Monter une serre, c’est loin d’être une sinécure!

Après la pépinière, celle qu’on attendait avec plus que de l’impatience, c’était la serre. Dame Richel, la fameuse. Semaine 10, puis semaine 11, finalement, elle s’est faite désirer jusqu’au début de la semaine 12. Elle est arrivée jusqu’à Pojot, en vrac. Une sorte d’énorme Kinder Surprise mais sans le chocolat. Et des surprises, elle nous en a réservées. On espère d’ailleurs qu’il n’y en aura plus d’ici la pose des plastiques…

La première petite blague a été la livraison sans la notice de montage. Autant vous dire qu’à part regarder le contenu de chaque petit carton et présumer de l’utilité des pièces découvertes, le premier jour, nous n’avons pas pu faire grand chose… Le livret reçu – un beau pavé qui s’avère en réalité fort mal fichu – nous avons pu nous attaquer dans un premier temps à l’implantation. Cordeaux, piquets et double décamètre ont été nos meilleurs alliés pendant cette étape. Une fois l’implantation réalisée, nous avons retroussé nos manches, enfoncé nos bonnets sur nos oreilles – il faisait évidemment un froid de canard sinon ce n’est pas drôle – et commencé à trimballer les pièces sur le terrain. Il va sans dire que le but était de disposer de façon logique et intelligente les pièces afin de se faciliter la tâche lors du montage.

L’ensemble des pièces est disposé in-situ afin de limiter au maximum les déplacements lors du montage.

Après l’implantation et la manutention, il était temps de rentrer dans le vif du sujet et de s’attaquer au montage à proprement parler. Tout commence par la mise en place au sol des entretoises et des supports dans lesquels viennent se ficher les arceaux. Évidemment, c’est plus encombrant que la surprise d’un Kinder ou qu’une boîte de Lego, mais le principe reste assez similaire et ludique. Enfin jusqu’à l’amarrage!

Une croix, une entretoise, une croix, une entretoise et toujours 9,30 m de largeur attention!

Le système d’ancrage est basé sur des amarres à percussion. Au total, pour fixer au sol la structure, il aura fallu à François planté pas moins de 71 amarres. La soixante-douzième a fait de la résistance et a eu raison de l’obstination de François. Bon, c’est loin de se planter tout seul et il y a eu des moments où, malgré mes blagues toujours très drôles pour détendre l’atmosphère, François en a eu ras la casquette, enfin le bonnet. Quoi qu’il en soit, on s’en est pas trop mal tiré, François tapant, frappant comme un forcené sur le mandrin et moi, fixant les dites amarres à la structure avec les cavaliers qui vont bien.

 

La structure amarrée, nous avons entrepris de lever les arceaux. C’est la partie qui reste sûrement la plus impressionnante – la hauteur de l’arceau est de 3,95 mètres – et gratifiante du travail. Oui, ça se voit! Pour fixer les entretoises, nous avons du rapidement faire face à l’absence cruelle d’un outil de taille: l’échafaudage! Oui, c’est pas si facile de fixer les entretoises à près de 4 mètres de hauteur, perché sur un escabeau. François a donc fait un aller-retour express dans la vallée – ça y est, on parle comme les locaux – et nous avons monté en deux temps trois mouvements le fameux échafaudage.

Quand la journée se termine avec le soleil et deux arceaux levés, ça donne ça: la fatigue et la banane!

Nous avons continué à lever les arceaux et le vendredi soir, les 18 étaient debout. C’est alors que les renforts sont arrivés et ça, ça fait du bien!!! Aux bras et au moral. Parce que si visuellement, il semble qu’une grosse part du boulot est torchée quand les arceaux sont levés, il faut se rendre compte que c’est loin d’être fini. Il reste les supports de cultures, les renforts, les rails pour les aérations, les pignons… Bref, du pain sur la planche! Alors avoir du soutien, des paires de bras en plus, c’est loin, bien loin, d’être négligeable. Et puis ça permet d’avancer sur d’autres menus détails. Pendant qu’Antoine et François fixaient les renforts pour les extrémités, avec Marion, on papotait en retournant les 5 tonnes de fumier qui compostent sur le fond de la parcelle. Une paille! Pendant qu’Antoine, mon Papa et François, s’attaquaient aux supports de culture et aux renforts latéraux, Marion, ma Maman et moi, on chargeait le bois de taille du verger sur la remorque de Jean-Claude afin de les évacuer – dans un futur plus ou moins proche, il est prévu qu’on brûle tout ça. Une autre paille!

  Les travaux avec la famille et les copains, c’est toujours la fatigue et la banane!

C’est pendant ce week-end plein d’entrain que nous avons eu droit à une première surprise: il manquait l’ensemble des cavaliers pour finaliser la fixation des supports de culture. Quoi? Vous n’avez pas vérifié les colis à la livraison? Eh bien figurez-vous que nous n’avons pas eu de liste complète du matériel, nous n’avons donc pas pu vérifier… Une surprise qui coupe un peu l’entrain. Vérification faite, effectivement, c’était bien un oubli. Le technico-commercial s’est donc offert une petite ballade à Saint-Félicien pour nous amener les fameux cavaliers. François en a d’ailleurs profité pour évoquer les incohérences de la notice de montage, notamment sur une sombre histoire de hauteur d’ouverture latérale. Effectivement, vous avez raison, c’est pas logique! Bon, soit, il en faut plus pour nous décourager!

La surprise suivante est arrivée deux jours plus tard. Encore une? Oui, cette fois-ci, c’est de vis dont nous manquions… et que nous avons du racheter pour ne pas prendre trop de retard. A ce stade-là, pour ma part, j’en avais déjà ras la crêpe de Dame Richel et qu’une seule hâte, qu’elle soit bâchée, fonctionnelle et qu’on puisse repiquer. François était plus motivé, il faut dire qu’il devait l’être pour deux. Il s’est attaqué au perçage-vissage, non content d’avoir reçu sa nouvelle meilleure amie – la visseuse Festool – car les vis autoforantes c’est du costaud. Sa motivation en a pris un coup quand il s’est rendu compte que pour fixer les rails dans lesquels se clipse le plastique, il fallait un embout carré, non standard. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Heureusement que l’atelier de Louis – le propriétaire de notre maison – est une caverne d’Ali Baba! Il a pu nous dépanner. Enfin, Jean-Claude s’était déjà proposé pour en acheter un en sortant du travail, ce qui nous aurait évité un aller-retour dans la vallée…On est bien entourés et ça fait plaisir!

A ce stade-là, nous avions déjà monté les pignons. Petite particularité, il fallait déjà y fixer une demi-lune de bâche plastique. Pas de souci, ça craint rien. Il suffit de les attacher. Le technico-commercial ayant donné à François le feu vert, nous avions donc pris le parti d’avancer. Dernière surprise en date? Pas plus tard qu’il y a une semaine, mardi matin dernier, quand après une nuit bien ventée, nous avons eu la joie, que dis-je, la très grande joie de découvrir nos fameuses demi-lunes…complètement déchirées! C’est donc avec ravissement que nous avons du démonter les pignons et recommander des demi-lunes de bâche. Vous imaginez notre humeur et le baromètre de notre moral… Je me suis offert le luxe de me manger une des pièces du pignon en pleine tête et j’arbore donc une superbe bosse sur le front. Le pompon en somme!

En conclusion, c’est acté, on en a ras la crêpe du montage de cette serre qui prend des airs de cauchemar… A l’heure actuelle, tout est vissé, les tranchées pour enterrer les bavettes sont faites, les rails pour clipser les plastiques posés. Bref, on attend donc les demi-lunes et la fameuse « fenêtre de beau temps » qui nous permettra de poser les plastiques et plus globalement d’oublier toutes les surprises que nous aura réservées Dame Richel…

Une chose est sûre, on ne compte pas se reconvertir dans le montage de serres!

 

4 réflexions au sujet de « Monter une serre, c’est loin d’être une sinécure! »

  1. Patience et détermination, il en faut pour monter une serre mal vendue … Bravo pour ce que vous faites et créez. quels sont vos futurs projets ?
    a bientôt

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    1. « Une serre mal vendue », les termes sont vraiment justes! On bataille désormais pour obtenir une solution alternative aux demi-lune arrachées. Oui, c’est mal vendu jusqu’au bout et d’un délai de 48h, on est passé à plus de 3 semaines. Ce qui n’est pas envisageable, les plans à repiquer arrivant très très bientôt pour ne pas dire cette fin de semaine… En attendant, nous nous sommes attaqués au montage du système d’irrigation qui a été très bien vendu. C’est un plaisir de travailler avec des personnes compétentes et réactives! A très bientôt sur nos terres!

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  2. Bravo pour votre détermination! Merci pour ce texte plein d’humour et de détails. Moi qui n’ai connu que le montage de tente à la nuit tombée, avec ou sans notice, j’imagine avec admiration la coordination qui vous a été nécessaire. Bon courage!

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    1. Merci Carole pour tes mots! Il faut une bonne dose de détermination et d’humour sinon l’entreprise devient réellement cauchemardesque… On espère vite pouvoir attaquer la partie du boulot qui nous fait « vibrer » et enfin faire du maraîchage! des bises

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