c’est l’été, on a le droit – et François a (encore) râlé sur cette fichue barre porte-outils qui « bordel de bordel est vraiment naze ». Il a pas tort, elle est pas vraiment faite pour des maraîchers qui ont décidé de faire 2 lignes de patates sur des planches de 80 cm de largeur. Bref, Goldi a toussoté, enfumé le hangar – comme toujours! – et repris du service. Et nous, on a ramassé, fourragé la terre, ramassé, gratté et les caisses se sont bien remplies…
Du côté des oignons rouges, plus précoces que les jaunes, les criquets n’avaient pas chômé. Comme pour les échalotes, ils s’étaient attaqués aux fanes rendant l’arrachage bien plus fastidieux qu’à l’accoutumée. Enfin, en quelques heures, tout le monde était mis à sécher à l’abri des criquets. Rassurez-vous, je parle uniquement des oignons, Pascale et Jean-Paul vont bien!

Si nous avancions dans nos chantiers de récolte, les abricots continuaient de nous trotter dans la tête. Mûrira? Mûrira pas? Transformera? Transformera pas? Pascale et Jean-Paul repartis, j’ai appelé à la rescousse mes parents. Nous faisions le pari du 22 au matin pour une première transfo, il fallait donc ramasser le dimanche, jour de marché. Renfort familial, bis repetita! Première vraie session de récolte vraiment laborieuse – tout le monde était loin d’être mûr – et bon an mal an, première session de transformation le 22! Hop une partie des abricots mis en bouteille! Et hop une livraison pour la Brasserie Longue Vie. Oui, 40 kilos d’abricots triés sur le volet ont fini dans … un brassin! La petite bière estivale toute nouvelle est d’ailleurs, à l’heure où j’écris ce billet, déjà prête à être dégustée. Sure Shot, c’est son p’tit nom!
Mais, revenons à nos moutons! Pas le temps de dire ouf qu’il fallait déjà réfléchir à la suite: il restait beaucoup (beaucoup) de fruits sur les arbres, le mûrissement commençait à aller bon train et le prochain créneau de transformation n’était prévu que pour le 31! Nous avons alors pris le rythme récolte/session confiture/récolte/session confiture. Plus les jours passaient, plus les fruits mûrissaient et se posait le problème de leur conservation pour la transformation du 31… Sans chambre froide, c’était pari perdu alors François en a parlé autour de lui, notamment à Nectardéchois. Soupir de soulagement quand Damien a proposé de nous sauver la mise:  » Ma chambre froide tourne encore, avec vos volumes, ça doit passer! »  C’était donc possible de prévoir une grosse session de récolte puisque les abricots pourraient être stockés au frais! C’est là qu’on a fait appel à l’aide de notre copain Flavien, Flafla quoi… Entre deux sessions de confiture, nous avons aussi fait des tests d’infusion de verveine et de basilic. Pourquoi donc? Pour parfumer nos futurs nectars et trouver des équilibres gustatifs plutôt plaisants! Au programme donc de la seconde session de transformation: nectar d’abricots classique, nectar abricots-verveine et nectar abricots-basilic! Vous comprenez mieux le « 50 nuances d’abricot »? Pour les tatillons, non, il n’y en a pas 50 et pour les littéraires, on s’excuse de cette référence…

Petit à petit, la récolte tirait à sa fin. On a refait des confitures, elles aussi toutes en nuances – abricots, abricots-fleur d’orange, abricots-verveine, abricots-basilic – il a plu, les derniers fruits commençaient à être la proie des perce-oreilles et des abeilles, on s’est alors dépêché de tout ramasser. Et re-belotte, on a encore squatté la chambre froide de Damien pour que tout ça tienne jusqu’au 8 août. Et re-belotte, on a encore fait de l’infusion de basilic. Et re-belotte,  on a encore fait faire du nectar abricots-basilic. Parce que c’est trop bon! On dit jamais deux sans trois, l’adage est vérifié. Cette année, on aura fait 3 fois l’aller-retour à Pailharès. Clap de fin pour les abricots! Ouf, on en est venus à bout!

Entre temps, nous avions récolté les oignons jaunes. Il était grand temps, certains criquets commençant à s’attaquer… au bulbe! Il semblerait que l’haleine forte ne soit pas un critère d’exclusion chez cet insecte grégaire et que, définitivement, rien ne les arrête! Les jaunes ont rejoint les rouges – on se croirait au moment de la réunification dans Koh-Lanta! – pour sécher en paix, loin de la menace de centaines de paires de mandibules.

Entre temps aussi, Emilie était arrivée de Paris. Nouvelle édition de ses vacances laborieuses à St-Fé. Comme l’an dernier, les pommes de terre Désiré l’attendaient. Les Nicola aussi d’ailleurs. Vous vous demandez si elle le savait? La réponse est oui. Et elle est venue quand même! L’an dernier, butés, bornés, acharnés, on avait plié ça en une (très) grosse journée. Cette année, on a revu notre copie et préféré une version plus fractionnée. Aucun regret si ce n’est qu’au moment de la pesée nous n’avons pas pu avoir nos pronostics marseillais préférés. Oui, nous avons si bien fractionné le travail que quand Emilie est remontée dans le TGV, des patates paressaient encore en terre… Comme elles ne craignaient pas grand chose, on a pris le temps d’échafauder un nouveau plan pour se faire aider. Encore. On a proposé un petit séjour all-inclusive à mes parents fraîchement en vacances. Ce séjour comprenait: la bière fraîche dans la cour à la Brasserie Longue Vie, le repas du soir, la nuitée en futon, le petit-déjeuner et … la matinée patates! Afin de motiver les troupes, vous pouvez en prime proposer un déjeuner avec vue à Lalouvesc. Est-ce que ça a fonctionné? Eh bien oui! Mon père est même venu depuis la vallée de la Drôme en vélo! C’est dire s’il était motivé. Ou s’il aime pédaler peut-être?  Deux hypothèses: Soit ils n’avaient pas bien lu le programme, soit, comme souvent, ils sont prêts à beaucoup de choses pour nous aider! On penche pour la seconde hypothèse, mon père ayant répondu avant même que j’ai fini d’énoncer le programme « y’a anguille sous roche ». Dans notre cas, il y avait surtout patate en terre!

Quoi qu’il en soit, c’est ainsi que nous avons terminé nos chantiers de récolte de l’été! Outre la satisfaction d’avoir pu mettre ça derrière nous, nous sommes très heureux de voir que nous sommes, encore et toujours, si bien entourés. Par nos familles, les copains d’ici et de plus loin. L’été est toujours une saison qu’on aime voir arriver et qu’on languit de voir se finir. C’est la période où tout va très vite, où tout s’enchaîne et se bouscule, où la chaleur assomme et cuit, où les marchés et les récoltes demandent plus d’énergie. Une période intense qu’on aura vécu un peu différemment cette année. Si nous n’avons pas hésité à solliciter nos renforts familiaux et les bras des copains, c’est que de mon côté, je n’étais pas vraiment en capacité d’assumer autant que l’an passé et qu’il fallait bien que François puisse résister à l’été. Rien d’alarmant là-dedans, simplement, nous attendons une « récolte » bien particulière pour la fin janvier! D’éventuels changements dans ma morphologie ne sont donc en rien liés au fait que François se passionne depuis quelques temps pour la lacto-fermentation…!

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Récolter les abricots, comme un air… d’épopée!

Deuxième quinzaine de juillet.
Quand nous avions demandé à Jean-Claude à quelle période se récoltaient généralement les abricots, il nous avait dit deuxième quinzaine de juillet. Globalement. Ils sont finalement arrivés avec un peu d’avance…

Quand nous avons ramassé les tout premiers, on s’est dit « regarde-les, les premiers de la classe ». Couleur, calibre, aucune imperfection. Tout beaux! En somme, les abricots un peu fayots qui font tout pour plaire à l’arboriculteur, en l’occurrence au maraîcher. Lèche-bottes va! On les a donc mangés sur l’arbre et transformés en clafoutis . Nous étions le 8 juillet et nous étions sereins. C’était l’échappée –  les premiers –  le peloton n’arriverait que plus tard. Jean-Claude avait dit deuxième quinzaine de juillet.

Il aurait presque pu faire partie du groupe « fayots »!

Nous ne sommes pas fans du tour de France – ici c’est la terre de l’Ardéchoise! – pourtant, après cette première cueillette, nous avons pris le pli de monter au verger tous les matins. Par acquis de conscience, pour vérifier que le peloton était encore loin, que l’échappée d’abricots fayots lui en avait mis plein la vue. Et il s’est avéré que le peloton était loin d’être à la bourre! Il était même tout près… Jean-Claude nous a confirmé qu’effectivement l’heure de la récolte avait sonné. Branle-bas de combat chez les maraîchers-néo-arboriculteurs!

Nous nous sommes donc attelés à notre première récolte d’abricots. On a essayé d’être organisés, je dis bien essayé car très vite, on s’est rendu compte qu’on était loin d’être au top! Ah ben mince, on a plus de caisses, il faut retourner à la ferme en chercher! Ah ben mince, j’ai pas la vareuse pour récolter les fruits des arbres tout près des ruches! Ah ben mince par ci, ah ben mince par là! Il faut savoir essuyer les plâtres, c’est comme ça qu’on apprend.

N’ayant pas de chambre froide, ce qui nous a pris réellement de cours, c’est la vitesse à laquelle peuvent s’abîmer les abricots. Ça va vite, très vite. Trop vite. Qu’on se rassure, nous ne nous étions pas imaginé les garder 3 semaines après la récolte hein! Néophytes mais pas idiots quand même! Il a fallu trier, retrier, re-retrier.  A chaque fois, il faut bien le dire, nous avons ressenti un pincement au cœur quand les poules se régalaient avec les fruits invendables. Une fois, puis deux, puis… Après deux marchés, nous avons pris le parti de transformer le reste de la récolte à l’atelier Nectardéchois. Atelier qui a le gros avantage de se situer à Pailharès – à quelques kilomètres de la ferme. Nous voulions assurer un minimum de valorisation pour cette première récolte. Nous avons donc pris rendez-vous pour transformer un peu moins de 200 kilos de fruits. Récolte faite, nous avons trié – sans trop savoir ce qui était ou non acceptable pour du nectar – et préparé les caisses. Encore. Les poules ont eu des abricots. Encore. Je crois qu’elles en ont eu ras le bec des abricots et qu’elles préfèrent la salade et les blettes.

Premier passage, deuxième passage, etc… et enfin, le dernier passage qui a des airs de balade champêtre!

Au petit matin, le Jumpy sentait bon l’abricot quand François a pris la route de Pailharès. Après un nouveau tri à l’atelier- on vous l’a dit, on fera mieux l’an prochain – les abricots ont été mis en bouteille. Littéralement, enfin presque! Après un peu moins de 3 heures, François chargeait les caisses. Des caisses de nectar cette fois-ci! De belles bouteilles remplies de nos abricots, encore toutes chaudes – pasteurisation oblige – et prêtes à être stockées sans risque. Ouf! Nous avons pu souffler, la casse était finalement limitée et l’épisode « abricots » tirait à sa fin. Après ça, nous avons fait un dernier passage et cette dernière session de récolte nous a permis de préparer 10 kilos de confiture. Un bonheur de préparation quand il fait si bon chaud dehors!

Mise en bouteille des abricots

Voilà, notre première épopée de récolte – ça en a l’allure vous en conviendrez – est bel et bien terminée. C’est loin d’être une belle récolte – en poids – mais on se dit que ça n’est pas plus mal d’essuyer les plâtres sur une petite récolte. Pour une première année de conversion et vu le peu de traitements que nous avons fait – rappelez-vous l’impossibilité de trouver un créneau pour les traitements sur fleurs – au fond, nous ne sommes pas mécontents. Pas mécontents d’avoir su réagir quasi à temps et contents d’avoir appris par l’expérience. Par exemple, nous n’attendrons pas autant avant de prévoir un créneau – ou deux – de transformation…

Et puis, la récolte des abricots, c’est aussi  de  belles tranches de rigolades et de beaux craquages de fin de journée – le mélange fatigue + chaleur est détonnant – la promesse de belles tartines et de délicieux gâteaux roulés, la dernière heure de récolte avec la tribu Chauvin – pas moins de 3 générations pour nous prêter main forte.  En résumé, c’est une nouvelle collection de souvenirs qui sentent bon l’été, le soleil et … l’abricot!

Parfait exemple du craquage de fin de journée.


Pour celles et ceux qui peuvent être intéressé(e)s par nos produits, n’hésitez pas à nous contacter! Quelques petites informations complémentaires:

Le nectar est préparé avec 40 % de fruits minimum – nos fameux abricots Bergeron – de l’eau de source et du sirop de sucre biologique.
Tarif : 3,50 € la bouteille de 1 litre

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Les confitures sont préparées avec 55 gr de fruits bien mûrs pour 100 g de confiture. Nous utilisons uniquement du sucre de canne biologique et n’ajoutons ni pectine, ni gélifiant d’aucune sorte.
Tarif : 2,80 € le pot de 275 grammes – 4 € le pot de 450 grammes

 

NB: Aucune mention AB sur ces produits puisque nos abricots sont en conversion vers l’agriculture biologique.