Il n’y a pas que la serre dans la vie!

A force de raconter par le menu nos histoires – déboires – de serre, on aurait presque l’impression que rien d’autre de notable ne s’est passé depuis le début du montage. Comme si tout tournait autour de Dame Richel. Objection! Même si c’est un outil essentiel pour développer notre activité, il ne faut pas oublier qu’il s’est passé, en parallèle de ce gros chantier, une myriade de petites choses…

Du côté du verger, nous nous sommes régalés de l’évolution des bourgeons. Nous avons craint le gel mais finalement, il s’est invité un peu tôt, épargnant ce moment clé qu’est la floraison. Nous avons tremblé en pensant aux fleurs quand, un mardi de temps fou, la grêle elle n’a pas hésité à nous saluer. Plus de peur que de mal puisque sa visite éclair n’a eu comme seule conséquence que la chute, un peu aidée, des pétales. Les averses répétées ne nous ont pas facilité la tâche en ce qui concerne la lutte contre le monilia. Trouver une fenêtre de traitement a été un peu un casse-tête mais c’est le jeu ma pauvre Lucette! Nous continuons à observer et surveiller le développement des fruits, à espérer que le climat ne nous réserve pas de surprises et que la deuxième quinzaine de juillet rime avec récolte. Il suffit de pas grand chose pour qu’une récolte soit réduite à néant et ça, nous l’avons bien compris! Enfin, les abricotiers partagent désormais leur territoire avec des abeilles. Louis et Elodie, apiculteurs bio à Pailharès, ont installé une petite dizaine de leurs ruches au verger.

 

A chaque visite, le verger offre un nouveau visage…

En plein champ, sur la parcelle destinée au maraîchage, les choses ont aussi bien évolué. Nous avons délimité nos sections de culture. Chaque section de culture a une surface de 350 m² (35 m x 10 m) et se divise en 8 planches de culture, de 80 cm de large. Il a  fallu travailler le sol et éliminer la prairie. C’est à ce moment-là que le motoculteur a choisi de rendre l’âme. Une bobine d’allumage qui a décidé de ne plus rien allumer du tout. Heureusement, c’est dans les moments de galère qu’on se rend compte qu’on est entourés par de très chouettes êtres humains. Jean, notre réparateur préféré, qui a prêté à François un autre motoculteur pour qu’on ne reste pas coincés le temps d’investir dans un nouveau compagnon. Louis, le propriétaire de notre maison aux Gaillards rapidement devenu un nouveau grand-père, qui nous a prêté main forte en venant passer le rotavator. Pour l’anecdote, aux deux-tiers de la parcelle, le rotavator a lâché. La poisse je vous dis, la poisse! Enfin, les deux-tiers travaillés étant ceux qui nous intéressent pour cette année, on se dit que l’essentiel a été fait. Pour le reste, nous avons décidé de faire un test d’occultation. Nous avons donc posé une bâche noire – de la bâche à ensilage – sur une section complète. Nous allons laissé le temps et l’absence de lumière œuvrer pour détruire les végétaux bien à l’abri sous la dite-bâche. Si l’essai est concluant, cela nous permettrait de limiter le travail du sol…

Essai d’occultation en cours. Affaire à suivre!

Les sections délimitées, François a ensuite dressé les planches de culture et ainsi défini les passe-pieds. Nous avons ensuite continué à travailler à la motobineuse uniquement les planches de cultures. J’ai apprivoisé la bête qu’on appelle toujours le P’tit Der, en souvenir de Francis. Le sol affiné et amendé, ce sont les oignons qui ont été les premiers en terre. Ensuite, nous avons préparé la section des pommes de terre. Déjà bien germées, il était temps de les planter. C’est le moment de dire merci à ma Maman pour son sacré coup de main! On n’oublie pas cette phrase prononcée avec entrain « moi j’aime bien planter les patates, je veux bien le refaire l’an prochain ».

Après le chantier serre, il a fallu se pencher très sérieusement sur le chantier du système d’irrigation. Oui parce que sans eau, on ne va pas bien loin en maraîchage! Nous y avons longuement réfléchi cet hiver. Nous l’avons imaginé, pensé puis ré-imaginé, repensé. Nous l’avons voulu modulable et adaptable aux évolutions prévues dans le temps. Par exemple, chaque année, les sections mises en culture seront différentes et nous voulons pouvoir passer de l’aspersion au goutte-à-goutte facilement. L’entreprise avec laquelle nous travaillons est particulièrement professionnelle et ça nous change la vie après nos histoires de serre…

Dans un premier temps, nous avons installé le réservoir souple. Rempli via le réseau gravitaire qui chemine depuis la réserve collinaire, il nous permet de stocker 40 m3.

Le réservoir souple a enfin pris place sur la plateforme qui lui était réservée….

Ensuite, il a bien fallu qu’on rentre dans le vif du sujet: pompe, ballon, filtres, tuyaux, raccords, téflon et compagnie! Nous avons profité de 4 mains supplémentaires – merci Papa et Maman, encore! – pour le montage de l’ensemble des asperseurs. François s’est chargé de la partie électrique pendant que j’étais préposée aux colliers de prise en charge pour le goutte-à-goutte.

Préposée au téflon.

Montage des asperseurs de la serre et bonjour les ampoules!

 Montage des asperseurs de plein-champ et pose des colliers pour le goutte-à-goutte.

Puis est venu le moment fatidique, le moment où on a mis la pompe en marche. Ça peut paraître anodin, c’est un bouton noir sur un petit boîtier tout bête mais on a retenu notre respiration. Allez savoir ce qui peut arriver hein! Globalement, tout fonctionne, ouf. Il y a quand même des petits ajustements à prévoir parce qu’on a beau y réfléchir beaucoup, la réalité est toujours bonne conseillère. Il faut resserrer à quelques endroits, poser une vanne là et puis un collier de prise en charge ici, déplacer le filtre qui arrive au réservoir. Nous, on veut du pratique et si on peut s’économiser quelques minutes ou simplement s’éviter des tâches qui deviendraient réellement ennuyantes – comme nettoyer le filtre à bout de bras – et bien, on est partants pour quelques petites modifications!

Et…ça fonctionne!

Qui dit serre et système d’irrigation opérationnels, dit possibilités de cultiver! Go, go, go pour les légumes, on est déjà bien assez en retard! Après avoir amendé les planches de culture, il était temps de mettre les mains dans la terre. Enfin! Nous sommes donc allés récupérer notre première commande de plants chez le pépiniériste, du côté de Chateauneuf-sur-Isère. Youpi! Et puis, nous avions aussi à repiquer les plants que j’avais semés dans notre jolie pépinière aux Gaillards. Enfin, du maraîchage!

Il commençait à y avoir du monde…

  Roquette, feuille de chêne, physalis, oeillet d’Inde, betterave rouge, basilic, tomates…

Nous avons également repiqué quelques plants en plein champ. Les oignons commençaient à trouver le temps long tout seuls!

Du côté des oignons, on attend les copains!

François a aussi fabriqué des cloches avec des fûts en plastique, récupérés dans une petite brasserie artisanale pas loin d’ici. Elles nous servent déjà à protéger les physalis plantés en plein champ. On a aussi aménagé le bâtiment, ramené du gravier, installé Bianca, notre fidèle caravane. On se sent un peu plus chez nous et c’est bien agréable.  Et puis depuis un mois, nous avons une nouvelle assistante. Elle s’appelle Oka et elle fait du bien au moral quand les couacs s’accumulent. Il lui reste à apprendre à ne pas marcher sur les planches de culture mais ça, c’est une autre histoire!

 Nouveau terrain de jeu et d’expérimentation!

La serre est presque derrière nous – il y a toujours des menus travaux à faire pour dormir plus sereinement en cas de grand vent – et les premiers légumes sont en terre. On espère que la plus chouette partie de l’aventure est devant nous et quand on regarde par dessus notre épaule, on se dit qu’on a déjà bien avancé!

Réussir à prendre le temps de se poser et de souffler…

Et pour finir, le sourire d’Oka ou l’enthousiasme à toute épreuve!

2 réflexions au sujet de « Il n’y a pas que la serre dans la vie! »

  1. Bravo et vive la naissance d’une nouvelle vie pour vous ! Enfin le mot naissance est un peu inapproprié car vous avez déjà un énorme boulot derrière vous ! Je souhaite tout simplement que la nature que vous écoutez et dorlotez vous le rendra au centuple, comme on dit ! Bises d’un vieux fainéant qui se contente de couper l’herbe autour de sa case !

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    1. Pas si fainéant s’il coupe l’herbe autour de sa case, il pourrait être plus fainéant encore et utiliser un bel herbicide qui jaunit tout! On vous attend par chez nous! des bises

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