L’Abeille et la Blette, le projet plus en détails.

Derrière l’Abeille et la Blette, il n’y a pas qu’une ruche et un plant de blettes – ou de bettes selon certains – il y a un projet professionnel et un projet de vie. Il y a des légumes de saison, des abricotiers, des ruches et un petit poulailler. Des productions complémentaires, des équilibres à préserver ou à construire, une vie qui se ré-imagine.

La genèse du projet

L’idée du projet est née d’un questionnement aussi simple qu’indispensable et lapidaire: sommes-nous réellement satisfaits de la vie que nous menons? Ayant pris le temps d’y réfléchir sérieusement , le constat a été clair. Nous ne trouvions finalement que très peu de sens à nos vies professionnelles respectives et cela risquait d’influer très – trop – sérieusement sur notre vie personnelle. Une fois ce constat fait, il a fallu le comprendre, l’analyser voire le digérer et enfin, en faire une force, notre moteur. Au lieu de nous enliser, nous avons décidé de rebondir!

Alors, nous sommes partis voyager en Amérique Latine. Nous sommes partis pour apprendre et réfléchir, encore. Pour frotter et limer nos cervelles contre celle d’autrui comme l’écrivait Montaigne. Puis, nous sommes rentrés en France, riches de rencontres et d’apprentissages. Riches surtout de la nouvelle orientation que nous voulions donner à notre vie. L’idée qui avait germé dans nos têtes avant le départ ne s’était pas envolée ni perdue dans les confins de la Cordillère des Andes. Au contraire, elle s’était épanouie, nourrie. Nous avons alors commencé à mettre les mots, à la formuler pour de bon cette idée: nous voulions faire du maraîchage selon les principes de l’agriculture biologique, créer une ferme. La nôtre et celle de tous les possibles!

Et nous avons rebondi. Haut. Loin, jusqu’en Ardèche. Nous n’imaginions peut-être pas la puissance de ce rebond mais nous sommes loin d’en être déçus. Les mots ne sont pas restés que des mots, des faits les ont traduits et aujourd’hui, l’aventure a bel et bien commencé.

L’activité principale: le maraîchage

Le cœur de notre projet est le maraîchage selon les principes de l’agriculture biologique. Nous avons décidé de cultiver des légumes diversifiés et de saison, en respectant l’environnement et les équilibres qui lui sont liés. L’ensemble de nos légumes est certifiée AB et porte la mention Nature & Progrès.

Si une surface totale d’environ un hectare est dédiée au maraîchage, nous ne cultivons, chaque année qu’une partie de celle-ci afin d’assurer de bonnes rotations et des périodes de jachère pour préserver notre sol.

Des ateliers complémentaires

Des fruits

Un verger d’abricotiers est déjà en place sur les terres de Pojot et il n’est pas question de l’ignorer et de laisser l’amarante l’envahir!  Nous apprenons donc à prendre soin d’un verger afin de profiter de ses fruits gorgés de soleil  à l’été venu. Nous vendons nos abricots en frais ou transformés sous forme de nectar et de confitures. Le verger est en 2ème année de conversion vers l’agriculture biologique.

En février 2019, nous avons initié, dans le cadre d’un projet agro-forestier, la plantation d’un verger diversifié sur une parcelle jusque là laissée un peu de côté. Nous avons planté un peu plus d’une vingtaine d’arbres: des pommiers de plusieurs variétés, des cerisiers ainsi que des pruniers Reine-Claude. A l’automne 2019, nous avons poursuivi notre entreprise en plantant 45 arbres: pêchers, poiriers, abricotiers, nashis, amandiers, actinidiers, cormiers… Nous choisissons des variétés anciennes, adaptées à notre sol et notre climat. Nous comptons, petit à petit, poursuivre ces plantations. Ainsi, d’ici quelques années, nous pourrons donc proposer à nos clients une gamme de fruits plus élargie.

Des abeilles

Depuis le début, les abeilles ont fait partie de notre projet. Elles sont indispensables au jardin et à l’environnement en général, aussi nous avons choisi d’en glisser une dans le nom de la ferme! Nous n’avons pas prévu de développer d’atelier d’apiculture, d’autres que nous le font admirablement bien et c’est un sacré travail, mais nous avons installé deux ruches au printemps 2018 près de nos jardins et un apiculteur voisin a installé quelques unes de ses ruches sur notre verger. Les abeilles ne chôment pas et assurent un sacré travail de pollinisation!

Des œufs

En juin 2019, ce sont de nouvelles camarades emplumées que nous avons accueillies: les poules pondeuses. Elles sont logées en roulotte -poulailler mobile – et gambadent sur nos différentes parcelles, au gré de nos humeurs et des ravageurs. Elles se chargent de recycler les déchets de récolte, des déchets verts du jardin mais aussi de protéger nos cultures: elles chassent le criquet, le taupin et bon nombre de petits indésirables qui s’attaquent aux légumes. Elles peuvent aussi protéger les ruches – le frelon asiatique ne semble pas leur faire peur – et les vergers. Nous imaginons donc également les installer dans notre nouvelle parcelle agro-forestière! Enfin, elles nous offrent une jolie production d’oeufs frais, désormais certifiés AB, que nous proposons à la vente sur les marchés.

Et puis l’environnement

L’environnement est une composante à part entière de notre projet. Il est impensable d’imaginer produire des légumes, des fruits ou encore des œufs sans réfléchir aux impacts de l’environnement sur ces productions et de ces productions sur l’environnement. Une histoire d’influences réciproques. Nous essayons donc de penser notre ferme comme un tout, un ensemble cohérent et équilibré.

Nous avons commencé à planter des haies diversifiés et, c’est certain, c’est loin d’être fini!  Les haies ont de multiples fonctions et sont de véritables atouts. Elles peuvent, tour à tour, protéger des vents, servir de refuge à toute une faune d’alliés précieux au jardin, être des corridors biologiques et même receler de petits fruits qui feront de belles confitures.

Nous plantons des engrais verts afin de nourrir et protéger le sol et d’en améliorer les potentialités. En 2018, par exemple, nous avons semé du sorgho fourrager afin d’apporter de la biomasse à nos sols très drainants. Près de nos cultures, nous mettons également en place des bandes de jachères fleuries qui contribuent à restaurer un milieu favorable aux insectes auxiliaires et aux pollinisateurs… Nous pratiquons des associations de cultures afin de tirer avantage des complémentarités et des potentialités de chacune. Enfin, nous aimons à répéter l’adage qui veut qu’il n’existe pas de mauvaises herbes simplement des plantes dont on ignore les potentialités et essayons d’utiliser au mieux celles qui s’invitent par chez nous!