Et on s’installe où? – Trouver une ferme

Si en ayant trouvé territoire à notre goût notre recherche avait fait un sacré bond en avant, restait à la trouver, cette fameuse ferme ! On nous a déjà posé la question plusieurs fois. Mais en fait, ça se trouve comment une ferme ?

Pour  nous, c’est Terre de Liens et leur remarquable réseau associatif qui ont été la clé. Pour mieux connaître les valeurs défendues, le mouvement et les moyens d’y participer, nous vous encourageons à faire un tour sur leur site et à en parler autour de vous (c’est par là). Nous avons commencé par consulter très (très) régulièrement les annonces publiées via leur site avant de poster notre propre annonce. Pour tout avouer, lorsque nous l’avons rédigée, nous étions plutôt dubitatifs. Nous avions l’impression de demander à d’autres de faire le boulot pour nous, d’avoir une position qui pouvait sembler attentiste. Jeune couple cherche foncier pour développer activité de maraîchage biologique etc… Nous avons même eu le culot de préciser ce qui, pour nous, pouvait constituer un / des plus. La présence d’une réserve collinaire et/ou d’un système d’irrigation est un plus. Culottés jusqu’au bout ! Nous n’y croyions pas vraiment mais l’exercice restait intéressant. Nous devions présenter en quelques phrases notre projet, les valeurs que nous voulions défendre et donner envie à un potentiel propriétaire de nous faire confiance. Il fallait être concis et percutant. Jusque-là, si nous avions eu l’occasion de présenter notre projet, nous n’avions jamais eu de limite en termes de nombre de mots !

En février, l’annonce était en ligne. Pour autant, nous n’avons pas opté pour l’attentisme. Nous avons continué à consulter très (très) régulièrement les petites annonces via Terre de Liens mais aussi le désormais célèbre site du bon coin. François s’est chargé de contacter le Syndicat Mixte du Pays de l’Ardèche Verte – ça aide de savoir où on veut s’installer… – qui a relayé notre demande, tandis que de mon côté, je multipliais les demandes d’information auprès de la Chambre d’Agriculture. Et le réseau a joué !  C’est comme ça que notre demande d’informations, déposée auprès du Syndicat, est parvenue jusqu’à la boîte mails de Julie R. – une amie rencontrée sur les bancs de l’école d’agronomie à Dijon – bien implantée dans le paysage local. Jusqu’à la fin 2016, avec Sébastien, ils ont fait vivre la Ferme Auberge de Corsas, à Saint-Victor. L’Ardèche Verte, ils connaissent ! Ils l’ont quittée en septembre 2017 pour migrer vers de nouvelles aventures  caprines, cette fois-ci dans les Cévennes, au Pompidou. La ferme des fines herbes, c’est Julie! Nous avons donc bénéficié d’informations plus que locales et fraîches et de bons tuyaux.

Et pendant ce temps, notre annonce faisait son petit effet. Enfin, elle fonctionnait. On nous ainsi proposé une cressonnière, des associations diverses et variées et… nous avons pu faire de nouvelles visites. Fin février, nous avons reçu un appel d’un ancien arboriculteur qui cherchait à transmettre sa ferme, du côté de Saint-Félicien. Selon lui, son exploitation pouvait correspondre à notre projet. Nous nous sommes donc penchés sur l’annonce qu’il avait déposée sur le site de Terre de Liens. Pourquoi ne l’avions-nous pas vu ? Parce qu’il proposait une location et que jusqu’à ce moment-là nous étions partis sur l’idée d’une acquisition. Un bâtiment agricole, des surfaces cohérentes avec nos besoins, une réserve collinaire, un verger mais… aucun logement sur place. Malgré tout, afin de toujours mieux connaître la zone, de rencontrer des personnes du cru qui sont de vraies mines d’informations, nous avons décidé de prendre notre voiture et d’aller visiter cette ferme. Pojot, Saint-Félicien, 07410. En route, nous nous sommes posé mille questions. Est-ce qu’on ne perdait pas notre temps ? Est-ce que nous ne faisions pas perdre son temps à ce monsieur ? Sans habitation ? Location ? Et puis, nous savions que notre installation n’aurait pas lieu avant la fin d’année… peut-être cherchait-il à louer bien plus tôt ? Avant la visite, autour d’un café, une bonne partie de nos doutes s’était déjà envolée. Vous m’auriez dit que vous vouliez vous installer au printemps, j’aurais pas trouvé ça sérieux et réaliste ! Ca m’aurait plutôt fait peur ! Personne ne perdait donc son temps ! Et puis, il y a eu la visite des terres et … ça nous a quand même bien coupé le souffle ! Les terrains, le potentiel, l’environnement. Deux hectares presque plats, bien exposés, attenant au bâtiment – une ancienne bergerie – et une vue à tomber raide sur les Alpes et le village. François a eu ce qu’on pourrait appeler un coup de foudre agricole. De mon côté, c’était pareil mais il y avait toujours cette petite voix qui répétait « il n’y a pas de logement sur place, pas de logement sur place » et qui rompait un peu le charme.

On n’est pas bien là!

Pendant ce temps, le réseau tournait toujours. Nous avons été contactés par le réseau d’installation du Pays de Saint-Félicien qui nous signalait que notre projet avait été évoqué en réunion et qu’on avait identifié deux exploitations qui pourraient correspondre à nos besoins. On vous le donne en mille, il s’agissait de la ferme de Pojot et de celle de Colombiers-le-Vieux, que nous avions déjà visité lors de notre périple (raconté ici). Nous avons continué à faire des visites dans les alentours. Il y a eu des no-go sans appel, des terres qui nous ont laissé songeurs, des rencontres… mais nos réflexions tournaient finalement uniquement autour de la ferme de Pojot et de celle de Colombier-le-Vieux. L’une disposait d’une très belle habitation mais de terrains très (trop) pentus, l’autre offrait un super potentiel maraîcher mais aucune possibilité de loger sur place. François penchait complètement pour Saint-Félicien, moi, il y avait cette histoire de logement qui me chagrinait. Fin mars, nous avons décidé de revisiter les deux fermes. Pour celle de Colombier, nous avons demandé à un professionnel du terrassement agricole de venir avec nous. Il fallait qu’on en ait le cœur net : était-il possible de réaliser des terrasses de culture ou non? Et surtout, à quel prix ? Parce que nous étions bien d’accord sur un point : nous cherchions à développer une activité agricole, pas à acquérir une jolie ferme rénovée ! A la fin de la visite, avant même d’avoir vu le chiffre en bas du devis, nous savions que c’était plié. Les travaux nous paraissaient bien trop importants pour créer quelques terrasses, le cheminement entre les parcelles était malaisé, les possibilités d’évolution limitées…  Le devis a fini de tuer dans l’œuf l’idée d’une installation à Colombier et moi, j’avais déjà fait le deuil de la ferme parfaite avec une habitation toute mignonne sur place.

Nous avons continué à réfléchir, à tourner les idées dans nos têtes et sur le papier, à consulter les annonces mais au fond, on s’y voyait déjà à Pojot. Et puis le contact avec le propriétaire semblait vraiment couler de source. Il appréciait notre projet et notre vision de l’agriculture et nous apprécions sa réelle démarche de transmission. Au fond, il aurait pu simplement vendre ses parcelles à droite à gauche et ne pas s’embêter mais il avait envie que l’endroit fasse vivre un projet, que tout ne soit pas disloqué. La location, c’était d’ailleurs pour ça. Pour permettre à des jeunes d’avoir accès à du foncier sans la pression d’une acquisition. Et acquérir plus tard, ça restait tout à fait envisageable.

En mai, nous sommes retournés à Saint-Félicien, il fallait qu’on puisse être fixé pour avancer. Nous nous y projetions mais il fallait qu’on se mette d’accord pour ne pas gaspiller trop d’énergie si finalement ce n’était plus envisageable du côté du propriétaire.  Quand nous sommes repartis, quelques heures plus tard, nous pouvions désormais l’affirmer, l’aventure se passerait à Pojot ! Il n’y avait toujours pas d’habitation mais nous allions trouver une solution…

3 réflexions au sujet de « Et on s’installe où? – Trouver une ferme »

  1. Merci pour les publications, on attend la suite avec impatience !
    Bon d’accord, on vous laisse un peu le temps de vous retourner (ou de retourner la terre)…

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