Nous voilà ardéchois!

Depuis quelques mois, nous faisions assez régulièrement l’aller-retour entre Montpellier et l’Ardèche. Bien souvent, les journées étaient denses voire très chargées. Les rendez-vous se bousculaient sur l’agenda, les rencontres – toujours enrichissantes – nous laissaient souvent un goût d’inachevé. Nous nous sommes souvent entendus répéter que « ce serait plus simple une fois sur place ». Et bien, nous voilà sur place!

Et alors, est-ce plus simple?

Nous ne sommes ardéchois que depuis 72 heures. Autant vous dire que pour le moment, on se concentre sur notre nouvelle maison, son aménagement et le lot de toutes ces petites choses auxquelles il nous faut penser. Nous avons déjà fait installé un nouveau compteur électrique, rencontré un électricien à la retraite qui nous a permis de brancher notre cuisinière-four et de discuter histoire du monde, prévu de récupérer 5 stères de bois pour nous chauffer – il nous reste encore à potasser et améliorer notre gestion du chauffage au bois – fait des plans pour l’aménagement de la cuisine…

Du côté de la ferme, nous avons envoyé pour analyse nos premiers échantillons de sol. Dimanche, les cartons à peine déchargés, malgré les flocons et le vent qui cinglait, nous avons joué de la tarière, qu’on nous a gentiment prêtée. Dans un autre genre que le poinçonneur des Lilas, nous avons fait des petits trous, encore des petits trous, dans la parcelle destinée au maraîchage et le verger. Tourne, tourne, tourne! Franche rigolade et danse de la tarière pour nos premiers volontaires. La famille – même à 29 ans, on a toujours besoin de ses parents –  et les copains – merci Manza tu étais la première! – ça vaut de l’or! Pour moi, c’était aussi le souvenir des sorties terrains des cours de pédologie – Milie, Jojo, Charlotte et tous les autres j’ai pensé à vous! Il va sans dire que j’y ai vu plus de sens et pris plus de plaisir qu’à Dijon, quand nous étions tous plus concentrés sur nos pieds entrain de geler dans nos bottes en caoutchouc, bourrées de papier journal, que sur les horizons du profil de sol à étudier.

Nous continuons aussi à éplucher les petites annonces agricoles, notamment pour la paille et le compost dont nous aurons grandement besoin. Notre premier vrai chantier est prévu pour ce week-end. Au menu? Du broyage de bois! Les vieux cerisiers ayant tiré leur révérence, nous allons profiter de cette matière première offerte sur place, l’objectif étant d’obtenir un bon compost de bois, comme celui que nous utilisions à Lansargues.

Nous avons donc  tourné la page de notre aventure montpelliéraine, celle aussi de notre expérience de métayage à Lansargues, expérience qu’on vous racontera bientôt. Le pas est franchi et c’est une drôle de gymnastique de l’esprit pour retrouver la notion de temps. Il nous semble que tout est déjà loin. Pourtant, il y a moins d’une semaine, nous récoltions nos derniers légumes – poireaux, céleri, carottes, choux, chicorées – faisions nos dernières parties de cache-cache avec Noé – c’est aussi ça le métayage, de très jolies rencontres – et rédigions notre dernier bon de récolte. François concluait la saison par un dernier marché aux Arceaux, en compagnie de Suzanne, pétillante et bienveillante comme toujours.

Voilà, nous sommes bel et bien ardéchois!

La ferme a un nom!

L’Abeille et la Blette!

Enfin, notre ferme a un nom bien à elle. Il était temps ! Pour que nous puissions vous raconter sa création, son évolution, pour que vous puissiez l’identifier, la nommer et vous en souvenir. Choisir un nom, c’est loin d’être anodin et pas forcément si évident. Allez résumer un projet en quelques mots, vous verrez !

Tôt dans la genèse de la ferme, nous avons évoqué « L’Abeille et la Blette » comme un nom possible. C’était quelque part, entre la fin de l’hiver et le début du printemps.  Le jeu de mots du début – est-ce que quelqu’un n’a pas encore fait le lien avec un célèbre dessin animé ? – a très vite cessé de n’être qu’un jeu de mots rigolo. L’abeille, pour le rucher que l’on veut installer mais aussi comme symbole des équilibres environnementaux à protéger. La blette, pour le légume totem de François – qui ne l’a pas encore entendu s’écrier que la blette est un légume formidable ? – et pour l’ensemble des légumes que nous avons prévu de cultiver. Le jeu de mots finalement résumait assez bien notre démarche et sur l’ordinateur, sans encore le prendre vraiment au sérieux, nous avons créé le dossier « L’abeille et la Blette » pour classer la masse de documents que nous continuions d’amasser et de rédiger.

Nous en étions restés là, quand en octobre nous avons décidé qu’il était temps de réfléchir très sérieusement à la nommer enfin, notre ferme. L’Abeille et la Blette était toujours là, sur le bureau de l’ordinateur et dans un coin de nos têtes. Pourtant nous avons voulu tout remettre à plat. Alors, un vendredi après-midi, les récoltes finies – on vous racontera bientôt ce qu’on a fait de notre été – on a pris un stylo et une feuille de papier. Des ronds avec des grandes idées, des flèches et puis des mots. Ferme, jardins, légumes, potager, brouette, serfouette, vergers, herbes, racines, feuilles, plantes, abeilles, équilibres… On vous épargne la liste complète, elle était longue. On a écrit quelques noms puis pensé aux amis. On pourrait leur demander leur avis. Nous avons décidé d’arrêter trois propositions – Les jardins de Pojot, La ferme des Racines et des Herbes, l’Abeille et la Blette – de créer un rapide questionnaire – on a une énorme marge de progression pour le prochain, vraiment – et enfin, on a attendu que les copains répondent. Évidemment, on continuait à tourner dans nos têtes les avantages/inconvénients de chacun des noms proposés. Celui-là localise notre activité, celui-là évoque tant les légumes que toute une biodiversité, celui-ci a l’avantage de laisser ouvert le champ des possibles, celui-là est bien mais peut-être un peu classique. Un casse-tête en somme, cette histoire de nom.

Pourtant, après une petite semaine, nous avons fait notre choix. L’Abeille et la Blette. Ça ressemblait presque à une évidence. Comme si depuis ce jour de février où nous avions créé ce dossier, c’était acté. La réflexion a juste permis de le confirmer. L’Abeille et la Blette, c’est la sonorité, la signification et la fantaisie, parce qu’au fond, sans ce petit grain de folie, nous n’en serions sûrement pas là.

Et le sondage dans tout ça ? Il a conforté notre choix – l’Abeille et la Blette ayant remporté près de 58 % des suffrages. Au total, 71 personnes ont participé à notre petite consultation, sans compter les copains qui nous ont donné leur avis de vive voix. Merci mille fois pour votre temps et vos idées. La lecture de vos remarques et vos propositions a été un vrai plaisir. Côté proposition, on pense notamment à Patati Patata et Patate douce, Ferme ta boîte, le Concombre masqué ou encore la Ferme du radis mou.

Maintenant que le nom est donné, nous allons pouvoir vous en dire un peu plus sur cette fameuse ferme.