Pour 2019, vaste programme et rêves en grand!

Il y a deux jours, nous  avons planché sur le planning de cultures 2019. Il était temps de prévoir notre calendrier de semis mais aussi de réviser le planning à envoyer au pépiniériste – on ne sera pas autonomes pour les plants cette année non plus ma bonne dame! – et, en l’espace d’une demi-journée, nous avons traversé le printemps, l’été et nous sommes arrivés jusqu’aux derniers repiquages d’automne. En l’espace de quelques heures, nous étions presque à la fin de l’année 2019. Nous avons alors réalisé que nous avions failli à la tradition des bons vœux.  Nous espérons donc que cette nouvelle année sera douce, riche de rencontres et de découvertes, pleine de paix. Nous espérons aussi que 2019 verra, enfin, des avancées significatives dans différents domaines… En termes de politiques agricoles avec la nécessité de défendre une agriculture paysanne, à taille humaine et qui permette de vivre de son travail. D’ailleurs, on n’oublie pas, pour ceux qui peuvent, de voter aux élections des chambres d’agriculture. Ca se passe la deuxième quinzaine de janvier ! En termes de climat et d’environnement avec la nécessité d’engager des mesures concrètes pour prendre en compte le changement climatique – et ses conséquences – et (tenter de) changer de paradigme.  Et puis toujours, la nécessité de lutter pour préserver nos droits sociaux, la justice sociale et la solidarité – lire et relire « nos jours heureux », programme du CNR peut s’avérer salutaire. Vaste programme donc pour 2019! Il va en falloir du courage et de l’énergie !

Du côté de la ferme, il va aussi nous falloir de l’énergie! Notre campagne de financement participatif terminée avec succès – encore un immense MERCI à tous nos généreux contributeurs – il va être temps de passer à la phase de réalisation! François va donc se pencher à nouveau très sérieusement sur les plans des futures roulottes à poulettes, nous faire quelques croquis et des listes de matériel… Nous allons également  plancher sur le plan du futur verger diversifié. Si nous avons en tête les espèces que nous souhaitons implanter, il faut que nous réfléchissions aux choix de porte-greffes, que nous posions sur le papier les écarts, la disposition, les cheminements… il nous faut un plan quoi!  Nous allons voir ce qu’il est possible d’implanter au printemps et ce que nous devons commander pour l’automne prochain – hop, encore un bond dans le temps! Parce que parfois nous en avons ras le bol d’être dans des projections sur le papier, nous avons mis nos bonnets et nos gants et nous avons planté une première dizaine d’arbustes mellifères aux abords de la serre, de façon à créer une petite haie basse, diversifiée et plutôt sympa pour les butineurs…

Toujours du côté de la ferme, juste avant les fêtes, nous avons fait une réserve de paille pour pouvoir envisager sereinement le paillage des repiquages de fin d’hiver et de printemps. Cette fin d’automne, nous roulions à l’économie et c’était, il faut bien l’avouer, loin d’être optimal. La paille était devenue une sorte d’obsession pour nous ! Il faut dire qu’entre la sécheresse imposant une certaine rareté du produit et nos contraintes – pailles non traitées et qui puissent être livrées – on commençait à être pas très sereins. Nous voilà satisfaits mais surtout mieux armés pour l’année prochaine. Petit à petit, on trouve les contacts, on collecte les infos. Au fond, on en revient toujours à l’importance du réseau et de l’entraide!

Du côté des marchés, nous avons inauguré juste avant les fêtes notre nouvelle bâche de marché et, notre logo – le travail de Chloé – a remporté un joli succès. Attendez de voir le Jumpy floqué à nos couleurs! Autre fait notable, François est à ce jour le vendeur de l’année 2019 puisque c’est lui qui a débuté la saison 2019, mercredi 2 janvier à Annonay! Je m’étais chargée dimanche, sous un vent glacial, de terminer – sans beaucoup d’éclat – la saison 2018. Eh oui, les légumes se faisant plus rares, un peu moins diversifiés, les marchés se font plus petits. Si on l’avait prévu, on en revient à penser à ces satanés criquets et à tous les choux qu’ils ont boulotté sans vergogne… Ce sont bien ces choux qui commencent à sérieusement nous manquer ! Enfin, ce premier hiver nous permet déjà de prévoir quelques ajustements pour le prochain… Et puis avec des petits marchés, on aura moins (pas) de scrupules à nous échapper pendant – roulement de tambour – une semaine ! Ne vous frottez pas les yeux, vous avez bel et bien lu, une semaine ! Une semaine de vacances! Je ne sais pas si vous imaginez ce que ça représente? Une sorte de graal ! Ou alors une énorme bouffée d’air! Ou alors le sas de décompression! Bref, on danse déjà de joie et on compte les dodos avant de prendre la poudre d’escampette! En plus, ça y est, on peut le faire en utilisant juste nos deux mains – on le faisait pas quand il fallait utiliser nos pieds!

Avant ça, on va continuer à préparer la saison qui approche et à faire le bilan – comptable mais pas que – de la première. Enfin surtout moi, puisque François lui s’en va dans le Lot dès demain. Il part pour une première formation à la traction asine, à  l’Ecole Nationale des Anes Maraîchers. Pour ceux qui se le demanderaient, Tino reste à Pojot avec moi. L’idée serait de lui trouver un petit pote, petit pote qui pourrait être dressé pour travailler en maraîchage. Enfin, ne mettons pas l’âne avant l’outil, attendons plutôt le ressenti de François après ces 3 jours d’âneries et laissons Tino continuer à tranquillement entretenir sa parcelle!

Vaste programme donc pour 2019! Il va en falloir du courage et de l’énergie ! Mais, comme toujours, nous sommes bien décidés à rêver en grand. En très grand même quitte à faire !

Le mois de juin? Pas vu passer!

Nous voilà déjà en juillet et nous avons l’impression de ne pas avoir vu passer le mois de juin. Pourtant, il s’en est passé des choses! Comme toujours, il est bon de jeter un œil par dessus son épaule. Histoire de regarder ce qui a été accompli et ne pas toujours voir ce qu’il reste à faire!  Ce qu’il faudra faire, ce qu’il faudrait faire… Les conjugaisons prennent ici toutes leurs nuances! On apprécie aussi de faire très régulièrement des photos. Pour vous, « aujourd’hui je prends l’appareil. Comme ça, on pourra mettre quelques photos sur le site » et pour nous. Pour se rendre compte à quel point tout évolue et à quel point tout évolue VITE.

En mai, nous faisions nos premiers marchés. A deux, pour que les gens impriment nos deux bobines. En juin, nous avons continué les marchés mais en solo. Chacun son tour. Nos bobines commencent à être enregistrées, nos liens aussi – « Mais la semaine dernière c’était un grand jeune homme qui était à votre place? Oui c’est mon compagnon, François. Ah c’est votre mari et du coup, vous l’avez mis au jardin aujourd’hui, vous avez bien fait! ». Enfin, parfois, on peut avoir des surprises! « Vous êtes nouvelle non? Oui, la semaine dernière vous avez peut-être vu mon compagnon, François. Ah oui! Il est pas très grand, avec des petites lunettes non? «  A chacun son référentiel, mais François est très souvent qualifié de grand. Pour ce qui est des lunettes, il n’essaie pas de se créer un personnage. Du moins, pas jusqu’à maintenant! Les marchés donc se suivent, ne se ressemblent pas forcément. Globalement? Pour notre première saison, on est contents! Comme dirait Louis, ça se fait pas en un jour!

Et celui qui n’est pas derrière l’étal, ne fait pas la grasse mat’ pour autant. A la ferme, il faut toujours biner, repiquer, désherber, re-biner, débroussailler, pailler, bricoler, réparer, inventer, gérer l’administratif… De ce côté-là, nous avons enfin reçu l’autorisation d’exploiter. C’est officiel, nous avons le droit de cultiver les terres que nous louons. Pour ceux qui en douteraient, on a effectivement pris un peu d’avance…. En termes d’administratif, nous avons participé à la disparition d’au moins une forêt lorsqu’il a fallu justifier de notre installation. La DJA ayant été accordée, il fallait que soit contrôlée l’installation effective de François. L’imprimante a tourné à plein régime: copies de la très grande majorité des factures justifiant de nos investissements, relevés bancaires… une forêt!

Du côté des légumes, juin a été marqué par la mise en place des légumes d’automne. Déjà? Oui, alors qu’on attendait fébrilement le rougissement des premières tomates, la première récolte d’aubergines, nous pensions aussi aux choux et aux poireaux! Parlez donc des poireaux à  Marion – notre copine en or qui est toujours là dans les bons moments. Comme le retournement du fumier! –  elle pourra vous expliquer comment les repiquer!

Nous avons aussi commencé à récolter un peu de pommes de terre nouvelles pour compléter notre étal. Bientôt, pour les Mona Lisa, il va falloir prévoir le chantier récolte! Heureusement Goldy est réparé et sera de la partie. Nous avons eu quelques soucis mécaniques avec notre copain articulé. Alors que François s’était (enfin) attaqué à la fauche du verger – Non pas que François ait traîné, mais plutôt que dans l’ordre des priorités, il y avait plus prioritaire – après quelques rangs, Goldy a tout bonnement décidé de … ne plus tourner! « Marine, le tracteur veut plus tourner, je redescends! » Évidemment, ce n’était pas prévu! Mais comme toujours, nous avons appelé Jean à la rescousse et en bon surhomme qu’il est, Goldy était sur roues dans un délai plus que raisonnable. Vous vous en doutez, désormais, le verger est tout propre, bien fauché! Heureusement car les abricots pointent leur nez et pour la récolte, c’est quand même plus sympa…

Et puis, il y a aussi eu l’arrivée des criquets et on s’en serait bien passé. Si les doryphores se chassent facilement, le criquet est sacrément plus vif! Ils se régalent des jeunes plants repiqués, sans trop faire les difficiles. Céleri, salade, chou, poireau, tout est bon! Si nous nous attendions au débarquement des doryphores, les criquets, on n’y avait pas pensé. Nous faisons donc tourner nos méninges à plein régime pour trouver une solution qui soit efficace et gérable… Quoi qu’il en soit, espérons que ça n’annonce pas les neuf autres plaies d’Egypte car les moustiques, la grêle, les grenouilles ou les furoncles, non merci!

En attendant, on continue comme ça et on en reparle fin juillet.

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Prendre le temps d’observer

Parfois, il faut savoir se contenter de regarder. C’est ce que nous faisons chaque jour. Chaque matin, avant d’attaquer la journée, nous faisons le tour de nos jardins et nous observons. C’est important de savoir regarder. Pour réagir quand les pucerons ou l’altise commencent à s’installer, remarquer les prémices de l’oïdium ou du mildiou, juger du besoin de désherbage, évaluer la croissance des plants et prévoir les futures récoltes, dénicher et faire sa fête au ver qui a eu raison de la salade… Chaque matin, nous observons donc pour décider et agir en conséquence. Et puis souvent, quand la journée s’est étirée et qu’elle est sur le point de se terminer, nous refaisons un tour. Pour le plaisir cette fois, pour la satisfaction du travail accompli. Et aussi pour se remplir les yeux de ces paysages et de cette ferme que nous avions imaginée et que, peu à peu, nous créons. Pour cette fois-ci donc, on vous propose de simplement regarder…

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