Quand le climat se dérègle, aventures quotidiennes et sautes d’humeur.

Vous avez peut-être supposé que nous avions disparu, que nous étions finalement entrés dans une profonde phase d’hibernation ? Si nous avons, le temps d’une semaine de vacances à randonner loin de l’Ardèche, pensé nous échapper plus longtemps, comme repiqués par le virus de la bougeotte, les anticorps développés pendant notre année à St Fé’ ont vite réduit à néant le risque de rechute. De retour en terre ardéchoise, nous avions bien trop de projets en tête pour trouver le sommeil. Et puis avec ce redoux aussi fou qu’inquiétant, notre hibernation aurait déjà pris fin… En conclusion, pas de disparition, pas d’hibernation mais un mois de février qui file vite – forcément me direz-vous, avec 28 petits jours – des températures incongrues et nos humeurs qui osent les figures les plus folles. Un pot-pourri d’aventures quotidiennes!

Du côté de la pépinière – une des notes de fond du dit pot-pourri – il y a eu la reprise des semis. Clayton de Cuba, arroche rouge, blettes de couleur, chou rave, roquette, betteraves rouge et tous leurs amis. Jusqu’ici, on arrive à se tenir – ovation de nous à nous-mêmes – aux dates du calendrier lunaire. Les paris restent ouverts pour savoir jusqu’à quand cela va rester possible !

Dans la catégorie note de fond, il y a aussi les repiquages qui ont recommencé à rythmer nos semaines. Notamment les semaines paires où nous devons récupérer les plants commandés. Pour ceux qui seraient tentés de vérifier, oui nous devons aller chercher des plants cette semaine. Salades et betteraves rouges, ça reste sage… Quoique la serre commence à être bien, bien pleine !

Nous avons aussi pu planter nos pommes de terre précoce au nom pompeux – les Belles de Fontenay, rien que ça – le fameux vendredi aux « 3 étoiles légumes racines » du calendrier lunaire. Et alors ? Jusqu’ici, rien de phénoménal, on a plutôt l’impression que les pommes de terre Miss France – attention humour intempestif ! – n’y mettent pas vraiment du leur pour égayer le pot-pourri… Toujours côté parfum et plantations, nous avons fait nos premières plantations au grand air : ail, échalote et première session d’oignon. Si à la plantation le parfum reste léger, normalement, dans quelques mois, lors de la récolte, ça devrait donner une note de tête difficilement oubliable et plutôt persistante…

Quitte à parler parfum, parlons fumier ! Nous avons enfin trouvé du fumier bio et local – hip hip hip hourraaaa – et surtout, trouvé le moyen de le ramener sur nos terres. Je vous imagine sourire mais le fumier bio, ça reste un sacré casse-tête. Surtout quand, comme nous, vous n’avez pas de GROS tracteur avec une GROSSE benne pour le transporter. En bref, au détour d’une chanson folk à l’Effet Local, François a dégoté du fumier de brebis bio, fallait-il encore pouvoir le ramener. Un creusage de méninges et un devis plus tard – tout n’est pas gratuit ma bonne dame – un GROS tracteur avec une GROSSE benne nous livrait 8 GROSSES tonnes de fumier en direct de la ferme de l’Hôte Antique. Joie, joie, ô joie !

Février a aussi, comme l’an dernier, le parfum de la taille des abricotiers. Évidemment, c’est une image car ça ne sent pas grand-chose. Sauf quand le voisin pratique l’écobuage. Nous avons (encore) perdu des arbres, gagné (un peu) en efficacité et, cette année, décidé d’étaler la tâche sur plusieurs semaines.

C’est à ce moment-là qu’on en vient à ce qui nous mine ces derniers temps : le dérèglement du climat. L’an dernier, souvenez-vous, pour célébrer la fin de la taille, François avait skié sur notre lac. Cette année, nous avons vu les premières fleurs sur les arbres. Cherchez l’erreur ! Ce bouleversement des saisons qui fait fleurir nos abricotiers bien trop tôt a le don de mettre notre humeur sans-dessus-dessous. Cela se traduit cliniquement par une alternance de phases combatives et de phases d’abattement qui se ponctuent généralement par, excusez la politesse, « monde de merde ». On se perçoit, de plus en plus souvent, comme des Don Quichotte qui se démèneraient pour essayer de construire quelque chose de pas trop bancal face à d’énormes moulins, mus par le vent des lobbys, de la finance et des politiques dont les intérêts sont bien éloignés de ceux de la planète et accessoirement des populations qui l’habitent. Il faut avouer que ça nous plombe (beaucoup) de se savoir face au mur, déjà bien trop près, et de voir que, ceux qui nous dirigent continuent à fermer les yeux, le pied collé au plancher, comme pour atteindre le crash au plus vite… Dans notre pot-pourri, c’est la note amère et sournoise, qui profite toujours d’un moment de fatigue pour trimballer ses effluves de morosité et de lassitude.

Évidemment cette note amère est régulièrement écrasée par le parfum pétillant et frais des projets qui prennent forme. Et comme on n’est pas (encore) complètement déprimés, on a même planté des arbres ! Les 24 premiers de la parcelle agroforestière dont on vous a rebattu les oreilles. Des pommiers, des pruniers et des cerisiers, tous droits venus de la pépinière de John de la Ferme des Genêts – plus local tu meurs !  Les prochains arriveront très probablement à l’automne.

Du côté des poulettes et de leur roulotte, nous avons dégotté, tout près de la ferme, un premier châssis de caravane. On remercie la passion Bon Coin de François! S’il ne restait à ce châssis déjà pas grand-chose de sa vie d’avant, François a vraiment fini de le mettre à nu. Désormais, tout est à construire ! On a décidé d’arrêter les plans après la formation « biosécurité en élevage avicole» – formation aussi obligatoire qu’elle semble peu passionnante – que je dois suivre dans quelques jours. Et les poulettes ? Les poulettes, c’est le casse-tête. Du moins, quand on veut à la fois être certifié bio et ne pas avoir un minimum de 100 poules. Pour avoir des poules prêtes à pondre certifiées, c’est un peu la croix et la bannière. Ça nous paraît surtout pas toujours très logique mais il faut dire qu’on n’a pas la même logique que le modèle agricole productiviste qui perdure… 25 poules, on n’a pas idée ! On a donc abdiqué: il faudra qu’on aille chercher nos nouvelles amies à plumes…dans le Gard. Vous imaginez bien que pendant la période « cherche ta poule », nous avons bien des fois ponctué nos phrases de « monde de m**** »… Les mignonettes arriveront donc probablement à la fin mai. Plus tard que ce qu’on avait imaginé mais, soyons optimistes, mieux vaut tard que jamais !

Dans notre pot-pourri d’aventures quotidiennes, il y a aussi une note animale. Une note qu’on pourrait presque qualifier d’asine si on oubliait Oka et son haleine parfois saisissante, Piou et nos poules retraitées. Il y a une quinzaine de jours, j’ai effectivement un peu oublié le chien, le chat et les poules puisque Tino a eu l’irrépressible envie de prendre la poudre d’escampette et de disparaître. Deux jours à crapahuter dans les environs pour le retrouver, tout notre réseau local alerté et un bourricot qui prenait du bon temps avec deux copines. Un parfum d’âne bien entêtant. D’autant que le bougre a choisi de disparaître pendant que François était en formation en Savoie. Comme on n’est jamais à l’abri d’un rebondissement, deux jours après avoir retrouvé Tino, nous étions à batailler pour que Jean-Guy grimpe dans le Jumpy – Merci Flavien pour le coup de main! Jean-Guy, c’est le nouveau pote de Tino. Un ânon fort fort mignon qui a déjà trouvé le moyen de rencontrer le vétérinaire et se promène affublé d’un cataplasme d’argile verte très seyant sur la croupe. On préfère vous éviter la description du truc pas jojo qu’il a à l’encolure. En bref, nous avons donc pendant quelques jours un nouveau rituel de soins à ajouter à nos péripéties quotidiennes…

Quoi d’autre dans le pot-pourri ? L’odeur de nos cerveaux qui chauffent, réfléchissent, tranchent et essaient de gérer au mieux les priorités en accord avec les valeurs qu’on s’entête à vouloir défendre, les effluves sucrées des crêpes, l’arôme fumé de la Satan says Ale – indice c’est une bière brassée à Longue Vie – les notes fraîches des ballades au grand air, l’odeur de la paille, le pêle-mêle de parfums de légumes quand on part au marché, les effluves de forêt et de sous-bois quand il faut fabriquer des piquets, les odeurs de terre quand on parle engrais verts et sols vivants avec PY et sa fourche-bêche, les relents entêtants du sans-plomb quand il faut débroussailler des ronciers pour dégager une terrasse oubliée… Bientôt aussi l’odeur de l’acier, celui de la nouvelle serre, achetée d’occasion, qu’il va falloir aller démonter dans la Loire – les copains sont déjà sur le coup pour nous prêter leurs bras et ça, ça fait toujours chauffer nos p’tits cœurs. Je ne sais pas si la soudure a une odeur, mais si oui, elle fera partie du pot-pourri car après la formation « Serre-mobile » avec l’Atelier Paysan, j’en connais un qui est ultra-motivé et qui va s’en donner à cœur joie, l’idée étant qu’à l’automne, on convertisse la nouvelle serre en serre mobile… Mais chut, c’est un secret!

Allez, hauts les cœurs et pas de haut-le-cœur, notre pot-pourri quotidien a quand même le parfum frais de la grande aventure!

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Ah, avant que j’oublie, on a aussi répondu à quelques questions sur notre projet. Vous savez déjà très sûrement tout mais si la curiosité vous titille, c’est par .

Décembre, c’est plus calme non?

On nous pose souvent la question et, on ne va pas se mentir, oui, le rythme ralentit avec l’hiver qui rapplique. Et surtout les jours qui diminuent ! Quand il faut se rentrer à 17h30, finalement, on n’est pas mécontents. Pour tout avouer, on a testé qu’une seule fois de travailler à la frontale. Il s’agissait de rentrer du bois, on se sentait en grande forme – genre pas assez fatigués – et on s’est dit, faisons ça à la frontale. Outre que les piles des lampes étaient faiblardes, il faut bien avouer que c’est pas génial. Pour ceux qui se demandent si la pile de bois a tenu, elle a tenu et a plutôt fière allure. Bref, tout ça pour dire que oui, le rythme a ralenti grâce à ces jours tout riquiquis.

Qui dit jour riquiqui dit aussi croissance ralentie. Autant dire que la fréquence de sortie de la binette a bien diminué et qu’on n’en a fini de la course au désherbage, au repiquage ou au semis. A cette époque de l’année, c’est sous la serre que tout se passe. Le plein-champ étant livré à lui-même – ou presque – c’est aussi du temps de travail en moins. On nous demande d’ailleurs souvent ce qu’il nous reste en plein champs, sans plus attendre, la réponse : des poireaux, des choux et des topinambours. Le reste – salades, chicorées, radis, blettes, épinards, carottes, navets – est bien à l’abri sous la serre. Du côté de la serre, on a aussi commencé à couvrir nos cultures avec du P17, histoire de garder un maximum de chaleur. Et c’est dans ces moments-là qu’on se dit qu’on a bien fait de s’embêter à tout  bien ré-enrouler au printemps. C’est tellement plus simple quand ça se débobine tout seul et qu’on s’empêtre pas dans les voilages !

Et du coup, si vous avez plus de temps, vous faites quoi ? Primo, on peut se permettre de dormir un peu plus. Alléluia ! Ça peut faire sourire mais c’est loin d’être accessoire. Puisque nous ne sommes pas entrés en complète hibernation – une idée pour l’an prochain – et que les légumes nous demandent un peu moins d’attention, c’est le temps de mettre en œuvre tous les travaux – menus ou pas – que nous avions délaissés jusqu’ici. Vous savez cette fameuse « liste de choses à faire à l’automne » devenue la « liste des choses à faire à l’hiver ». Par exemple, François s’est attaqué à la réfection/construction de la « maisonnette d’irrigation ». Si le système d’irrigation a été purgé et les asperseurs remisés depuis déjà quelques temps, il fallait toujours (re)construire le caisson extérieur qui abrite les vannes qui desservent à la fois le plein champ mais surtout la serre. Jusqu’ici, François avait bricolé un abri avec comme premier objectif de protéger l’électrovanne de la pluie. L’objectif était maintenant d’avoir quelque chose de bien isolé et de pratique. Comprendre : facile à ouvrir et fermer – j’ai une forte tendance à râler si ça ne l’est pas, qui plus est quand il s’agit d’arrosage, tâche qui m’ennuie au plus haut point…  C’est d’autant plus important que durant l’hiver, il nous faut pouvoir remettre en route facilement le système pour irriguer sous serre. Bref, François s’est débrouillé comme un chef ! Il manque encore un peu d’isolant et une charnière mais le gros du travail est derrière lui.

Avec le temps en rab, nous avons aussi lancé notre campagne de financement participatif. Quoi ? Cela vous a échappé ? Pas d’inquiétude, il reste encore 10 jours pour participer et nous permettre d’atteindre le second palier, fixé à 7000€ ! Tout est expliqué par ici. A l’heure où j’écris, nous avons atteint les 80 % de l’objectif et vous êtes déjà 69 à nous soutenir. Autant dire que cet enthousiasme nous donne des ailes et nous conforte dans nos choix : nous ne sommes pas les seuls à vouloir faire évoluer les modèles agricoles et défendre une agriculture plus résiliente ! On va donc pouvoir envisager ce volet du projet de façon plutôt sereine, prendre le temps de choisir les variétés des espèces que nous voulons implanter et plancher sur les plans de construction des poulaillers mobiles de ces dames ! C’est là qu’on se dit que c’est bien que les légumes soient au ralenti…

Avec l’hiver vient le temps des formations. J’ai ouvert le bal avec 2 jours de formation concernant les principes permacoles appliqués au maraîchage biologique. Bien m’en a pris ! C’était intéressant et d’autant plus intéressant que ça s’adressait à un public dit « professionnel » dont la finalité est de vivre décemment de son activité. Il y a une sacrée différence entre appliquer les principes de la permaculture à son potager, avec une visée d’autoconsommation et les appliquer à une activité de maraîchage dont on souhaite vivre ! Et puis, on est souvent un peu (beaucoup) réfractaires à l’aspect sectaire que cela peut prendre avec certains discours qui s’apparenteraient presque à des diktats. Si tu fais de la permaculture, il te faut un mandala ! Quoi tu utilises du voilage et des filets, c’est pas très permaculture tout ça ! Tu cultives pas sur des buttes ? Pour faire de la permaculture, faut faire des buttes ! Jusque-là, on trouvait que tout ça prenait surtout un tour « marketing à outrance », avec des stages ou des formations hors de prix, proposant LA recette toute faite alors que fondamentalement, un des principes de base est de « s’adapter à son milieu ». Bref, quand on a vu cette formation sur le calendrier de formations proposées, on s’est dit que c’était l’occasion de voir ce que ça disait. Pour tout dire, on s’était même préparé une liste de questions bien précises, dans le cas où ça tournerait au culte de la butte ou du mandala ! Un exemple ? L’intérêt du mandala dans le modèle de maraîchage sur petites surfaces ? Sa praticité au quotidien, en termes d’intervention et d’irrigation ? Car c’est certes joli mais quand il faut tournicoter avec sa brouette pour arriver au centre, on se dit que ça doit aller 5 minutes mais que à la longue, ça doit vite virer au truc qu’on remet à plus tard… Et puis niveau gain de place. Bref, outre que cette formation était très intéressante, c’est aussi l’occasion de visiter une nouvelle ferme, comme toujours de s’inspirer de 2 ou 3 trucs mis en œuvre par le maraîcher, d’avoir de nouvelles idées à tester. C’est aussi l’occasion de faire de chouettes rencontres. C’est comme ça qu’on en est venus à tester « La Campagnole », un outil développé par la Fabriculture en collaboration avec la ferme du Bec Hellouin. Cette fameuse Campagnole nous a été prêtée par Flavien, un voisin d’Empurany rencontré pendant la dite-formation. Verdict ? C’est super ergonomique et pour préparer une planche, ça va très, très bien.

Avoir du temps, c’est aussi nécessaire pour préparer notre plan de cultures et faire le point sur les semences à acheter, les plants à pré-commander. Histoire de ne pas se retrouver à courir après les semences au moment où il faudrait semer ! Pour certaines cultures, notamment la pomme de terre, cette année, nous avons envie de respecter le calendrier lunaire. On a donc investi dans le Calendrier Lunaire de Michel Gros. Un bon investissement selon Louis. On l’a déjà regardé ensemble, pour les patates, ça devrait se jouer le 21 ou le 23 mars… 3 étoiles pour les légumes racines sur ces 2 jours, le créneau à ne pas louper ! On en reparlera fin mars, d’ici là, les paris sont ouverts : pourra-t-on planter nos patates avec la bonne lune ? Parce qu’accessoirement, le climat, le planning, les imprévus, ça compte aussi…

La semaine dernière, c’est surtout la météo et les plannings que nous avons vérifiés afin de prévoir le jour où Tino arriverait à la maison ! Marcher sous la pluie, c’est faisable mais c’est quand même pas très agréable. C’est finalement par une belle matinée que nous avons ramené Tino à la maison. A son rythme : soutenu dans les descentes, tranquille à la montée. Il a l’air d’apprécier sa nouvelle cabane et la vue depuis Pojot, se fend d’un chant rocailleux quand on arrive le matin, nous fait les poches pour trouver la friandise apportée, aime se faire gratouiller… En bref, on s’est déjà habitué à sa présence et finalement, il n’y a guère que Oka qui reste un peu sceptique face à ce nouveau compagnon qui lui fait bien comprendre qu’elle n’a rien à faire dans sa cabane et que ce quignon de pain, c’est le sien. Et oui, Tino a déjà été gâté par les copains boulangers qui lui avaient réservé deux gros sacs de pain sec. Veinard !

Enfin avoir un peu plus de temps, ça permet de régulièrement monter au verger pour vérifier le niveau de l’eau, de crapahuter à droite et à gauche pour cueillir des coulemelles, de ramasser des pommes de pin pour allumer le feu, de faire de la confiture de lait, de se promener en forêt, de prévoir des chantiers à la maison, de planter les mûriers ronces sans épines que nous ont donnés notre voisin, de travailler sur les supports de communication maintenant que nous avons un logo, un vrai – un immense merci à Chloé Lequette pour son très beau boulot – , de lister de nouvelles idées, de s’extasier devant les nouveaux catalogues de semences, de se mettre à jour en compta (ou presque), de lire… Et même de s’offrir un week-end pour aller voir nos copains Claire et Laurent à Lyon. Il n’y a pas à tortiller, c’est plaisant d’avoir un peu de temps, vraiment !

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Des histoires de lac, de bois et de futurs compagnons…

Il fait gris et quand le crachin se met à tomber, on se dit que le ciel vient d’éternuer… Enfin ces derniers temps, c’est plutôt moi qui ai tendance à éternuer. Rhume ou pas rhume, le poêle ronronne, le thé fume et c’est un plaisir de retrouver le clavier, de remettre un peu d’ordre dans le fil des semaines qui s’échappent et de trouver les mots pour tous ces menus souvenirs qu’on se fabrique. Jour après jour. Il est parfois bon de rembobiner…

La dernière fois, le lac était vidé, les sols secs et nous attendions que les travaux de réfection du dit lac commencent. On regardait surtout le ciel avec des yeux implorants et, logée au creux du ventre, la peur que notre réserve – la grosse Bertha notre bâche-tampon pleine de ses 40 m3 – ne suffise pas…. La pelle mécanique – immense! – est arrivée de bon matin. Au verger, le ronron des engins a rapidement empli l’atmosphère d’habitude si tranquille. Dans un premier temps, il s’agissait de déboiser complètement la digue. Nous y avions beaucoup travaillé au début de l’année (pour se rafraîchir la mémoire) mais nous n’avions pas détruit les souches. Pourquoi ? Parce que nos petits bras ne suffisaient pas à arracher les souches – costauds mais… – et parce que pour la méthode « chimique », les produits ne sont pas homologués en AB. Pour rappel, nous utilisons l’eau du lac pour irriguer… Pas vraiment envie de faire place nette sur les cultures ou encore de les brûler. Bref, pendant que nous faisions pousser des légumes, de son côté, la nature a œuvré. Et c’est une sacrée ouvrière ! La digue était donc redevenue bien verte, certains arbres que nous n’avions pas pu toucher – la faute aux ronciers et au niveau de l’eau – avaient continué à s’épanouir… On avait pensé s’y remettre cet hiver. Mais ça, c’était avant. Après réflexion, on s’est dit que le plus intelligent était de profiter des travaux pour faire place nette. Une journée! Il a fallu une seule journée pour que la digue soit mise à nue! On n’ose pas imaginer combien de journées de tronçonneuse, de débroussailleuse et d’ébrancheur il nous aurait fallu. Trop par rapport à l’efficacité des machines. On a beau vouloir se passer du fossile parfois, on doit faire avec ses propres contradictions!

Une fois la digue toute nue, dans un second temps, il a été question du curage de la réserve. Il s’agissait d’enlever la vase accumulée depuis beaucoup (beaucoup) d’années et de recreuser ce qui pouvait l’être. L’idée est de pouvoir utiliser le lac au maximum de sa capacité. Et au bout de tout ça, la finalité c’est d’améliorer la sécurité de notre réserve en eau. Après 3 jours de travail, le lac était comme neuf. Vide mais tout beau. On s’est dit ça y est il peut pleuvoir ! Évidemment, il n’a pas plu. Pas tout de suite et nous avons continué à implorer le ciel du regard et à regarder les épinards souffrir. C’est le même schéma qui s’est répété: des prévisions qui se voulaient enthousiasmantes, puis moins intéressantes, puis bilan des courses, un pipi de chat. On passait de 30 mm annoncés à 2 minuscules petits millimètres… On vous a dit qu’on ne croyait plus en la météo ?

En attendant la pluie, nous nous sommes occupés des noix fraîchement ramassées dans la Drôme. Une fois récoltées, il faut encore les laver, les trier puis les mettre à sécher. On avait pensé construire des claies – dans le même genre que nous avions construit notre étagère à courges – mais c’était sans compter les caisses de compétition récupérées chez Coline et Florian, à Longue Vie. Elles ont fait l’affaire et ça nous permettra de construire nos futures claies un peu moins dans l’urgence… On garde ça sous le coude pour les petits chantiers entre amis par exemple. Big up les amigos bricolos !

Le lac étant vide, la digue désormais accessible avec Goldi – notre tracteur pour ceux qui l’auraient déjà oublié ! – l’occasion de faire du bois était trop belle. D’autant plus belle que Jean-Paul, le papa de François, avait apporté sa tronçonneuse dans sa valise lors de leur visite pour les vacances. Ils ont donc tronçonné, charrié, tronçonné, ébranché, fait tombé des arbres… Ils s’en sont donné à cœur joie ! François a ensuite redescendu tout ça aux Gaillards, c’est débité et ça sèche bien à l’abri.

Du bois, on n’en a jamais assez, alors François est parti crapahuter avec Louis. De la ferme aux Gaillards en descendant jusqu’à la Daronne. Couper le mauvais châtaigner peut s’avérer être un drame géopolitique, alors pour éviter ça, mieux vaut connaître les limites de propriété ! J’imagine le plaisir de François: (Re)découvrir la forêt dans les pas de Louis, se laisser emporter par ses mille et une anecdotes et histoires. Enfin, le plaisir a été partagé puisqu’ils ont décidé qu’ils iraient marcher ensemble plus souvent… En attendant, François s’est attelé à la tâche, accompagné de son fidèle Goldi. Si on a encore du bois pour voir venir l’hiver, on doit construire une cabane. Une cabane ? Oui, pour l’arrivée de Tino. Tino Trotrot l’âne ! L’idée nous tro(tro)ttait depuis un moment dans la tête. Déjà quand nous sommes arrivés, puis au fil des saisons et encore plus quand il a fallu passer le girobroyeur à la fin de l’été. On a eu l’impression de gaspiller du temps, de l’énergie, du gasoil… Dire qu’un âne ferait si bien le travail ! Et puis l’occasion s’est présentée. Vous chercheriez pas un âne par hasard ? Je donne le mien contre bons soins… Connaissant Damien, on était déjà presque convaincus et puis on est allé le voir, le Tino. Quand on l’a vu, je me suis fendue d’un Oh il est trop beau de circonstance et c’était plié ! Enfin, on est pas repartis avec ! Il nous restait à construire une cabane, revoir les clôtures, assurer la réserve en fourrage… On s’active donc à préparer son arrivée et on a hâte qu’il traverse la Daronne!

Du côté des légumes, c’est acté, adieu les légumes d’été ! Les dernières caisses de tomates mûrissent tranquillement dans la cave et finiront leur vie en coulis, on a fait des réserves de caviar d’aubergines et François a fait un dernier tian plutôt gigantesque. On a donc pu libérer l’espace dans la serre et… la perspective change drôlement ! Finie la jungle bonjour le jardin à l’anglaise ! J’exagère mais quand même, c’est impressionnant ! On a profité de l’espace libéré pour apporter de la chaux et ainsi réajuster le pH de notre sol. Du côté du sorgho, il a finalement été enfoui et depuis, nous avons repiqué salades, jeunes pousses et compagnie. Dans la pépinière, on a fait les derniers semis – un gros poil en retard – avec Pascale, la maman de François. A voir ce que ça va donner…. Toujours dans la pépinière, on expérimente: François a placé un premier bidon de 200 L d’eau afin d’améliorer l’inertie thermique ou, autrement dit, de limiter les écarts de température. Il en faudrait un second, mais Leboncoin est sur l’affaire. François a aussi optimisé l’espace en construisant un grand plan de travail. Histoire de moins se casser le dos. Et puis ça permet au citronnier, à la verveine et à d’autres de passer l’hiver, à la lumière et à l’abri du gel. Malin !

Si du côté du terrain, tout ralentit, dans nos têtes, ça tourne toujours à plein régime. J’ai notamment planché sur les poules pondeuses, la réglementation, les divers cahiers des charges (enfin AB et Nature & Progrès). François, de son côté, s’absorbe dans des plans de poulaillers mobiles, est à l’affût des bonnes idées du côté de l’Atelier Paysan. Pas ingénieur en construction pour rien ! Vous l’aurez compris, nous réfléchissons à la mise en place de notre futur petit atelier de poules pondeuses. Nous imaginons une mise en place à la fin du premier trimestre 2019. Cet atelier sera complémenté par la plantation d’arbres fruitiers et non-fruitiers afin de développer une parcelle agroforestière et de faire le pari de la biodiversité ! C’est dans cette optique que nous allons lancer (très) très bientôt un financement participatif. On me dit dans l’oreillette que ça pourra être l’occasion d’adopter une poule ou un arbre ! On peut même faire des bons cadeaux car qui n’a pas rêvé d’avoir, pour Noël, une poule mais sans les fientes?! Quoi qu’il en soit, vous pourrez découvrir ça plus en détails très vite…

Dans le fond de ma tasse, le reste de thé est tout froid : ça prend du temps de démêler l’écheveau des semaines passées ! Surtout quand elles sont bien remplies et qu’elles défilent à toute berzingue. La prochaine fois qu’il faudra tout démêler, c’est sûr les arbres n’exhiberont plus d’or au bout de leurs branches. La prochaine fois, c’est peut-être de neige que les arbres seront recouverts. La première neige ? Pas du tout, la première neige c’était il y a deux semaines et non, ça n’est pas une blague ! Enfin pas de craintes à avoir, on aura toujours des choses à vous raconter !

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On n’avait pas dit qu’en septembre on pourrait souffler?

C’est effectivement ce qu’on se disait cet été. Pour se donner du courage et tenir le cap de la « grosse » saison. C’est ce qu’on se disait mais parfois, entre ce qu’on se dit et la réalité, il y a un pas. Ici, c’est un fossé! On l’a bien compris, il faut attendre octobre pour l’accalmie. Et encore…

Notre mois de septembre a donc été – si vous ne l’aviez pas encore compris – très (très) chargé ! Certes, on n’a pas dû gérer une crise de criquets ou composer avec la canicule mais qui dit mois de septembre dit rentrée scolaire et reprise. Si nous ne sommes concernés par aucun des deux termes susmentionnés, il faut bien reconnaître que cela influe grandement sur l’agenda du mois de septembre. C’est en effet à cette période, où l’été fait du rab et offre encore de très belles journées, que bon nombre d’associations ou autres organisent fêtes et autres évènements récréatifs pour le grand public. Nos week-ends ont ainsi été bien vite réservés…

Il y a eu tout d’abord la fête de l’agriculture paysanne, organisée par le groupe Nord-Ardèche de la Confédération Paysanne, à Sécheras. La météo s’annonçait presque catastrophique et finalement, le soleil l’a emporté haut la main. Un samedi placé sous le signe de l’agriculture paysanne, un samedi festif et engagé mais aussi un samedi bien chargé pour nous. Il a fallu gérer les récoltes pour le marché du dimanche et les engagements pris pour l’organisation de ce bel évènement. L’avantage d’être un duo ! Le samedi matin, j’ai assuré l’ensemble des récoltes pour le marché pendant que François, dès 10 heures, s’armait de son précieux Opinel pour préparer les crudités pour le midi. On se rassure, il n’était pas seul et il était même plutôt bien accompagné, même si l’autre François – notre voisin de Brouty – enlève trop de feuilles quand il trie la salade… C’est dans la même bonne humeur qu’en fin de journée, nous nous sommes attaqués à la préparation des 220 assiettes de crudités prévues pour les repas du soir. Si j’ai trouvé que le marché piquait un peu le lendemain matin, le bilan reste très positif : de chouettes rencontres, une belle dynamique de groupe, de gros fous rires et pour François, un nouveau surnom…

Après un week-end de trêve avec « juste » le marché de Saint-Félicien, nous avons commencé à préparer le week-end « Terroir au Village ». Il est organisé chaque année par Terroir Pays de Saint-Félicien, association de laquelle nous nous sommes rapprochés dès la fin avril et qui porte des projets très intéressants … Pourquoi préparer ce week-end en particulier ? Parce que dans le programme riche de ces 3 jours dédiés au terroir, étaient prévus plusieurs circuits de visite, avec différentes thématiques et que, lorsqu’on nous avait demandé si nous pouvions faire visiter notre ferme, nous avions répondu par l’affirmative ! Il fallait donc préparer un minimum la visite prévue le samedi matin ! L’occasion de faucher, de débroussailler, de ranger le peu qui devait l’être…

Le samedi, après les récoltes, plus matinales qu’à l’habitude, nous étions prêts à accueillir les curieux. Un peu moins d’une vingtaine, certains connus d’autres non. Jusqu’ici, nous avions toujours fait visiter la ferme à des proches, des amis, des voisins, la famille et c’est très intéressant de diversifier son public. Il y a les questions qui reviennent presque toujours, celles qui étonnent ou surprennent, celles qui désarçonnent mais, quelles qu’elles soient, c’est toujours un très bon exercice, qui nous pousse à être toujours plus précis, plus clairs dans notre discours. Plus pédagogues aussi ou plus engagés. Par exemple, lors de cette visite, a été posée à François, la question de l’utilisation d’hybrides F1. Il a donc expliqué que nous cherchons à les éviter et, assez vite, s’est trouvé à bout d’arguments sur les raisons qui nous motivaient. Pas plus tôt nos visiteurs partis, nous avons donc repensé ensemble à tout ce qui nous faisait opter pour cette position. Un bon exercice, je vous dis, un bon exercice !

Le dimanche, après le marché du matin à Saint-Félicien, nous avons pris la route de Pailharès pour y ré-installer notre étal, marché de producteurs oblige ! Si j’étais très peu motivée à 13 heures, à peine revenue du marché, je dois bien avouer que ce fut un très bel après-midi. Nous avons recroisé certains curieux qui étaient venus jusqu’à Pojot, discuté, dégusté de bons produits mais surtout, nous avons retrouvé toute la bande de chouettes producteurs, engagés comme nous auprès de l’association Terroir. L’occasion d’échanger nos impressions sur la saison, de comparer les traits de fatigue sur nos visages, de retrouver des personnes qui ont un rythme de vie assez similaire au nôtre et pour qui le mot « reprise » ne veut pas dire grand-chose. L’occasion enfin de trinquer, une fois les badauds partis, à la fin de l’été et à cette vie qu’on s’est choisie. Une vie belle bien qu’usante , une vie riche de rencontres et d’apprentissages mais qui souvent nous met en décalage. De la famille, des copains, de Mr & Mme Toulemonde qui rentrent de vacances… Pour autant, quand on regarde par-dessus notre épaule, pour rien au monde, nous ne voudrions retourner en arrière !

Pour être tout à fait honnête, à ce stade-là du mois de septembre – le 23 au soir très exactement –  je ne rêvais que d’une chose, pouvoir dormir. Ne serait-ce qu’un matin. J’avais imaginé que le lundi, après ce week-end aussi chouette que chargé, aurait été celui de la grasse matinée – par grasse matinée, comprendre dormir jusqu’à 8h30. C’était sans compter le jus de pommes. Le jus de pommes ? Peut-être parce qu’on avait peur de s’ennuyer, parce qu’on devient hyperactifs, une dizaine de jours auparavant, François avait pris rendez-vous à l’atelier de transformation Nectardéchois pour une session « jus de pommes ». Je vois d’ici vos sourcils qui font un circonflexe ! Ils ont des pommiers et ils ne l’ont pas dit ? Ils volent des pommes ? Pas de verger de pommiers ni de vol de récolte. En bon observateur-cueilleur qu’il est, François avait repéré quelques pommiers près des Gaillards, notamment près de la petite réserve d’eau qu’on utilise pour la pépinière. Buissonneux, pas taillés depuis des lustres mais plein de fruits. Pour transformer à Nectardéchois, la récolte doit être d’au moins 100 kilos. « J’ai fait un truc qui va pas te plaire ! Enfin, pas sur le moment mais je sais qu’après tu seras contente ». C’est comme ça que François m’a annoncé la mission pommes qui s’annonçait, en parallèle de la préparation du week-end de « Terroir au village ». C’est vrai que sur le moment je me suis dit qu’on s’en serait bien passé, de la cueillette des pommes entre deux sessions de débroussaillage! Au fond, vous l’aurez compris j’étais mille fois pour. Les cueillettes, c’est comme ça, tu prends le créneau ou tu passes à côté. On n’avait pas envie de passer à côté, on voulait avoir 100 kilos et notre jus pour l’hiver. Et puis, on en a parlé à Louis. « Ah justement, je voulais vous en parler. Dans le parc des vaches, y’a quelques pommiers, si vous voulez ramasser les pommes, ça m’arrange. Je dois les faire tomber et les évacuer sinon les vaches s’en gavent et ça peut avoir des conséquences pas jolies jolies. Nous, on en fait rien!». On s’est dit qu’on était pas à quelques pommiers près, que si on avait 150 kilos se serait tout aussi bien. Résultat des courses, en une après-midi à Perrache, on avait déjà 130 kilos sans s’être occupés de tous les pommiers… Au final, nous avons pu faire transformer un peu moins de 250 kilos de pommes. On a notre jus pour l’hiver et finalement, détail non négligeable, le nectar d’abricots n’est désormais plus le seul embouteillé sur notre étal de marché !

Avec la fin septembre est arrivée la fin des haricots. Quand il faut enlever les piquets, rembobiner les ficelles et enlever les pieds, c’est toujours un drôle de sentiment. Une bascule entre la joie de ne plus avoir à les récolter deux fois par semaine et un pincement au cœur car c’est un des légumes phares de l’été. Rendons au haricot ce qui revient au haricot : sur les marchés, il a contribué à nous construire une petite réputation ! On m’en a d’ailleurs encore parlé dimanche « vos haricots ont régalé tout le monde, ils étaient délicieux. Du coup, même s’il y en a plus, je reviens ici ! »

Pour fêter dignement la fin septembre, nous avions prévu une fête avec nos copains d’avant qui sont toujours les copains de maintenant mais que, par la force des choses, nous voyons moins. Une livraison d’une bonne vingtaine de copains pour le week-end et une fête qu’on voulait basée sous le signe des produits locaux, du zéro-déchet… Soupe au pistou avec nos légumes, fromages de Louis, tomme en salade de la ferme de Réat, pain de Valérie et Vincent, serviettes en tissus et compagnie. Une fête qu’on voulait à l’image de notre nouvelle vie même si au quotidien, on n’a pas de tireuse à bière… Si on s’est demandé plusieurs fois, quand la fatigue atteignait des sommets, pourquoi on s’infligeait ça, pourquoi on n’avait pas commandé 10 kilos de chips et de nachos au lieu de préparer 2 kilos d’houmous, dès les premiers copains arrivés, on a tout oublié ! On ne regrette rien, loin de là. Ce week-end a été une ÉNORME bouffée d’air frais. Comme quoi, y’a rien de tel qu’une dose massive de copains pour avoir la banane! Après ça, Octobre pouvait bien arriver.  On était prêts, rincés à souhait mais heureux.

Octobre est là, depuis déjà une bonne dizaine de jours et on a toujours un peu de mal à trouver du temps pour nous. Avec l’automne, nous nous sommes attaqués au chantier de réfection de la réserve collinaire. Enfin, nous nous sommes surtout attelés à vider le lac. Presque une hérésie quand on sait combien on a veillé à la réserve en eau jusqu’à fin septembre. Mais, entretien oblige, on ne cure pas un lac sans le vider de son eau. On a donc loué une pompe et regardé le niveau baisser puis les carpes agoniser. Une étape qu’on aurait aimé éviter mais… bon an, mal an, nous avons réussi à en sauver une dizaine. Désormais, nous ne sommes plus maîtres à bord et nous attendons impatiemment le début des travaux. Plus vite ce sera terminé, plus vite le lac pourra se remplir à nouveau !

Avec Octobre, nous avons aussi préparé pour la première fois, sous la houlette de ma grand-mère, ce qu’on appelle la drache. Une façon de conserver (grâce à la fermentation lactique) les légumes tels que le chou, la betterave rouge, le poivron ou la tomate verte dans les résidus de raisins restants après que le vin ait été tiré. Rendez-vous en décembre pour goûter ça ! Nous avons aussi profité d’être de ce côté-là du Rhône, pour ramasser des noix. L’occasion de diversifier encore un peu notre étal qui se fait de plus en plus automnal. Nous avons manié le ramasse-noix avec passion et il ne reste plus qu’à laver et faire sécher – plus que, doux euphémisme – celles qui se retrouveront bientôt en filets! Avec Octobre, nous avons aussi repris marteau, clous et mètre pour la construction d’une première étagère à courges et ensuite, rentré les dites-courges…

Est-ce qu’une fois ces chantiers terminés, nous pourrons souffler ? Nul ne le sait. Enfin, nos corps se rappelant de plus en plus à nous – François me surnomme actuellement Hémiplégiane – il va bien falloir qu’on y arrive ! Et puis, pour mener à bien les quelques projets qui nous trottent encore dans la tête, il va nous falloir encore de l’énergie et on ne compte pas puiser dans celle du désespoir !

Il est possible de passer commande pour du jus de pommes (2,90 € le litre – du jus de pommes et rien d’autre), des confitures car notre gamme s’est étoffée pour l’hiver (abricots, prunes, figues) ou encore des noix!

 

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