Fin d’hiver et début de printemps: les mots clés!

Peut-on parler de fin d’hiver alors que ce même hiver a été aux abonnés absents et n’a jamais vraiment commencé? Vous avez 4 heures et pas d’excuse pour vous dérober, tout le monde – ou presque – est confiné.  Ah l’humour concon(fini)!

Qu’on s’interroge ou non sur le concept de « saisons », il faut être réaliste: du point de vue du calendrier, nous sommes bel et bien au printemps, l’hiver est fini. Le temps file en somme. Il était donc temps de vous donner quelques nouvelles de la ferme. De vous raconter un peu ce qu’il s’est passé depuis LA nouvelle. Pour ceux qui auraient raté ce qui restera, c’est certain, le bouleversement de l’année – et pour nous, non ce n’est pas le covid! – c’est par . Histoire d’innover, cette fois-ci, j’ai décidé d’opter pour des mots-clés! Vous pouvez donc choisir quel paragraphe lire: aucune obligation de se farcir tout mon blabla!

  • HAIES

En décembre, François suivait, avec AgriBio Ardèche, une formation sur les haies. En collaboration avec la mission Haies Auvergne-Rhône-Alpes, ces 2 jours de formation avaient pour objectif de donner, à chaque participant, un maximum de clés pour réussir la mise en place de haies. Selon ses objectifs et ses contraintes. Le plus de la formation était la possibilité de faire une commande groupée auprès d’un pépiniériste de la région mais aussi de bénéficier d’une aide financière pour l’achat des plants. C’était l’occasion rêvée pour remettre à plat nos envies de haies pour la parcelle de maraîchage – jusqu’ici, nous avions planté uniquement une tripotée de noisetiers récupérés en Franche-Comté –  et de, concrètement, mettre en œuvre tout ça.

Des haies sur une parcelle de maraîchage, mais pourquoi?

Notre ferme est située sur le Serre du Grand Courin, en plein vent, sur un sol bien séchant. Un des objectifs était donc de « casser » le vent pour protéger les cultures du dit-vent mais aussi afin de limiter l’assèchement au niveau des sections de culture et ça, tout en évitant de mettre tous les légumes à l’ombre! Notre second objectif était de ramener de la biodiversité sur la parcelle. Offrir gîte et couvert aux auxilliaires, aux oiseaux, à toutes ces petites bêtes qu’on aime voir dans nos jardins. Pour protéger nos cultures, pour nous aider à combattre l’envahisseur – comprendre les criquets qui, on le sait, vont revenir –  pour polliniser.

Et finalement, en pratique, ça donne quoi?

Ça donne 105 (3 x 35 mètres) mètres de haies dites « basses » plantées. S’alternent des essences dites basses et d’autres plus hautes: du romarin, de l’épine noire, du laurier tin, de l’amélanchier des bois de la bourdaine, du néflier, du cornouiller sanguin, du viorne lantane, de l’aubépine, du nerprun, du camerisier à balais, du noisetier… que du beau monde en somme! Avec le printemps, ça bourgeonne sévère et ça nous ravit. Maintenant, on a hâte que ça grandisse, que ça prenne forme, que ça fleurisse et que du beau monde s’y installe.

  • CONSTRUCTION BOIS

Dans la to-do-list 2020 – et sur notre fameux PDE – , il y avait l’aménagement du bâtiment agricole. Nous avions listé les besoins: espace de stockage isolé et ventilé pour les courges notamment, espace de « vie » et bureau où on ne gèle pas en hiver et où on ne suffoque pas en été. Ce dernier « besoin » qui s’apparentait à un luxe est devenu plus urgent avec l’arrivée d’Ellie. Il nous fallait un coin confortable où elle puisse dormir. Oui, d’ici quelques temps, le moment sera venu pour moi de reprendre le chemin de la ferme…avec elle! Nous voulions que la structure soit modulable, démontable puisque nous ne sommes pas propriétaires du bâtiment…
Bref, à l’automne, un soir autour d’une fondue au chocolat, nous évoquions ça avec nos copains Marion & Antoine. Le lendemain, au petit-déjeuner, sur la table, il y avait un plan sur une page de cahier d’écolier. Des côtes, des références. Notre structure bois avait pris forme dans l’esprit d’Antoine. On a gardé précieusement cette feuille, François s’est attaqué aux devis, aux commandes et fin février, le temps d’un week-end, Marion & Antoine sont venus prêter main forte à François. Le chantier était lancé et les coups de main ont continué! Flavien – malgré lui, à la base, il était venu rencontrer Ellie – la team Chauvin – pour la pose du 1er « module toit » – mon Papa – encore et toujours – Claude – pour le prêt de sa super scie.
A ce jour, ce n’est pas tout à fait terminé… La situation actuelle prive François des bras de son beau-papa préféré et de fournitures diverses et variées. Malgré tout, le résultat promet à Ellie de belles siestes, à ceux qui bossent de chouettes pauses café et aux courges un hiver parfaitement tempéré!

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  • CLÔTURE & PROTECTION

Clôturer, protéger, qui et pourquoi? Rappelez-vous, en novembre, nous plantions une petite flopée d’arbres fruitiers sur notre parcelle agroforestière. Des arbres en devenir, de belles promesses de fruits. Mais cette parcelle n’était pas déjà clôturée?  Effectivement, nous avions clôturé au printemps dernier afin que Tino et Jean-Guy – nos ânes chargés de mission en espaces verts – se substituent au passage du combo tracteur+girobroyeur. Si  certains nous imaginent poser une double clôture pour la beauté du geste, sachez que malgré les apparences, on n’est pas si décérébrés et que la clôture, c’est pas une passion! Non, s’il a fallu revenir sur certaines portions de clôture, c’est parce que tout le monde, au contraire des ânes, ne se satisfait d’un ou deux rubans pour visualiser correctement les limites de son territoire. Pour certaines, il faut du grillage. Vous l’aurez compris, notre équipe « espace vert » s’agrandit! Elles se sont – bêlement de tambour – nos 2 futures brebis! Tout droit venues de Longue Vie, on leur cherche un p’tit nom. Si vous êtes inspiré, n’hésitez pas à nous faire part de vos inspirations! Merguez et Feta, c’est quand même pas top…

Voilà donc pourquoi il a aussi fallu protéger tous les jeunes arbres de la parcelle. Et oui, on ne peut pas tout avoir, des tondeuses écolos et de très jeunes arbres! François a donc coupé du châtaigner pour faire des piquets. A raison de 3 piquets par arbre, avec 65 arbres, ça en fait un petit nombre. La mise en place des piquets s’est faire avec l’aide de quelques bras volontaires – merci Papa, merci Arthur! Ensuite, Camille s’est chargée de fixer le grillage sur ces supports et d’apporter une belle épaisseur de broyat au pied de chaque arbre…

Du côté du verger d’abricotiers, nous utiliserons des parcs mobiles, achetés d’occasion et retapés par Camille. Les abricotiers n’étant plus des p’tits jeunes, pas besoin de les protéger.

  • ECOLE

En mars, juste avant les évènements que l’on connaît, François est retourné à l’école primaire. Il s’est ainsi glissé, le temps d’une journée, à la place des enseignants. Pas question de mathématique, de lecture ou de géographie, non, mais plutôt de légumes, de saisonnalité et de semis.

A l’origine de cette belle expérience, le programme En Vie de Fermes porté par le CIVAM et l’agglomération. Et puis la motivation des enseignantes des écoles privée et publique de Saint-Félicien. François est ainsi intervenu le matin avec la classe de CP-CE1 de l’école privée. 11 élèves motivés pour le baptême du feu. L’après-midi fut un peu plus sportive avec les 25 élèves de la classe de CP-CE1-CE2 de l’école publique. Il faut dire que l’annonce, la veille, de la fermeture des écoles pouvait faire considérablement monter le degré d’excitation de ce vendredi après-midi.

Nous avions préparé un petit topo sur la définition d’un légume, les différents types selon la partie consommée, la saisonnalité. C’est cette dernière notion qui a été la plus complexe à aborder. En même temps, quand sur le marché, on peut nous demander, en février, des courgettes, on se dit qu’une piqûre de rappel ne ferait pas de mal à beaucoup de consommateurs! Les élèves ont ensuite mis les mains à la pâte en réalisant des semis. J’avais préparé un petit guide simple de soin aux semis pour que chacun puisse prendre soin de son futur petit plant de tomate! L’aventure aurait dû se poursuivre, fin mai, par une journée entière à la ferme, entre visite et ateliers. Evidemment, c’était sans compter sur l’arrivée du Covid…

  • MARE

« Vous voudriez pas creuser une mare sur votre ferme? » Tout est parti de là. De cette question d’Arthur. On ne va pas se mentir, quand il s’agit d’accueillir de la biodiversité sur notre ferme, d’offrir le gîte et le couvert à de nouveaux copains, on s’avoue toujours tentés. Tentés, on l’était mais clairement, avec Ellie qui devait pointer son nez, on avait décidé de faire d’elle une priorité et de ne pas voir trop grand question chantier. Une mare, c’était bien beau mais fallait la creuser! « J’organise un chantier avec le groupe d’herpétologie de l’Ardèche. Si vous êtes partants, on commence chez vous! ». Ca devenait franchement tentant cette histoire-là. Après avoir mis à plat les contraintes principales – pour rappel, sur le haut de Serre du Grand Courin, le sol est plutôt séchant, pauvre en argile et dans le coin, les excès d’eau, connaît pas – les limites – pas d’investissement sonnant et trébuchant donc pas d’achat de bâche ou de quelconque matos – on a finalement pensé à ce petit coin toujours un peu humide, entre la parcelle de maraîchage et la parcelle agro-forestière. Juste là où s’écoule le drainage de la parcelle maraîchère. Arthur a dit Vendu! On a dit Banco!

Début mars, François et Arthur se sont retrouvés pour le fameux chantier. La grisaille et l’heure matinale pour un samedi ont eu raison de la motivation de certains. Mais à deux, on se motive! Après un passage de rotavator pour détruire la prairie et un de motobineuse pour ameublir tout ça – motivés mais pas idiots les gars, il faut savoir s’économiser – ils ont pioché, pelleté, pioché, pelleté [refrain x 10]! La tomme de Savoie, les rillettes de truite concoctées par Arthur, le cake aux poireaux et le petit verre de vin qui va bien, bizarrement ça fait arriver les gens! L’après-midi, c’est donc avec du renfort, qu’ils ont continué à creuser puis à consolider les abords avec des pierres. Là encore, l’huile moteur a soulagé l’huile de coude! Une petite remorque de pierres avec Goldi en lieu et place d’un bon nombre de brouettes, c’est chouette! En fin d’après-midi, les sourires faisaient plaisir à voir et c’est, non sans un brin de fierté, que les courageux volontaires ont posé pour la photo destinée à l’Hebdo de l’Ardèche.

Encore une fois, on retient de cette histoire la force du collectif et la belle énergie qui s’en dégage! On remercie donc encore très chaleureusement Arthur, Julie, Claire, Romane, Jean-Claude! Sans oublier, Pénélope Berjon pour avoir choisi de mettre en lumière notre petit chantier.

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  • CONFINEMENT & ADAPTATIONS

Difficile d’évoquer le début du printemps sans parler du confinement et de la situation inédite dans laquelle nous nous trouvons. On nous a posé souvent la question de l’impact de cette situation sur l’activité. Comme tout le monde, il a fallu ajuster, s’organiser. Tout bonnement s’adapter. Après, il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que nous ne sommes pas les plus à plaindre puisque nous pouvons continuer notre activité. On pense à tous ceux pour qui ce n’est pas le cas – par exemple, les copains de Radicelles!

On attaque notre 3ème année sur la ferme et, si on répète souvent que l’installation ce n’est pas juste l’année 1, globalement, nous avons un outil de travail qui fonctionne. On n’ose pas imaginer cette situation en 2018, quand nous partions d’une page blanche et que tout était à faire…
Alors oui, le chantier de construction bois – voir mot clé correspondant – est en stand-by parce qu’il manque des pièces et du matos, oui, les bras de mon Papa manquent aussi un peu, oui, l’acier commandé pour finir les portes de la seconde serre mobile est toujours dans la Loire. On attend, on reporte, on s’adapte. De fait, on a décidé de bouger la 2ème serre – ah la mobilité des serres! – et de la coller à la 1ère. François a « juste » eu à démonter une porte et à la remonter et à fignoler un système provisoire pour bâcher l’interstice entre les 2 serres. On voulait 2 petites serres, on en a une grande jusqu’à nouvel ordre. Camille me remplace toujours, pour les plants que nous ne faisons pas, le pépiniériste a mis en place des conditions de retrait adaptées à la situation… l’essentiel est donc assuré, ouf! Et puis la nature se fiche du confinement, le printemps aussi. Les légumes poussent et il faut…les vendre! C’est finalement pour la vente de nos légumes que nous avons modifié notre organisation.

Avec l’arrivée d’Ellie, nous avions prévu que François retrouve le rythme de croisière des marchés seulement à la mi-mars. On aurait voulu se mettre d’accord  avec le Covid19, on ne s’y serait pas mieux pris! S’est donc posée la question du dit-retour sur les marchés. Face à l’incertitude du maintien ou non des marchés, on s’est dit qu’il allait falloir trouver une solution de repli… Fallait-il encore la trouver! C’était sans compter  l’idée lancée par Brice – le gars qui se cache derrière les bouteilles de vin nature Morlanche et La Mouna. L’idée – mettre en relation les producteurs et les citoyens à l’échelle du Pays de Saint-Félicien – a vite pris racines dans le terreau (fertile) du réseau Terroir Pays de Saint-Félicien. Et puis, elle s’est développée, envolée grâce à Camille & Manu qui, en l’espace de quelques heures, ont proposé une petite plateforme. Désormais, nos légumes, nos oeufs et autres petites productions s’en vont retrouver les consommateurs à travers des paniers. Très vite aussi les copains brasseurs de Longue Vie, à Saint-Victor et les copains de Morlanche, à Arlebosc ont proposé d’être « points de retrait » pour nos paniers. Aussi tôt dit, aussi tôt fait! Désormais donc, pour nos productions, tout se passe par là: clicliclic. 
Et puis, on s’est aussi organisé avec Matthieu, de la Ferme Péi à Saint-Romain d’Ay. J’ai rencontré Matthieu lors d’une formation permaculture, en décembre 2018. Installés depuis 2019, à la Ferme Péi, on peut trouver des poulets de chair, des oeufs et des légumes AB. En ce début de printemps, Matthieu manquait de légumes pour leur petite boutique à la ferme. Il a pensé à nous et à nos éventuelles difficultés à écouler notre production. Depuis quelques semaines, une partie de nos salades est donc pour sa boutique, le temps que les siennes poussent… Du gagnant-gagnant, merci Matthieu!

La conclusion de tout ça: la force du collectif et du « faire ensemble »! On n’a pas attendu cette épidémie pour en faire notre philosophie mais, cette situation bien particulière nous conforte dans l’envie de « faire ensemble » plutôt que « faire contre ». Et puis, mince, ça fait toujours un bien fou au moral de savoir qu’on est entouré, qu’on peut compter sur de très chouettes personnes. On en profite pour remercier Coline & Flo, de Longue Vie et Lisa & Brice, de Morlanche: les copains font la force!

  • PREPARATION & PLANTATIONS

Évidemment qui dit fin d’hiver-début de printemps, dit période de préparations-semis-plantations! Cette année, j’ai échappé aux sessions « fumage » des sections de culture. Pas de tendinite à l’épaule à force après des heures à épandre du fumier, hourra! Bizarrement, ça ne m’a pas manqué…  En vrac, il y a eu les plantations d’oignons, d’échalotes, d’ail, celles des pommes de terre nouvelles – sous serre – puis celles des pommes de terre de conservation, l’installation des tunnels nantais pour abriter salades et épinards, les semis de carottes et de radis, la préparation de la serre pour les légumes d’été, les semis de tomates, courges, courgettes, pâtissons, concombres, cornichons, pastèques, poivrons, les premiers repiquages de tomates et de courgettes et de nouveaux essais de contre-cultures… D’ici quelques jours, arriveront d’autres tomates et courgettes, et puis les aubergines, les poivrons et les concombres. De quoi, on l’espère, se régaler à l’été venu!

  • LE MOT DE LA FIN ? PORTEZ-VOUS BIEN!

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