Du mieux qu’on peut!

Cela n’aura échappé à personne, 2021 a tiré sa révérence – Allez ciao, bye-bye! – et 2022 l’a remplacé au pied levé pour, très exactement, un mandat de 365 jours.

Cela n’aura échappé à personne non plus que, durant l’année qui s’est écoulée, je n’ai pas raconté grand chose par ici. Au jour d’aujourd’hui, impossible d’avancer l’excuse d’un stylo égaré ou d’une panne d’encre. Une panne d’inspiration peut-être? Non. Non, vraiment pas. Il s’est d’ailleurs passé un sacré paquet de choses par ici durant la saison! Bien assez pour nourrir une bonne fournée de billets. Pour être tout à fait honnête, j’avais aussi en tête d’écrire des articles un peu plus techniques, de faire des focus. Pour expliquer nos choix de production, faire des retours sur les essais que l’on mène par ici, raconter un point précis. Bref. Croyez-le ou non, excuse pas du tout bidon, le temps m’a manqué!
Pour ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux – comprendre Facebook – les petits billets postés là-bas, ont été mon palliatif. M’ont permis de continuer à raconter – en peu de mots – ce qui se passait par chez nous! J’aurais pu décider de rattraper mon retard, coûte que coûte – il m’en aurait surtout coûté bon nombre de soirées! – mais je fais le choix d’une figure de style bien pratique: l’ellipse! Exit 2021, nous sommes en janvier 2022!

Exit 2021, bonjour 2022, il est temps pour nous de vous présenter nos… bons vœux! Jusqu’en 2020, c’était un exercice, certes classique, que je trouvais stimulant et sacrément plaisant. On pouvait rêver en grand et sans entrave, on se souhaitait 1001 réalisations et si, finalement, on n’en réalisait que quelques unes, ça n’était pas parce qu’on nous en avait empêché! En 2021, déjà, l’exercice était plus hasardeux. Il fallait être plus prudent, mesuré. On vous avait souhaité de l’ordinaire… c’est dire si on était déjà loin de rêves baroques et si on avait du bâillonner ce petit grain de folie qui nous a amené jusqu’ici!
Des vœux pour 2022. Ahem… L’exercice devient compliqué. Cette année, on aurait tendance à être – au risque de paraître toujours plus pessimistes – encore plus prudents. Ca ne nous ressemble pas franchement tout ça mais, comme on dit, chat échaudé craint l’eau froide! En même temps, ce serait se résigner à de l’étriqué, du purement raisonnable… Et on nous en demande déjà bien assez – trop peut-être même? – au nom du raisonnable et du responsable! Quoi se souhaiter? Quoi vous souhaiter?
De la B I E N V E I L L A N C E.  Beaucoup de bienveillance. Des tonnes même.  Pour les autres mais aussi, surtout, à l’égard de soi-même.
Par ici, pour 2022, a été décidé à l’unanimité, de faire de notre M I E U X  sans s’oublier en chemin. C’est un point important qui est ressorti de notre bilan 2021: ne pas s’oublier, ne pas très (trop?) souvent se faire passer après. C’est un peu l’image du masque à oxygène dans l’avion. Il faut se le coller sur le museau avant d’aider les autres. Si on veut continuer la belle aventure de l’Abeille & la Blette sans risque d’asphyxie, il faut pouvoir souffler et respirer…

En 2022, ce ne sera pas parfait, sûrement pas idéal. Ce sera parfois raté, parfois complètement génial. Ce sera avec la banane souvent, le sourire à l’envers parfois. Ce sera vogue la galère, ce sera l’alignement des planètes. Ce sera calme, ce sera le passage du Cap Horn. Ce sera raconté ici ou ça ne le sera pas. Mais, quoi qu’il arrive, n’importe comment que ce soit, croyez-le, on fera de notre mieux!

Et pour le teasing des projets 2022: de l’acier, des chantiers, des idées. A l’échelle de la ferme mais aussi au sein d’une structure collective…

Le Salon à la Ferme c’est le 2 mars chez l’Abeille & la Blette!

Cette année, bien évidemment Covid oblige, pas de Salon de l’Agriculture en grande pompe à Paris. Qu’à cela ne tienne, faisons le Salon dans les fermes! Les petites, les riquiquis, celles des paysannes et paysans qui, de toute façon, ont bien du mal à se reconnaître dans l’Agriculture, les pratiques, les orientations présentées lors de ce lointain salon. La Confédération Paysanne, syndicat auquel, ce n’est un secret pour personne, nous sommes très attachés, a donc pris l’initiative d’organiser partout en France, du 27 février au 7 mars, le Salon à la Ferme, le premier salon national de l’agriculture paysanne. Près de 200 fermes sont mobilisées sur l’ensemble du pays. Pas rien, hein! Vous trouverez l’ensemble des évènements ici et puis , toutes les fermes ouvertes.

Comme le titre de ce petit billet ne ménage pas grand suspens, nous faisons partie de ces fermes qui ouvrent leurs portes! Nous sommes ravis de pouvoir prendre part à l’aventure et autant vous dire que lorsque Mathieu, animateur de la Conf’ Ardèche nous a contacté, nous n’avons pas hésité longtemps. D’autant que cette journée que nous accueillons sur la ferme est organisée en partenariat avec l’Atelier Paysan! Que du beau monde en somme!
La thématique: Le Salon du Machinisme Paysan!

Je vous entends ricaner. Machinisme? Eux, qui n’ont pas de grosses machines? Eux, qui sont à dire que la mécanique c’est pas leur truc du tout, mais alors pas du tout? Et bien oui! Parce que le machinisme ne se limite pas à contracter un prêt sur 50 ans pour un tracteur gigantesque avec des outils tout aussi fous et gigantesques. Durant cette journée, nous causerons surtout auto-construction – de machines et de bâtis – et autonomie des paysans. Vous reconnaîtrez là le credo de l’Atelier Paysan.

Au menu du mardi 2 mars:

– De 10h à 12h30 des échanges et des réflexions entre paysan-ne-s autour d’outils autoconstruits. Ce sera l’occasion pour nous de présenter/faire rouler notre serre mobile…

      – De 14h à 16h30 la ferme est ouverte à tous-tes pour échanger, réfléchir. Pour donner du grain à moudre, Céline Pessis, historienne du machinisme agricole, proposera une introduction au sujet.

D’un point de vue pratique – tant sur l’organisation de l’accueil que sur les sacro-saintes mesures liées à la situation sanitaire –  il est INDISPENSABLE de s’inscrire à l’avance!
Par mail, confpays07@wanadoo.fr ou par téléphone au 04-75-64-49-93

Enfin, on est aussi très contents – et un peu fiers à dire vrai – du portrait paru dans le numéro de février de Campagnes Solidaires. Pour le découvrir, c’est par là: L’abeille et la blette ou le mesnage du vivant

Des vœux ordinaires.

2020 a fini son mandat, 2021 prend sa suite. Une affaire rondement menée entre le 31 décembre et le 1er janvier. Ce remaniement – si régulier soit-il – appelle donc son lot – tout aussi régulier – de vœux. Allez, avouez-le, en janvier, vous lancez, un peu à tout bout de champ, des meilleurs vœux, des bonne année, des et la santé surtout! C’est presque un automatisme, on souhaite du bonheur, de la réussite, de la santé. On souhaite que l’année soit belle, on souhaite que l’année soit exceptionnelle. Et puis l’année passe et on oublie les bons vœux. Et puis ça recommence.

En ce début d’année 2021, c’est un tout petit peu différent. Pourquoi? Sûrement parce que 2020 a été une année extraordinaire.
Quand on cherche extraordinaire dans le Larousse, on peut lire « exceptionnel: qui n’est pas courant – exceptionnel : qui étonne par sa bizarrerie, son étrangeté, son originalité « . Oui, 2020 a bel et bien été extraordinaire! Si souvent on donne à l’extraordinaire une connotation positive, l’extraordinaire peut aussi revêtir des aspects bien plus négatifs. 2020 ou l’exemple parfait. Enfin, de notre côté, on a choisi de garder de 2020, un seul évènement extraordinaire et positif – oui il y en a ! – la naissance d’Ellie.  Cela nous permet de regarder dans le rétro avec un peu moins d’amertume et de ressentiment!

Dès lors, pour l’année qui vient, on prend le parti de vous souhaiter des choses simples. Des petits riens ordinaires.  On souhaite une année de vie normale. Avec des bises qui claquent, des sourires ou des gueules de six pieds de longs pas planqués derrière un masque, des cafés pris au comptoir, des bières en terrasse, des entrée/plat/dessert qui ne soient pas servis dans des boîtes en carton, des concerts où on n’est pas assis, du spectacle vivant qui ouvre la tête et change les idées, des fêtes à 2, 4, 6, 20, 100 ou comme vous voulez, des discussions qui ne soient pas (presque) toujours gangrenées par le confinement, les gestes barrières et l’évolution de la situation sanitaire.  On vous souhaite, on se souhaite une année de vie ordinaire. Une année de vie tout court. Où nos libertés ne se limitent pas à pouvoir travailler et faire ses courses. Où l’autre n’est pas vu comme potentiellement à risque. Où être et faire ensemble ne relèvent pas de l’utopie ou de l’inconscience!

Du côté de la ferme, quelques chouettes évènements vont – normalement – ponctuer ce premier trimestre et on s’en réjouit! On vous en parlera (très) bientôt. En attendant, souhaitons nous une année placée sous le signe de la liberté retrouvée et tâchons de garder le sourire, si masqué soit-il!

 

Image non contractuelle et de saison mais c’est plus dur de donner le sourire avec de la grisaille!

Le verre à moitié vide ou le verre à moitié plein?

Le mois de septembre est révolu, le mois d’octobre aussi d’ailleurs, l’automne s’est installé et – amen! – la pluie s’est enfin décidée à tomber. Il me semble qu’il y a 1000 ans que je n’ai pas pris le temps de tricoter des mots par ici. Pourtant, en 1000 ans – promis je n’ai aucune origine marseillaise à confesser – il s’en est passé des choses. Trop. Enfin, trop surtout pour les raconter par le menu. Le tricot serait long, mais long, et le point mousse – le seul que je maîtrise –  c’est fastidieux à la longue! Faisons plutôt un petit état des lieux du moral des troupes! Niveau tricot, ça donnerait des irrégularités, des mailles sautées, des torsades plutôt chiadées, des loupés. Et puis de la fantaisie aussi.

Si la métaphore du tricot est plutôt de saison, je lui préfère l’intemporelle – voire universelle – histoire du verre.  » Verre à moitié vide ou verre à moitié plein ». Même si niveau moral, on essaie de garder le cap et de toujours voir les verres à moitié plein,  il faut bien reconnaître qu’il y a aussi des verres à moitié vides! Allez patron, l’état des lieux s’il vous plaît!

Commençons par un verre à moitié vide. Cette saison 2020, on peut dire que la Fatigue – merci de noter le grand F – a consciencieusement oeuvré à siphonner les verres de notre moral. Je crois que, depuis qu’on a lancé notre petite barque sur les flots de la grande aventure, c’est la première fois qu’on s’est retrouvé à ce point en rade. Et en rade en même temps. Généralement, jusqu’alors, on arrivait à faire que quand l’un de nous deux était au fond du gouffre, l’autre le hissait. Cette année, non. Peut-être était-ce le manque de sommeil lié à notre nouvelle condition de parents – soit-dit en passant, qui est l’imbécile qui a inventé l’expression dormir comme un bébé? – peut-être le fait de ne pas avoir retrouvé un rythme de travail à 2. Bref, si dans ces moments-là, le pilote automatique prend le relai, il faut bien avouer que c’est pas foufou, voire un peu raide, du côté de l’épanouissement au travail! Vous avez peut-être tendance à vous dire « oui ben il fallait s’en douter, le maraîchage ça n’a jamais été facile » ou à penser « oh ben ils l’ont voulu quand même! ».  On est d’accord sur tout! Oui, on l’a voulu. On l’a voulu même si on savait que ça ne serait pas facile! Est-ce que pour autant, parce qu’on l’a choisi, on n’a pas le droit de trouver ça dur? Est-ce que parce qu’on n’a personne d’autre que nous sur qui rejeter la faute – mince, pas de patron à l’horizon ! – on ne peut pas dire qu’on en a franchement marre?
Lorsqu’on en a parlé avec une copine qui, cet été, en a eu sacrément ras la crêpe de se lever  pour préparer des petits-déjeuners – casse-dédi à C. qu’on embrasse – la conclusion a été simple: faisons en sorte de faire autrement, de rendre les choses plus douces ou, à minima, plus vivables! Histoire de ne pas se dégoûter et de ne pas retomber dans des travers qu’on voulait fuir. Nous avons donc décidé que l’an prochain, nous réussirions à nous échapper en plein milieu de l’été! Wow les fous! Ne serait-ce que quelques jours – il en faut peu! – pour reprendre notre souffle, profiter de notre petite famille et ne pas avoir l’impression de subir l’été. Vous voyez comme un verre à moitié vide peut vite devenir un verre à moitié plein?

Bon, n’imaginez pas pour autant que nous avons uniquement subi douloureusement cette saison! On se rassure avec un verre à moitié plein: l’accueil de wwoofeurs! Plus qu’un verre à moitié plein, ça a été un carton plein. Mi-juin, François a sorti Picardie, notre fidèle caravane, qui somnolait dans le bâtiment. Avec mon Papa, ils l’ont installé à l’abri des thuyas et lui ont mis un toit sur la tête. Picardie, c’est une dame d’un certain âge, il faut savoir la préserver. Terrasse, douche solaire, toilettes sèches, nous pouvions accueillir notre premier wwoofeur! Pour ceux qui se disent « mais c’est quoi ça? », rien ne vaut un petit tour par ici.
Cette année, nous avons accueilli trois fois sur des périodes d’une dizaine de jours à deux semaines. Nous voulions être sûrs d’être disponibles, prêts à accueillir malgré la fatigue, le rythme de l’été. Outre l’aide quasi providentielle apportée au niveau du travail – récoltes, repiquages et cie – ce sont aussi de très belles bouffées d’air et de très chouettes rencontres. On remercie donc très très chaleureusement Aaron, Jade et Mathieu et Gabrielle! Nous gardons de jolis souvenirs de ces moments mais aussi des anecdotes, des expressions.. Comme toujours, chacun laisse son empreinte. D’une façon ou d’une autre. On décrit désormais le désherbage comme une pratique méditative grâce à Aaron. Pour l’anecdote, imaginez notre surprise quand, après lui avoir demandé comment s’était passé son dimanche, il nous a expliqué avoir désherbé les blettes! « Et on mettrait pas un peu plus de patates? » Mathieu nous a laissé son refrain préféré lors de la préparation des repas!  L’amour de la pomme de terre? Le fait de les avoir récoltées? L’énigme reste entière. Nous, on continue à avoir l’eau à la bouche à l’évocation des bao tseu – petites brioches fourrées cuites à la vapeur – préparés par Jade pour la dernière soirée! Un petit voyage culinaire qui nous a rappelé notre voyage en Chine… Et puis, depuis septembre, nous buvons du Yacco! Rassurez vous, on ne tourne pas à l’huile moteur – même celle des records du monde – mais depuis ma grossesse, on a pris l’habitude de boire une boisson à base de céréales torréfiées, de chicorée et de pois chiches. Bref, jusqu’à ce que Gabrielle passe quelques temps chez nous, nous buvions du Yannoh, depuis grâce à son lapsus, nous buvons du Yacco!
Et puis toujours du côté des verres pleins, il y a les coups de main de la famille et des amis: nos parents, Adrien, Valérie & Mohamed, Hélène… Merci pour l’aide, les sourires et les bons moments!

Côté maraîchage, en toute honnêteté, on a tendance à dire que c’est une saison « godet à moitié vide » qui ne nous laisse pas un énorme sentiment de satisfaction. La sécheresse prolongée, l’eau qu’il faut toujours plus rationner, la paille qu’il a fallu plus qu’économiser, l’impression de parer toujours au plus pressé, le sentiment d’inachevé… Sauver les cultures mais à quel prix? Pour quel rendement final? Cette année par exemple la récolte de courges a été – n’ayons pas peur des mots – minable! Enfin, comme ça ne sert à rien de refaire le jeu avec des si ou de se lamenter, on va plutôt en prendre notre parti, réfléchir à la saison prochaine et tirer les enseignements de cette saison en demi-teinte. On va s’activer pour rapatrier sur nos terres quelques 30 m3 de broyats, stockés par Jean-Claude dans la vallée, réfléchir à l’achat de toiles tissées réutilisables pour pailler certaines cultures, s’attaquer à la mise en place du système de récupération des eaux de pluie sur la seconde partie de la toiture du bâtiment… Comme pour les criquets, les épisodes de sécheresse ne sont plus l’exception, elles deviennent la norme, la règle du jeu avec laquelle il faut composer. Preuve en est, malgré nos efforts pour rationner l’eau, à la fin septembre, notre réserve collinaire n’était pas à moitié vide, elle était complètement vide. Une image qui marque. Et puis, on va continuer à apporter de la matière à notre sol afin d’augmenter sa capacité de rétention, essayer de créer des micro-climats grâce aux haies – celles mises en place en février ont survécu! – continuer à améliorer notre système, à le rendre toujours plus résilient… Pour que le godet soit plus souvent à moitié plein!

Du côté des animaux, le bilan est aussi au verre à moitié vide. Fin mai, l’équipe des espaces verts a vu son effectif doublé avec l’arrivée de Ghis-Laine et Anna-Bêle, les brebis. L’idée était de gérer l’enherbement dans la parcelle agro-forestière et le verger. C’était l’idée oui. Dans la pratique, c’est une autre affaire. Il semblerait que nos deux amies tiennent plus du mouton sauvage que de la docile brebis. Les limites de leur parcelle et les protections des arbres, elles s’en soucient comme de leur première laine. Le grillage à 1m30? Trop facile! Le barbelé – installé malgré notre aversion pour ce matériel- en plus? Aucun effet. Ghis-Laine et Anna-Bêle vont et viennent à leur guise, font hurler les chiens de chasse du quartier voisin, grignotent les arbres. Depuis qu’on leur a dit qu’elles finiraient prochainement en boulettes dans un couscous, elles n’ont plus quitté la parcelle. Et comme on n’est pas rancuniers, François leur a construit une jolie maisonnette en palettes et je m’évertue à leur apporter du chou-fleur – elles adorent – ou autres douceurs et à papoter avec elles. Kefta, euh affaire à suivre donc.
Le verre à moitié vide, ça n’est pas juste la faute aux brebis. C’est aussi la disparition de 11 de nos jolies cocottes. Il y a un mois, buse et renard ont fait bombance et surtout main basse sur ces dames à plumes. La ponte étant proportionnelle à l’effectif, il y a donc bien moins d’oeufs sur notre étal. CQFD. Il est donc temps de prévoir l’arrivée de nouvelles poulettes en 2021 et donc la construction du second poulailler – pour les 14 survivantes – car on ne mélange pas les jeunes poulettes et les poulettes d’âge plus mûr… Et puis, depuis peu, plane sur nous le risque de la grippe aviaire. Ô joie! Enfin heureusement, Tino et Jean-Guy sont en pleine forme.

Le verre est à moitié plein du côté de la commercialisation: nous ne faisons plus qu’un marché par semaine et nous pouvons profiter… du week-end! Vous n’imaginez pas à quel point on apprécie! Nous avons contrebalancé le marché de Saint-Félicien lâchement abandonné par une vente à la ferme le mardi en fin de journée – et plus de livraisons à la Biocoop d’Annonay. Outre le fait de nous offrir la possibilité de profiter du week-end – plus de samedi matin consacré aux récoltes et de dimanche qui démarre à 13h30 – cela nous permet également de n’avoir qu’une seule grosse journée consacrée aux récoltes, le mardi! Ce sont les nuits (très) hachées d’Ellie qui, à l’époque, claironnait toutes les 45 minutes qui nous ont poussé à ce changement. Aujourd’hui, les nuits sont douces mais pour autant, nous n’avons aucune envie de reprendre les marchés du dimanche matin… Jusqu’ici, ce nouveau système nous permet d’écouler l’intégralité de notre production. Nous ferons un bilan plus poussé à la clôture de l’exercice 2020. Reste que de vrais moments tous les 3 avec Ellie, la possibilité de profiter des copains et de la famille, ça n’a pas de prix! La ferme occupe une (très très) grande partie de notre vie, nous passionne mais peut s’avérer aliénante et on se dit qu’il faut savoir se préserver au risque de ne voir que des verres à moitié vides, toussa toussa.

Vous vous dites que je n’ai pas évoqué la seconde phase de confinement que nous traversons. Pourquoi? Pour la simple et bonne raison qu’après on est tout grognons. Voire passablement énervés. Parce que nous estimons que le cirque de nos dirigeants a assez duré, que les mesures prises sont profondément inégales et qu’aucune leçon n’a été tiré du premier confinement. Les soignants et les hôpitaux sont toujours à l’agonie, les artisans, commerçants dit non-essentiels, restaurants sont à genoux et la culture oubliée, balayée d’un revers de main tandis que d’autres s’engraissent. On ne peut se balader que dans un rayon d’un kilomètre de chez nous, tandis que d’autres battent la campagne entre copains sous prétexte d’être les premiers écologistes de France…. Bref,  les marchés restent autorisés, notre vente à la ferme aussi et nous sommes toujours ravis de proposer nos légumes à ceux qui font le choix du local! Comme le répètent souvent les copains de Radicelles – obligés de fermer leur divin bouiboui encore une fois – le local c’est vital!

Enfin, avec la fin de l’année qui approche, il est temps de préparer la saison 2021. Et devinez quoi? Nos yeux pétillent toujours quand on feuillette les catalogues de semences. Ah les nouvelles variétés à tester! Ah les fleurs à semer! Ah les aromatiques à savourer!
On frétille à l’idée des dizaines et des dizaines de plants de fraisiers à repiquer. On sautille de joie quand on pense aux arbres à planter – encore oui! – et aux boutures d’arbustes et autres joyeusetés pour continuer nos haies. Et puis François n’est que joie depuis qu’il sait qu’à la sortie de l’hiver, il pourra enfin planter du raisin de table! Bref, malgré tout, on en toujours envie de recommencer. C’est bon signe non?

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Le 26 septembre, l’Abeille & la Blette ouvre ses portes!

Dans le cadre de la 14ème campagne Manger Bio et Local, c’est l’idéal, nous avons décidé d’ouvrir les portes de notre petite ferme! L’occasion de venir nous rencontrer, découvrir notre (chouette) métier de maraîchers, échanger… L’occasion aussi de nous soutenir et par là, de soutenir les petites fermes. L’occasion enfin de créer du lien et d’œuvrer au dynamisme de notre joli territoire.

On ne le répétera jamais assez nos façons de consommer sont un réel engagement et un véritable levier pour initier des changements sociétaux forts!

Comme nous aimons (souvent) à répéter que faire ensemble ça donne une énergie incroyable et une sacré force, nous avons proposé à des copains-producteurs-voisins de se joindre à nous. Caro & Robin, des Jardins de la Goutte d’Eau, pourront vous faire découvrir leurs diverses activités, l’apiculture entre autres. Simon, Au Nougardéchois, pourra vous parler de son métier de paysan-confiseur!

Au programme de ce SAMEDI 26 SEPTEMBRE de 10h30 à 17h00:

  • VISITES de notre ferme maraîchère – 10h30 / 14h00 / 16h00
  • MARCHÉ A LA FERME toute la journée (légumes, oeufs, jus, miels, confiseries, sirops, chutneys…)
  • CRÊPES 
  • BONNE HUMEUR & CONVIVIALITÉ

Nous comptons donc sur vous pour faire de cette journée un très chouette souvenir!

Pour que tout se passe au mieux, nous vous demandons de respecter quelques points:

*  Les zones de parking indiquées – Soit dit en passant, le covoiturage c’est chouette!
*  Les gestes barrière et la distanciation physique – Si d’aventure, on doit vous demander de porter un masque, ça n’est pas pour vous embêter! Et puis on préfère ouvrir nos portes masqués que ne pas les ouvrir du tout…
* Si nous aimons fort les chiens, ce n’est pas le cas de tous (humains ou animaux), les chiens ne sont donc pas autorisés.

 

 

 

 

 

Vente à la ferme: la grande première, c’est… demain!

Un billet bref et concis – une fois n’est pas coutume – pour vous partager notre enthousiasme à l’idée de ce nouveau rendez-vous!

Notre toute première vente à la ferme, c’est demain – mardi 30 juin – de 17h à 19h.

Seront présents nos jolis légumes frais, les oeufs de nos petites poulettes, nos déclinaisons de nectars d’abricot – nature, basilic ou verveine – et nos confitures et pickles. En invités de marque, il y aura aussi les miels (bio) de Caro & Babou, les voisins-copains des Jardins de la Goutte d’Eau.

L’idée nous trottait dans la tête depuis quelques temps et l’envie de profiter de notre (nouvelle) vie de famille nous a poussé à franchir le pas: délaisser le marché du dimanche matin et, à la place, un bout de soir, ouvrir les portes de notre ferme. Le temps est venu de tenter cette nouvelle aventure. Evidemment, si nous ne sommes pas les seuls au rendez-vous, nous avons 1000 idées pour faire de cette vente à la ferme de jolis moments de rencontres et de découvertes…. En espérant que nous ne soyons pas les seuls au rendez-vous!

 

Fin d’hiver et début de printemps: les mots clés!

Peut-on parler de fin d’hiver alors que ce même hiver a été aux abonnés absents et n’a jamais vraiment commencé? Vous avez 4 heures et pas d’excuse pour vous dérober, tout le monde – ou presque – est confiné.  Ah l’humour concon(fini)!

Qu’on s’interroge ou non sur le concept de « saisons », il faut être réaliste: du point de vue du calendrier, nous sommes bel et bien au printemps, l’hiver est fini. Le temps file en somme. Il était donc temps de vous donner quelques nouvelles de la ferme. De vous raconter un peu ce qu’il s’est passé depuis LA nouvelle. Pour ceux qui auraient raté ce qui restera, c’est certain, le bouleversement de l’année – et pour nous, non ce n’est pas le covid! – c’est par . Histoire d’innover, cette fois-ci, j’ai décidé d’opter pour des mots-clés! Vous pouvez donc choisir quel paragraphe lire: aucune obligation de se farcir tout mon blabla!

  • HAIES

En décembre, François suivait, avec AgriBio Ardèche, une formation sur les haies. En collaboration avec la mission Haies Auvergne-Rhône-Alpes, ces 2 jours de formation avaient pour objectif de donner, à chaque participant, un maximum de clés pour réussir la mise en place de haies. Selon ses objectifs et ses contraintes. Le plus de la formation était la possibilité de faire une commande groupée auprès d’un pépiniériste de la région mais aussi de bénéficier d’une aide financière pour l’achat des plants. C’était l’occasion rêvée pour remettre à plat nos envies de haies pour la parcelle de maraîchage – jusqu’ici, nous avions planté uniquement une tripotée de noisetiers récupérés en Franche-Comté –  et de, concrètement, mettre en œuvre tout ça.

Des haies sur une parcelle de maraîchage, mais pourquoi?

Notre ferme est située sur le Serre du Grand Courin, en plein vent, sur un sol bien séchant. Un des objectifs était donc de « casser » le vent pour protéger les cultures du dit-vent mais aussi afin de limiter l’assèchement au niveau des sections de culture et ça, tout en évitant de mettre tous les légumes à l’ombre! Notre second objectif était de ramener de la biodiversité sur la parcelle. Offrir gîte et couvert aux auxilliaires, aux oiseaux, à toutes ces petites bêtes qu’on aime voir dans nos jardins. Pour protéger nos cultures, pour nous aider à combattre l’envahisseur – comprendre les criquets qui, on le sait, vont revenir –  pour polliniser.

Et finalement, en pratique, ça donne quoi?

Ça donne 105 (3 x 35 mètres) mètres de haies dites « basses » plantées. S’alternent des essences dites basses et d’autres plus hautes: du romarin, de l’épine noire, du laurier tin, de l’amélanchier des bois de la bourdaine, du néflier, du cornouiller sanguin, du viorne lantane, de l’aubépine, du nerprun, du camerisier à balais, du noisetier… que du beau monde en somme! Avec le printemps, ça bourgeonne sévère et ça nous ravit. Maintenant, on a hâte que ça grandisse, que ça prenne forme, que ça fleurisse et que du beau monde s’y installe.

  • CONSTRUCTION BOIS

Dans la to-do-list 2020 – et sur notre fameux PDE – , il y avait l’aménagement du bâtiment agricole. Nous avions listé les besoins: espace de stockage isolé et ventilé pour les courges notamment, espace de « vie » et bureau où on ne gèle pas en hiver et où on ne suffoque pas en été. Ce dernier « besoin » qui s’apparentait à un luxe est devenu plus urgent avec l’arrivée d’Ellie. Il nous fallait un coin confortable où elle puisse dormir. Oui, d’ici quelques temps, le moment sera venu pour moi de reprendre le chemin de la ferme…avec elle! Nous voulions que la structure soit modulable, démontable puisque nous ne sommes pas propriétaires du bâtiment…
Bref, à l’automne, un soir autour d’une fondue au chocolat, nous évoquions ça avec nos copains Marion & Antoine. Le lendemain, au petit-déjeuner, sur la table, il y avait un plan sur une page de cahier d’écolier. Des côtes, des références. Notre structure bois avait pris forme dans l’esprit d’Antoine. On a gardé précieusement cette feuille, François s’est attaqué aux devis, aux commandes et fin février, le temps d’un week-end, Marion & Antoine sont venus prêter main forte à François. Le chantier était lancé et les coups de main ont continué! Flavien – malgré lui, à la base, il était venu rencontrer Ellie – la team Chauvin – pour la pose du 1er « module toit » – mon Papa – encore et toujours – Claude – pour le prêt de sa super scie.
A ce jour, ce n’est pas tout à fait terminé… La situation actuelle prive François des bras de son beau-papa préféré et de fournitures diverses et variées. Malgré tout, le résultat promet à Ellie de belles siestes, à ceux qui bossent de chouettes pauses café et aux courges un hiver parfaitement tempéré!

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  • CLÔTURE & PROTECTION

Clôturer, protéger, qui et pourquoi? Rappelez-vous, en novembre, nous plantions une petite flopée d’arbres fruitiers sur notre parcelle agroforestière. Des arbres en devenir, de belles promesses de fruits. Mais cette parcelle n’était pas déjà clôturée?  Effectivement, nous avions clôturé au printemps dernier afin que Tino et Jean-Guy – nos ânes chargés de mission en espaces verts – se substituent au passage du combo tracteur+girobroyeur. Si  certains nous imaginent poser une double clôture pour la beauté du geste, sachez que malgré les apparences, on n’est pas si décérébrés et que la clôture, c’est pas une passion! Non, s’il a fallu revenir sur certaines portions de clôture, c’est parce que tout le monde, au contraire des ânes, ne se satisfait d’un ou deux rubans pour visualiser correctement les limites de son territoire. Pour certaines, il faut du grillage. Vous l’aurez compris, notre équipe « espace vert » s’agrandit! Elles se sont – bêlement de tambour – nos 2 futures brebis! Tout droit venues de Longue Vie, on leur cherche un p’tit nom. Si vous êtes inspiré, n’hésitez pas à nous faire part de vos inspirations! Merguez et Feta, c’est quand même pas top…

Voilà donc pourquoi il a aussi fallu protéger tous les jeunes arbres de la parcelle. Et oui, on ne peut pas tout avoir, des tondeuses écolos et de très jeunes arbres! François a donc coupé du châtaigner pour faire des piquets. A raison de 3 piquets par arbre, avec 65 arbres, ça en fait un petit nombre. La mise en place des piquets s’est faire avec l’aide de quelques bras volontaires – merci Papa, merci Arthur! Ensuite, Camille s’est chargée de fixer le grillage sur ces supports et d’apporter une belle épaisseur de broyat au pied de chaque arbre…

Du côté du verger d’abricotiers, nous utiliserons des parcs mobiles, achetés d’occasion et retapés par Camille. Les abricotiers n’étant plus des p’tits jeunes, pas besoin de les protéger.

  • ECOLE

En mars, juste avant les évènements que l’on connaît, François est retourné à l’école primaire. Il s’est ainsi glissé, le temps d’une journée, à la place des enseignants. Pas question de mathématique, de lecture ou de géographie, non, mais plutôt de légumes, de saisonnalité et de semis.

A l’origine de cette belle expérience, le programme En Vie de Fermes porté par le CIVAM et l’agglomération. Et puis la motivation des enseignantes des écoles privée et publique de Saint-Félicien. François est ainsi intervenu le matin avec la classe de CP-CE1 de l’école privée. 11 élèves motivés pour le baptême du feu. L’après-midi fut un peu plus sportive avec les 25 élèves de la classe de CP-CE1-CE2 de l’école publique. Il faut dire que l’annonce, la veille, de la fermeture des écoles pouvait faire considérablement monter le degré d’excitation de ce vendredi après-midi.

Nous avions préparé un petit topo sur la définition d’un légume, les différents types selon la partie consommée, la saisonnalité. C’est cette dernière notion qui a été la plus complexe à aborder. En même temps, quand sur le marché, on peut nous demander, en février, des courgettes, on se dit qu’une piqûre de rappel ne ferait pas de mal à beaucoup de consommateurs! Les élèves ont ensuite mis les mains à la pâte en réalisant des semis. J’avais préparé un petit guide simple de soin aux semis pour que chacun puisse prendre soin de son futur petit plant de tomate! L’aventure aurait dû se poursuivre, fin mai, par une journée entière à la ferme, entre visite et ateliers. Evidemment, c’était sans compter sur l’arrivée du Covid…

  • MARE

« Vous voudriez pas creuser une mare sur votre ferme? » Tout est parti de là. De cette question d’Arthur. On ne va pas se mentir, quand il s’agit d’accueillir de la biodiversité sur notre ferme, d’offrir le gîte et le couvert à de nouveaux copains, on s’avoue toujours tentés. Tentés, on l’était mais clairement, avec Ellie qui devait pointer son nez, on avait décidé de faire d’elle une priorité et de ne pas voir trop grand question chantier. Une mare, c’était bien beau mais fallait la creuser! « J’organise un chantier avec le groupe d’herpétologie de l’Ardèche. Si vous êtes partants, on commence chez vous! ». Ca devenait franchement tentant cette histoire-là. Après avoir mis à plat les contraintes principales – pour rappel, sur le haut de Serre du Grand Courin, le sol est plutôt séchant, pauvre en argile et dans le coin, les excès d’eau, connaît pas – les limites – pas d’investissement sonnant et trébuchant donc pas d’achat de bâche ou de quelconque matos – on a finalement pensé à ce petit coin toujours un peu humide, entre la parcelle de maraîchage et la parcelle agro-forestière. Juste là où s’écoule le drainage de la parcelle maraîchère. Arthur a dit Vendu! On a dit Banco!

Début mars, François et Arthur se sont retrouvés pour le fameux chantier. La grisaille et l’heure matinale pour un samedi ont eu raison de la motivation de certains. Mais à deux, on se motive! Après un passage de rotavator pour détruire la prairie et un de motobineuse pour ameublir tout ça – motivés mais pas idiots les gars, il faut savoir s’économiser – ils ont pioché, pelleté, pioché, pelleté [refrain x 10]! La tomme de Savoie, les rillettes de truite concoctées par Arthur, le cake aux poireaux et le petit verre de vin qui va bien, bizarrement ça fait arriver les gens! L’après-midi, c’est donc avec du renfort, qu’ils ont continué à creuser puis à consolider les abords avec des pierres. Là encore, l’huile moteur a soulagé l’huile de coude! Une petite remorque de pierres avec Goldi en lieu et place d’un bon nombre de brouettes, c’est chouette! En fin d’après-midi, les sourires faisaient plaisir à voir et c’est, non sans un brin de fierté, que les courageux volontaires ont posé pour la photo destinée à l’Hebdo de l’Ardèche.

Encore une fois, on retient de cette histoire la force du collectif et la belle énergie qui s’en dégage! On remercie donc encore très chaleureusement Arthur, Julie, Claire, Romane, Jean-Claude! Sans oublier, Pénélope Berjon pour avoir choisi de mettre en lumière notre petit chantier.

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  • CONFINEMENT & ADAPTATIONS

Difficile d’évoquer le début du printemps sans parler du confinement et de la situation inédite dans laquelle nous nous trouvons. On nous a posé souvent la question de l’impact de cette situation sur l’activité. Comme tout le monde, il a fallu ajuster, s’organiser. Tout bonnement s’adapter. Après, il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que nous ne sommes pas les plus à plaindre puisque nous pouvons continuer notre activité. On pense à tous ceux pour qui ce n’est pas le cas – par exemple, les copains de Radicelles!

On attaque notre 3ème année sur la ferme et, si on répète souvent que l’installation ce n’est pas juste l’année 1, globalement, nous avons un outil de travail qui fonctionne. On n’ose pas imaginer cette situation en 2018, quand nous partions d’une page blanche et que tout était à faire…
Alors oui, le chantier de construction bois – voir mot clé correspondant – est en stand-by parce qu’il manque des pièces et du matos, oui, les bras de mon Papa manquent aussi un peu, oui, l’acier commandé pour finir les portes de la seconde serre mobile est toujours dans la Loire. On attend, on reporte, on s’adapte. De fait, on a décidé de bouger la 2ème serre – ah la mobilité des serres! – et de la coller à la 1ère. François a « juste » eu à démonter une porte et à la remonter et à fignoler un système provisoire pour bâcher l’interstice entre les 2 serres. On voulait 2 petites serres, on en a une grande jusqu’à nouvel ordre. Camille me remplace toujours, pour les plants que nous ne faisons pas, le pépiniériste a mis en place des conditions de retrait adaptées à la situation… l’essentiel est donc assuré, ouf! Et puis la nature se fiche du confinement, le printemps aussi. Les légumes poussent et il faut…les vendre! C’est finalement pour la vente de nos légumes que nous avons modifié notre organisation.

Avec l’arrivée d’Ellie, nous avions prévu que François retrouve le rythme de croisière des marchés seulement à la mi-mars. On aurait voulu se mettre d’accord  avec le Covid19, on ne s’y serait pas mieux pris! S’est donc posée la question du dit-retour sur les marchés. Face à l’incertitude du maintien ou non des marchés, on s’est dit qu’il allait falloir trouver une solution de repli… Fallait-il encore la trouver! C’était sans compter  l’idée lancée par Brice – le gars qui se cache derrière les bouteilles de vin nature Morlanche et La Mouna. L’idée – mettre en relation les producteurs et les citoyens à l’échelle du Pays de Saint-Félicien – a vite pris racines dans le terreau (fertile) du réseau Terroir Pays de Saint-Félicien. Et puis, elle s’est développée, envolée grâce à Camille & Manu qui, en l’espace de quelques heures, ont proposé une petite plateforme. Désormais, nos légumes, nos oeufs et autres petites productions s’en vont retrouver les consommateurs à travers des paniers. Très vite aussi les copains brasseurs de Longue Vie, à Saint-Victor et les copains de Morlanche, à Arlebosc ont proposé d’être « points de retrait » pour nos paniers. Aussi tôt dit, aussi tôt fait! Désormais donc, pour nos productions, tout se passe par là: clicliclic. 
Et puis, on s’est aussi organisé avec Matthieu, de la Ferme Péi à Saint-Romain d’Ay. J’ai rencontré Matthieu lors d’une formation permaculture, en décembre 2018. Installés depuis 2019, à la Ferme Péi, on peut trouver des poulets de chair, des oeufs et des légumes AB. En ce début de printemps, Matthieu manquait de légumes pour leur petite boutique à la ferme. Il a pensé à nous et à nos éventuelles difficultés à écouler notre production. Depuis quelques semaines, une partie de nos salades est donc pour sa boutique, le temps que les siennes poussent… Du gagnant-gagnant, merci Matthieu!

La conclusion de tout ça: la force du collectif et du « faire ensemble »! On n’a pas attendu cette épidémie pour en faire notre philosophie mais, cette situation bien particulière nous conforte dans l’envie de « faire ensemble » plutôt que « faire contre ». Et puis, mince, ça fait toujours un bien fou au moral de savoir qu’on est entouré, qu’on peut compter sur de très chouettes personnes. On en profite pour remercier Coline & Flo, de Longue Vie et Lisa & Brice, de Morlanche: les copains font la force!

  • PREPARATION & PLANTATIONS

Évidemment qui dit fin d’hiver-début de printemps, dit période de préparations-semis-plantations! Cette année, j’ai échappé aux sessions « fumage » des sections de culture. Pas de tendinite à l’épaule à force après des heures à épandre du fumier, hourra! Bizarrement, ça ne m’a pas manqué…  En vrac, il y a eu les plantations d’oignons, d’échalotes, d’ail, celles des pommes de terre nouvelles – sous serre – puis celles des pommes de terre de conservation, l’installation des tunnels nantais pour abriter salades et épinards, les semis de carottes et de radis, la préparation de la serre pour les légumes d’été, les semis de tomates, courges, courgettes, pâtissons, concombres, cornichons, pastèques, poivrons, les premiers repiquages de tomates et de courgettes et de nouveaux essais de contre-cultures… D’ici quelques jours, arriveront d’autres tomates et courgettes, et puis les aubergines, les poivrons et les concombres. De quoi, on l’espère, se régaler à l’été venu!

  • LE MOT DE LA FIN ? PORTEZ-VOUS BIEN!

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Le bref billet qui ne cause pas de maraîchage!

Vous l’aurez compris, ce billet n’est pas de ceux dont vous avez l’habitude. C’est un billet bref – j’ai l’habitude de vous embarquer dans des chroniques fleuves – et qui n’a rien à voir avec le maraîchage – non pas qu’il n’y ait que le maraîchage dans nos vies . Aujourd’hui, pas d’histoires de légumes ni de ferme mais une grande nouvelle. Il était temps de vous annoncer l’arrivée d’Ellie !  Elle a choisi le matin du 23 janvier pour pointer le bout de son joli minois, bouleverser nos vies et faire de nous 3 une famille. Depuis, on prend nos marques, on s’apprivoise et, doucement, on trouve notre rythme.

Du côté de la ferme, le lancement de la saison a bel et bien démarré mais François arrive à nous consacrer ses après-midis et c’est vraiment chouette. Pour Ellie, pour moi aussi. François reste absent des marchés pour quelques temps encore – sauf exception enfin excès d’oeufs plutôt! On laisse le temps à Ellie et aux légumes de pousser encore un peu…

En attendant de vous retrouver sur les marchés, il y aura – normalement – d’autres billets et, c’est promis, on causera légumes, semis, verger, ferme et projets…!

NB: Pour ceux qui le souhaiteraient, il est toujours possible de venir acheter des oeufs – toujours frais et bio – directement à la ferme, en nous passant un p’tit coup de téléphone avant. Vous pourrez  aussi les retrouver au marché de St Félicien, durant la période des vacances scolaires, sur le stand des Jardins de la Goutte d’Eau. Ils seront en bonne compagnie, aux côtés du miel et autres douceurs de nos (supers) copains, Caro & Babou.

 

Des voeux, du rêve et des projets!

Avec le mois de janvier – outre les soldes et le mois du blanc – vient le « temps des vœux », des bonnes résolutions, des projets. On ne vous surprendra pas en vous disant qu’on préfère les vœux aux draps et autres serviettes de toilette et qu’on fuit les soldes autant qu’on s’enthousiasme pour les nouveaux projets!

Côté voeux

Vœu
Nom masculin
– Vif souhait, vif désir de voir se réaliser quelque chose
– Souhait particulier, fait dans certaines occasions, liées à une tradition, à une coutume,    des superstitions. Entre dans des formules de souhait de bonheur, de réussite, pour les occasions importantes, notamment pour la nouvelle année.

Ne nous remerciez pas pour cette mise au point Larousse, c’est offert de bon cœur! Il n’en reste pas moins que, parfois – souvent? – les vœux sont redondants, tiennent de l’automatique et finalement, perdent un peu de leur essence. Quoi vous souhaiter, quoi se souhaiter pour 2020 ? De la santé, oui toujours. De la douceur, parce que ça ne fait jamais de mal. De la beauté, parce que ça ne fait pas de mal non plus. Et puis surtout, des rêves et des envies. Dès lors, quoi de mieux que les mots de Brel?

« Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir. Et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. »

Oui, voilà, c’est tout simplement ça qu’on vous souhaite, qu’on se souhaite. D’avoir encore et toujours des rêves. Des grands et des petits. De garder la niaque, l’envie, l’espoir de les réaliser. L’un après l’autre. Chacun à son rythme. D’avoir les yeux qui pétillent et le coeur qui bat à leur simple évocation. Et ce, malgré la marche du monde, le climat qui se détraque – ou plutôt qu’on continue à détraquer – la morosité ambiante, les luttes qui continuent… Finalement oui, c’est ça qu’on vous souhaite et qu’on se souhaite, de continuer à rêver car ça peut paraître simple mais, ça l’est de moins en moins…

Côté projets

Avec l’arrivée de 2020, l’Abeille & la Blette a soufflé sa deuxième bougie. Nous entamons – déjà – notre 3ème année. L’an dernier, à la même époque et en regardant la liste des projets que nous avions en tête, on se disait – assez innocemment il faut l’avouer – que la 3ème année se rapprocherait d’une année classique. Pas d’installation ni de conversion de nouvelles serres, pas d’atelier « poulettes » à mettre en place et donc de roulotte à construire, pas de véritables gros chantiers. Il est vrai que pour la 3ème année, dans notre fameux plan d’entreprise – ah la DJA! – nous n’en avions pas prévu…
Mais il n’y a pas que le plan d’entreprise  – loin de là et heureusement – qui peut initier des changements et bouleverser la donne! Il y a aussi la vie avec tout ce qu’elle a de surprenant et de beau. Pour nous, c’est certain, 2020 se place sous le signe du bouleversement puisque, incessamment sous peu, voire sous très peu, un bébé pointera le bout de son nez. Il va sans dire que ce petit être va sacrément changer la donne!

Nous avons adapté en conséquence notre début d’année. Depuis début janvier, François est moins présent sur les marchés puisque nous avions prévu de « faire une pause » pour accueillir ce bébé – ça ne se passe qu’une fois! – tout en mettant en place la nouvelle saison de maraîchage. A l’automne, nous n’avions donc pas repiqué autant que l’an dernier en prévision de cette pause. Inutile de cultiver des légumes si nous ne les valorisons pas! François retournera sur les marchés très probablement en mars… Du côté de la ferme, depuis lundi, nous avons accueilli Camille qui me remplace durant mon congé de maternité. En tant que conjointe collaboratrice, François cotisant pour moi, pas d’allocation sonnante et trébuchante mais le droit au service de remplacement. Sans ça, il nous serait, bien évidemment, impossible d’un point de vue financier d’embaucher quelqu’un pour me remplacer… Bref, Camille est là et on est bien contents. Je dois aussi avouer que je suis rassurée de savoir que François sera épaulé pour le lancement de la saison…

Si on a décidé de privilégier le bébé et d’en profiter, vous nous connaissez, on a quand même 2 ou 3 idées derrière la tête pour la ferme… L’amélioration des conditions de stockage dans le bâtiment agricole – notamment pour nos amies les courges – la plantation d’un peu plus de 100 mètres de haies basses, sur la parcelle de maraîchage, pour protéger nos cultures du vent et du sec mais aussi offrir gîte et couvert aux auxiliaires, l’adoption de nouvelles copines à 4 pattes pour tondre écologiquement ce qui doit l’être. Bref un peu de matière pour continuer à vous raconter nos aventures sans vous lasser!
Pour ce qui est des « évènements« , cette année nous passons notre tour pour De Ferme en Ferme. Même si l’aventure est très chouette, on sait parfois être raisonnables et sensés! Par contre, il n’est pas impossible qu’on s’implique dans d’autres projets, à visée pédagogique et/ou culturelle. Mais comme il ne faut pas vendre la salade avant de l’avoir récoltée – notre redoutable capacité d’adaptation nous permet même de transformer les dictons – il vaut mieux se contenter d’un bon vieux  affaires à suivre!

En attendant de vous retrouver, ici ou ailleurs, n’oubliez pas l’essentiel: RÊVEZ SANS COMPTER !

 

 

 

Le temps d’un automne…

Tiens donc, ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu de nouvelles sur votre site ?  Y’a pas eu de publication depuis un moment, non?
Bon, inutile d’essayer d’arguer le contraire. Un, vous seriez assez malin pour aller regarder les dates de publication. Deux, effectivement, il faut bien reconnaître que j’ai laissé l’écriture de côté depuis début septembre. La faute à qui? Au temps qui file vite, qu’on essaie d’attraper ou plutôt de rattraper par n’importe quel bout, aux projets aussi divers que variés à suivre, poursuivre et réaliser, aux priorités, revues et corrigées… Bref, nous sommes le 22 novembre, il est bientôt 17 heures et je reprends le clavier. Accrochez-vous, ça va commencer!

On s’était quitté début septembre, il faisait encore chaud et sec et je pouvais lacer mes chaussures sans trop de difficultés. Les patates, les oignons étaient à l’abri. Les abricots, eux, étaient en pots et en bouteilles. On attendait que l’été tire sa révérence et que, par la même occasion, les criquets fassent de même… On lorgnait aussi avec anxiété du côté de ciel et de la météo, espérant une pluie salvatrice qui n’arrivait pas.

C’est dans ce contexte que François et mon papa, fraîchement retraité, se sont attaqués au montage des nouvelles serres. Souvenez-vous, fin Mars, avec de valeureux copains, nous avions démonté une serre dans la Loire (pour les oublieux, c’est là). L’idée était de faire de cette belle serre – 34 mètres de long pour 8 de large –  deux petites serres. Pour ceux qui seraient passionnés de calcul mental – ou qui auraient toujours adoré le concours Kangourou des Mathématiques – et qui se diraient, ben ils vont avoir deux serres de 17 mètres de long du coup, on vous le donne en mille, c’est faux! Sombre histoire d’entre-toise, nous avions dans l’idée d’obtenir deux serres de 16 mètres de long sur 8 de large. Bref, 17 ou 16 mètres, il fallait surtout s’attaquer au montage. C’est dans ces moments-là qu’on est bien contents d’avoir pris des photos le jour du démontage, d’avoir pris le temps de soigneusement tout bien ranger dans le bâtiment et d’avoir une remorque pour trimballer toute cette ferraille!

Une fois les pièces sur place, sans se mentir, on en vient à la phase la plus gratifiante du montage puisque qu’en une après-midi à peine une serre peut sortir de terre. Hop! Mieux  que les rosés des prés ou les mousserons après la pluie! La première serre étant montée, n’ayant pas eu de difficultés particulières, nous étions plutôt sereins pour la suite du chantier. Mais comme toujours, il y a un « mais ». Ce « mais » est arrivé dans la boîte aux lettres, sous la forme d’une réponse à notre, très officielle, déclaration préalable de montage. Outre qu’on nous demandait de décrire avec précision l’aspect extérieur des façades – là on a envie de lâcher un LOL de circonstance – on nous indiquait aussi que la dite construction devait se situer à un minimum de 10 mètres d’un chemin si celui-ci était un chemin rural… Nous avions prévu de monter la serre sur la partie haute de la parcelle de maraîchage, en bordure du petit chemin qui mène… à rien. Nous avions choisi cette zone car c’est la plus plate et donc la plus propice pour, ensuite, convertir ces serres en serres mobiles. Ben pourquoi avoir commencé le  montage si vous n’aviez pas reçu l’autorisation? Parce que bien souvent, les délais administratifs se coordonnent assez mal avec les réalités du terrain et que nous avions décidé de prendre les devants…et surtout parce qu’on n’imaginait pas un instant que ce petit chemin, que nous sommes presque les seuls à utiliser, était un chemin rural et non un simple chemin d’exploitation menant à la parcelle du voisin. On s’est couché un peu en rogne mais moins bête!

Prenant le temps de la réflexion sur la position des serres – être ou non dans les clous – la fin septembre arrivant doucement, nous avons mis en bouteille nos premiers essais de vin de noix, fait des confitures de poires, testé la confiture de gigérine et enchaîné les sessions de conserves – tomates, coulis, ratatouille, l’hiver peut arriver! Avec Anna, une amie allemande venue pour quelques jours, nous avons déménagé la roulotte des poulettes. Roule ma poule, direction le bas de la parcelle de maraîchage! Ce premier essai fut un peu épique et plein d’enseignements pour la prochaine migration. Nous avions décidé de faire ça le soir: les poules rentrant d’elles-mêmes, hop, il suffisait de déclencher la fermeture de la porte et de rouler. Dans la pratique, ça a bien fonctionné mais, on avait pas vraiment anticipé le temps qu’il fallait pour démonter et déménager les parcs mobiles. A la seule lueur de nos portables, nous nous sommes donc retrouvés tous les 3  à réinstaller, de nuit, le parc! Conclusion, la prochaine fois, on fera ça au petit matin… Que tout le monde se rassure, dans l’opération, aucune poule n’a été blessée ni même traumatisée: le lendemain, les œufs étaient, comme à l’habitude, au rendez-vous!
Qui dit fin septembre, dit temps des vendanges. Histoire de changer un peu d’air, nous avons pris une journée off et le chemin d’un charmant petit domaine viticole du côté d’Arlebosc. C’est là que nos copains, Lisa et Brice, s’échinent à cultiver et replanter de la vigne et faire, le plus naturellement possible, du vin. Une bien belle journée de vendange sous le soleil de la fin septembre qui s’est terminée à fouler aux pieds les grappes avant d’encuver! De retour par chez nous, les anciens annonçant de grosses pluies, nous nous sommes dépêchés de rentrer à l’abri nos courges. S’il s’agissait d’une fausse alerte – un pipi de chat en guise de vraie pluie – les courges étaient elles récoltées et c’était tant mieux…

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Bons élèves et surtout, notre terrain le permettant, nous avons finalement décidé de monter la seconde serre en respectant la distance vis-à-vis du chemin et de déplacer la première déjà montée. Pour cela, nous avons fait appel aux bras et à la bonne volonté de notre jeune retraité préféré – merci Papa – mais aussi pour le déplacement, des copains d’Empu’ – merci Flafla et Aurel – et de Bernard. Et hop, deux serres montées, deux!
Après, il faut bien avouer que c’est la partie la moins marrante: on peut bosser une journée et les avancées sont bien moins impressionnantes visuellement. Planter les amarres, visser, serrer, poser et tendre les fils, visser… autant d’étapes nécessaires mais qu’on peut avoir du mal à voir!

Vous l’avez peut-être compris, nous avions prévu de convertir ces serres en serres mobiles grâce au système du « monokit » de l’Atelier Paysan (les infos sont là). François s’était d’ailleurs déjà formé avec l’Atelier Paysan en février, chez Adeline, du Potager de Chautagne. Qui dit conversion, dit quelques transformations à prévoir, notamment pour la fixation des bâches plastiques qui ne sont pas enterrées – c’est mieux s’il faut que ça roule. François a donc planché sur les listes de matériel à prévoir, les devis. Il a couru à droite et à gauche.  Ici pour récupérer des rails de fixation et des cavaliers, ici pour des chaînes et des tendeurs, là pour des sacs à remplir de gravier…

Et puis Octobre est arrivé, on a ralenti un petit peu le rythme. Dans la seconde moitié du mois, les grosses pluies ont débarqué. Enfin. De vraies pluies – environ 200 mm en 3 jours –  pas des pipis de chats ni de moineaux. Des pluies salvatrices qui ont rendu à notre lac collinaire une véritable allure!
Des pluies qui, du côté de Piégros-la-Clastre, ont fait tombé les noix. Comme l’an dernier, nous avons délocalisé le temps d’une journée l’Abeille & la Blette de l’autre côté du Rhône, dans la Drôme, pour ramasser les noix chez ma grand-mère. Nous pensions profité d’une fenêtre « sèche » – sans pluie quoi! – et après à peine deux heures, la pluie a commencé à dévider ses pelotes d’eau bien froide. François, mon père – que voulez-vous quand on a un retraité volontaire sous la main, on en profite – et ma mamie ont râlé. Dans ton état, va pas attraper la crève! File te mettre à l’abri! Si j’ai abdiqué sous la pression, l’équipe masculine n’a pas chômé et les noix se sont retrouvées en caisses.  Vite fait, bien fait! De retour à Pojot, on s’est attaqué au tri et au lavage et il faut reconnaître aux fortes pluies le mérite de nous avoir bien mâché le travail…

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Les épisodes pluvieux passés, on s’est échappé pendant plus de 24 heures au Chambon-sur-Lignon avec des copains. Belle bouffée d’air et jolies cueillettes de champignons. De retour, nous avons recommencé à lorgner le ciel. Cette fois, nous n’attendions pas la pluie mais plutôt la demi-journée de beau temps, sans vent qui nous permettrait de bâcher la première serre. Devinez sur qui nous pouvions compter pour nous prêter main forte? Mon père, évidemment. Le plastique venant en lés et non d’un seul tenant comme pour Dame Richel, ce serait plus simple. François était confiant, se disant que même à 2 paires de bras, ça pourrait le faire… Il avait parié sur un mercredi après-midi, nous attendions donc la fameuse fenêtre.
Marine, t’en pense quoi si on bâche cet après-midi? J’ai levé la tête de ma récolte de radis d’hiver, demandé l’heure. Il était 10h30, on était mardi. Appelle mon père pour savoir s’il est disponible… Je pense que dans la demi-heure qui a suivi, il a pris la route. De notre côté, nous avons fini les récoltes pour le marché d’Annonay et eu le temps de recruter Arthur, un voisin opportunément disponible et motivé. A 17 heures, la serre était bâchée et rendez-vous était pris avec Arthur pour le lendemain après-midi pour finir le bâchage des portes. Autant vous dire que le mercredi soir, nous avions un sacré poids en moins sur les épaules! En avions-nous pour autant fini avec la serre? Bien sûr que non puisqu’il était toujours prévu que nous accueillions sur la ferme la formation de l’Atelier Paysan pour convertir nos serres… Mais pour l’heure, il était temps de prendre 6 jours de vacances et de filer faire les ermites en Franche-Comté, bien au chaud, dans le chalet des parents de François.

Alors que nous finalisions les préparatifs pour l’accueil de la formation – trouver un logement pour les participants, ranger le bâtiment, installer une prise triphasée, prévoir l’intendance – elle a débarqué et s’est imposée. Lourde et grasse. Pesante. Elle, c’est la neige de la mi-novembre. Celle qui a fait craqué les arbres, ployé les lignes électriques, qui a plongé bon nombre de foyers et de fermes dans le noir. Celle qui a rappelé à beaucoup notre dépendance à la fée électricité. Du côté de la ferme, aucun dégât sur les serres, quelques abricotiers abîmés au verger mais rien de terrible ni de comparable à ce qu’ont pu subir certains. On s’estime chanceux!

Bon, elle a quand même ajouté un petit peu de stress à la charge mentale des préparatifs: la formation pourrait-elle avoir lieu? Les inscrits allaient-ils bravé la neige pour rejoindre Saint-Félicien? Quid de l’accès au gîte? Et le camion de l’Atelier Paysan – et sa cargaison de postes à souder et de métal – pourrait-il arriver jusqu’au bâtiment? Bref, on était pas sereins sereins…
Le dimanche, après une journée à pâtisser et faire la cuisine pour moi – on s’adapte à son état ma bonne dame – un marché bien frais, la fin d’après-midi est arrivée. Le concert des AgriCulturelles à Longue Vie était maintenu, il fallait juste prévoir sa bougie ou son lampion puisque l’électricité n’était pas revenue – y’a qu’en Ardèche qu’on peut vivre des expériences pareilles – et nous pouvions proposer l’expérience aux 3 stagiaires qui devaient arriver. Ah la jolie fin d’histoire! Un super concert, de la bonne bière – du délicieux sirop de fraise – des stagiaires arrivés sains et saufs, on s’est couché rassurés…
Pas de coupures d’électricité intempestives, une chouette ambiance, de belles rencontres, une Oka ravie d’avoir encore plus de câlins qu’à l’habitude, de la théorie, beaucoup de pratique. Des soudures, des soudures et des soudures. Encore et encore. Et à la nuit tombée, mardi, pour la première fois, ça a roulé. La serre a roulé! Grâce à l’ingéniosité du système « Monokit », à l’engagement de l’Atelier Paysan pour le développement d’outils visant à l’autonomie des paysans, aux connaissances et au savoir-faire de Grégoire, le formateur, à la motivation des autres stagiaires, Marion, Sandrine, Alexandre et Benjamin.  Il restera à bâcher la seconde serre mais, ça attendra (probablement) le 1er trimestre 2020…

Comme nous étions dans l’élan « mettons nos chantiers 2019 derrière nous », nous nous sommes attelés à la plantation d’une nouvelle session d’arbres fruitiers. On a un peu anticipé la brave Sainte Catherine et son dicton bien connu. Parfois, Catherine, on fait comme on peut! Les arbres que nous avions commandés et récupérés attendaient sagement à la cave depuis le samedi – le marché aux arbres de Pailharès, touçatouça – François voulait s’éviter de creuser une tranchée pour les mettre en jauge, la météo annonçait des pluies pour vendredi… Au pied levé, nous avons trouvé des paires de bras supplémentaires pour épauler François. Inutile de vous préciser qu’à bientôt 7 mois de grossesse, creuser des trous, ça me semblait un peu « hors de portée » et que c’est quand même bien là le nerf de la plantation!  Arthur – toujours le même, toujours motivé – a encore répondu présent. Camille est également venue nous prêter main forte. Vous entendrez encore parler de Camille, vous la rencontrerez aussi peut-être car c’est elle qui va me remplacer à partir de la mi-janvier.
Le temps de se roder, le rythme était pris: marquer les emplacements, creuser, mettre une bonne pelletée de compost, praliner les racines, positionner, boucher, tasser, boucher, tasser encore… A la mi-journée, notre parcelle agro-forestière en devenir comptait une quarantaine d’arbres supplémentaires: poiriers, pêchers, abricotiers, nashis, amandiers…. Du côté de la parcelle dédiée au maraîchage, nous avons mis en place quelques actinidiers, amandiers, cormiers.  Sans oublier, la première petite plantation de fraisiers – une centaine – pour qu’au printemps, on puisse se régaler et proposer quelques barquettes bien parfumées!

L’automne touchera à sa fin d’ici un mois, l’année aussi.  En regardant un peu dans le rétroviseur de 2019, on se dit que, bon an mal an, on a réussi à atteindre les objectifs qu’on s’était fixé pour cette deuxième année: création du petit atelier de poules pondeuses en roulotte et plantation d’arbres fruitiers sur notre parcelle dédiée à l’agro-foresterie, installation et conversion de 2 nouvelles serres, mise en place de cultures pérennes, 1ère expérience De Ferme en Ferme… Évidemment, il y a encore mille choses à mettre en place, à améliorer, à créer. Évidemment, on a encore des idées plein la tête, des projets, des envies pour cette ferme qui fêtera bientôt ses 2 ans et qui ne demande qu’à se consolider. Et s’épanouir encore. Mais, pour l’instant, on a décidé de mettre le focus un peu plus sur notre vie personnelle, de regarder à l’horizon fin janvier et de nous préparer à accueillir, le plus sereinement possible, ce qui sera un sacré bouleversement…

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