Ici, on cause chantiers!

En chantier. Locution adverbiale. L’expression en chantier est souvent associée au verbe « mettre ». Mettre en chantier, c’est commencer la construction d’un navire – à l’origine – d’un bâtiment et par extension, d’un projet intellectuel ou artistique.

L’Abeille & la Blette n’a rien d’un chantier naval – peut-être qu’un jour on construira un radeau pour voguer sur le Doux – mais au fond, c’est bien à la construction d’un projet qu’on s’est attaqué.

En chantier. Locution adverbiale reflétant (très) souvent nos réalités.

Si on ne va pas vous faire croire que chaque jour est un chantier – quoique le débat reste ouvert –  ces derniers temps, chaque semaine a eu son (lot de) chantier. Plus ou moins important, plus ou moins bien organisé, plus ou moins prévu.

Quoi ? Mais enfin, un chantier, ça se prévoit, ça s’anticipe !
Si cette pensée vous a traversé l’esprit, venez donc passer quelques temps par ici, vous aurez la preuve que non, tous les chantiers ne se prévoient pas.
Ça y est, ils nous refont le coup des imprévus…
Manque cruel d’originalité ou simple réalité, il faut effectivement gérer les imprévus. Ces chantiers de dernière minute sont souvent ceux qui demandent le plus de vivacité d’esprit puisqu’il faut réagir fissa ! On les trouve généralement usants – notamment intellectuellement – stressants – ah la prise de décision dans l’urgence – et parfois peu satisfaisants …  Bon, et quoi de mieux que des exemples concrets pour étayer nos propos et illustrer notre digression sur les catégories de chantier?
Olé, tour d’horizon des chantiers du mois. Cherchez pas, c’est nous qui régalons!

Le gros chantier bien planifié: démonter une serre.

Allez disons-le, n’ayons pas peur des mots, c’était LE chantier du mois de mars. Un chantier prévu depuis déjà quelques temps – on en parlait déjà – un chantier anticipé donc. Évidemment, vous me direz qu’on se retrouve rarement du jour au lendemain à démonter une serre aux mensurations généreuses – 8m de large pour 34 m de long – et je suis bien d’accord. Quoique là encore, il faut être plutôt très réactif quand paraît la petite annonce. Enfin, trève de digression, on a dit qu’on causait chantier!

Qui dit serre à démonter, dit chantier hors-les-murs. Oui, on ne s’amuse pas à démonter Dame Richel. C’est d’ailleurs cet aspect « hors-les-murs » qui a fait qu’on y a BEAUCOUP réfléchi à ce chantier. Il a fallu trouver une date qui convenait aussi bien aux maraîchères qui vendaient pas moins de 3 serres – planning des différents démontages, impératifs administratifs – qu’à nous. Étant donné que la serre se dressait fièrement à Saint-Joseph, dans la Loire, il fallait aussi prévoir qu’en une journée, le travail serait plié. Pas question de multiplier les aller-retour. Et puis, une serre de ce genre, évidemment, ça ne rentre pas dans le Jumpy. On est plutôt adeptes des Jumpy bien remplis, des remorques blindées, des portes ouvertes, des étincelles sur le bitume et des tendeurs dans tous les sens mais quand même, on a des limites. Vous l’aurez deviné, on a du louer un mignon petit camion benne. Il fallait aussi prévoir les bons outils – notamment les bonnes clés – histoire de ne pas se retrouver coincés comme des c*** devant une bande d’écrous bien serrés… Bref, on a réfléchi aux impondérables, fait des listes, réfléchi à ce qu’on pouvait avoir oublié, refait des listes. Et puis la veille du jour-J, on s’est attaqué au ravitaillement. C’est pas le tout d’appeler les copains à la rescousse, il faut assurer leur confort, les chouchouter et éviter de leur laisser un trop mauvais souvenir!

Le jour-J, les astres étaient sacrément bien alignés: un grand soleil, pas un brin de vent, de la bonne humeur et une pu**** de belle énergie! Quand on est contents, parfois on devient vulgaires, faut nous excuser. On est rentrés tous bien cuits – enfin on suppose – mais nous, on était tout ragaillardis et complètement reboostés. Mettre un chantier derrière, retrouver des copains de tous horizons, c’est quand même le pied…
Et comme il faut rendre à César ce qui appartient à César, il est temps pour nous de faire une OVATION pour:

  • Lisa et Brice qui ont répondu présents malgré 4,5 km de pioche dans les bras et 40 km de motoculteur. Morlanche forever!
  • Marion et Antoine qui sont de tous nos chantiers et qui, comme toujours, mettent du cœur et du corps à l’ouvrage.
  • Adrien qui a réussi à trouver un créneau dans son emploi du temps de célèbre ambassadeur de la Transition.
  • Sylvain qui, outre sa b*** et son couteau, n’avait pas oublié d’emmener sa célèbre mauvaise foi qu’on aime tant!
  • PY aka l’Homme à la fourche-bèche qui, s’il n’a pas vraiment changé depuis nos années dijonnaises, est de ceux qui pensent désormais à faire charger les batteries de leur visseuse avant un chantier!

Vraiment MERCI, vous avez assuré! En exclusivité, les photos qui vont bien!

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Le chantier qui revient chaque année: planter les pommes de terre.

Il y a des chantiers qui, qu’on les aime ou qu’on les déteste, reviennent chaque année. A la même période, plus ou moins inchangés. C’est le cas, par exemple, de la plantation des pommes de terre. Cette année, nous avons choisi la date en fonction du calendrier lunaire. Jour dit ‘racines’, option 3 étoiles. Rien que ça Madame!
Ce genre de chantier qui revient chaque année se bonifie (ou pas) avec le temps. Les plâtres essuyés au fil des saisons permettent – normalement – d’améliorer l’organisation, de se faciliter le boulot. Évidemment, on se doute bien qu’on est pas à l’abri d’un couac, d’un imprévu ou d’un battement d’ailes de papillon au Japon. Cette année, on est plutôt satisfaits. Belle journée, organisation plutôt efficace et pistes d’amélioration pour l’an prochain. Après, si le chantier s’est bien déroulé, les pommes de terre, plantées en bien plus grand nombre que l’an dernier, sont loin d’être récoltées… Il nous faut encore trembler pour les gelées tardives, nous préparer à passer des heures à noyer des doryphores, penser (ou pas) aux buttages. Bref, il faut surtout espérer qu’un chantier réussi soit synonyme d’une récolte généreuse et pas amaigrie!

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Dans notre collection ‘chantier refrain, chantier qui revient’, notons que nous avons aussi eu les semis à gogo(dets) de légumes d’été: courges, courgettes, tomates, poivrons, piments, concombres….

Le chantier pas prévu du tout: installer des tunnels nantais.

Ah enfin le voilà! Le chantier qui empêche de tourner en rond. Celui qui débarque sans avoir été invité, celui qui retourne le cerveau, celui qu’on ne prépare pas. Le chantier qui fait c**** mais qu’il faut gérer. Et vite!
Vous l’aurez compris, non, nous n’avions pas prévu d’installer des tunnels nantais. Ni dans le plan d’entreprise, ni dans le planning, ni dans nos têtes. Mais, le climat changeant, les températures ayant été (bien) trop douces en février, il a fallu se rendre à l’évidence: tous nos petits plants avaient une bonne quinzaine de jours d’avance et commençaient à avoir chaud dans notre pépinière… Les repiquer dans la serre nous direz-vous? Si seulement nous avions de la place! Nous avons compté et recompté les mètres de planche disponibles, vérifié et revérifié le planning et le constat était clair: nous ne pouvions pas repiquer sous serre!
Branle-bas de combat dans nos cerveaux, devis, réflexions, devis, délais de livraison et nous voilà un samedi en fin de matinée, avec 150 arceaux, 200 mètres de film plastique et 10 km de ficelle. Quelques heures plus tard, nous voilà satisfaits, les 3 tunnels ont fière allure, les plants sont protégés. Vas-y qu’on se félicite, tope-la et compagnie.

Parfois, le ‘chantier pas prévu’ peut devenir ‘le chantier pas prévu qui revient très (trop) vite’. C’est le cas de l’installation de nos tunnels nantais. Prenez d’énormes bourrasques de vent dans la nuit – du genre à couper l’électricité pendant quelques heures – et revenez le lendemain. Tiens donc, les tunnels font un drôle d’angle et ne sont plus à leur place! Tiens donc, le plastique est déchiré, les arceaux dans tous les sens! Et pour que  ce soit encore plus drôle, imaginez que tout ça se passe durant la nuit du lundi au mardi, en ayant en tête que la pose avait eu lieu le samedi. Vous vous gaussez non? Nous, on a ri jaune, vu notre beau moral s’écrouler et puis François s’est re-attaqué au chantier. Bilan des courses, la seconde pose aura permis certaines améliorations. Comme quoi…

Le chantier de presque loisir: construire sa propre Campagnole.

La dernière fois, je vous disais que François s’était découvert une passion pour la soudure. Ce n’était pas une passade! Ayant investi dans un poste à souder, il s’est lancé dans ses premiers travaux avec la construction de notre Campagnole. Souvenez-vous, c’est l’outil qu’on avait pu tester en décembre (on en causait par là). Convaincus par cet outil fantastique, on a décidé d’investir dans la version ‘en kit’, c’est-à-dire à souder soi-même.
Voilà bien un chantier qui s’apparente presque à un loisir.
Et le résultat me direz-vous? Une Campagnole plus grunge que celle vendue déjà montée car chez nous, pas de peinture sur les dents et les montants. Du brut! Enfin, l’essentiel reste que nous puissions travailler correctement avec et … c’est le cas!

La soudure nous ouvre donc de belles perspectives pour adapter nos outils à des besoins bien précis, construire des portails solides pour les diverses clôtures, bricoler à tout va.

Le chantier récurrent: ranger et aménager.

Petit à petit l’oiseau fait son nid. Si on ne fait pas notre nid dans le bâtiment – ouf ! – petit à petit, on l’aménage, on améliore, on réinvente. Dernièrement, on a repensé l’espace de lavage des légumes. Rien d’exceptionnel en somme puisque nous avons simplement déplacé l’évier et les tables de travail mais, croyez-moi, ça change la vie! Ce qui change encore plus la vie? L’installation, juste à côté du dit évier, d’un vulgaire robinet pour remplir les arrosoirs et sur lequel on peut brancher un jet. Le pied quand il faut remplir d’eau la grosse bassine pour laver les radis!

On a également trié et rangé nos montagnes de cagettes. Les moches et plus vieilles pour les futures récoltes de patates, les petites pour les colis d’abricots (au moment où on a rangé, il n’y avait pas encore eu cette douce nuit de gelée…), les plateaux bas pour les tomates cet été… Bref, c’est tout net, bien empilé et bien plus accessible.

Dans la série ‘chantier d’aménagement’, François nous a créé une jolie petite terrasse devant le bâtiment. Il prévoit ensuite de tester un système de construction ‘à la tronçonneuse’ pour abriter le tout. Il fait déjà bon y prendre le café quand le soleil est de sortie alors j’imagine qu’une fois à l’abri, ce sera vraiment sympa…

Le chantier bonus: préparer le week-end « De Ferme en Ferme ».

Le chantier bonus, le chantier en plus. C’est celui qui s’ajoute aux autres, qui arrive comme une fleur au moment pas forcément opportun. C’est celui qui fait dire « mais bordel, qu’est-ce qui nous a pris? ».
Ici, le chantier bonus c’est la préparation du week-end « De Ferme en Ferme ». Eh oui, le 27 et le 28 avril, dans le cadre du célèbre week-end organisé par le Civam, l’Abeille et la Blette vous ouvre ses portes, de 9h à 19h! Trop chouette! Trop chouette en effet mais, pour vous accueillir correctement, il faut quand même anticiper un minimum…!
François a participé aux diverses formations pour les novices, histoire d’être préparé au baptême du feu. Nous avons déjà réfléchi au circuit de visite, imaginé divers scénarios – catastrophes ou non – fait des liste et recruté des volontaires pour nous aider. D’ailleurs si vous avez envie de participer à l’aventure en nous donnant un coup de main, n’hésitez pas, plus on est de fous, plus on rit!
Et puis, on a aussi profité de la visite de Chloé – graphiste à qui l’on doit notre logo – et Franky pour mettre sur pieds notre épouvantail, célèbre emblème pour ce week-end!

Chantier bonus donc et souvent cette question « qu’est-ce qui nous a pris de dire oui? ». Peut-être parce que nous étions début décembre et que ça nous paraissait loin et fastoche? Peut-être parce que Jonathan – voisin et participant – a su être convaincant? Peut-être parce qu’on aime toujours partager cette nouvelle vie avec d’autres? Peut-être parce qu’on aime les (petits) défis? Quelle qu’en soit la raison, quel que soit le chantier, n’hésitez pas à venir faire un tour chez nous!

Et puis tous les autres chantiers…

Et puis tous les autres. Les petits, les rapides, les qui-traînent-en-longueur, les minis, les chiants, les redondants, les joyeux, les moins drôles. Le quotidien en somme. Prenant, usant, parfois ingrat. Le quotidien en somme. Fait de mille et une réflexions, de mille et une décisions. Créer, imaginer, mettre en œuvre et en branle.

Au fond, quand on y réfléchit bien, c’est toute notre vie qui est devenue un vaste chantier!

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4 réflexions au sujet de « Ici, on cause chantiers! »

  1. vous êtes super, tous les deux. Un vrai bonheur. Une belle paire quoi…..Bravo Marine pour ta narration, en te lisant, on t’entend! Bravo.

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  2. « En chantier » d’avoir des couz de chantier 😉 Quelle aventure les chantiers!! Souvent je me dis, au moins on économise l’abonnement à la salle de sport…
    J’espère que tout va bien et que la saison se prépare bien. Super de lire votre newsletter! On a tjs en tête de venir vous voir. Bisé bisé

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    1. C’est sûr qu’aucun besoin d’abonnement à la salle de sport ni de nécessité de s’aérer le samedi venu ! Je Viendez quand vous voulez, c’est chantier mais on essaie de bien recevoir les humbles visiteurs. Et puis si ça peut vous permettre de vous aérer, c’est cool. Ici, on se dit qu’il faut qu’on traverse le Rhône un dimanche, histoire de sortir un peu ^^ des bisés ! Et du courage !

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